A la fin de 1944, les Japonais lancent en Chine Orientale une ultime offensive pour obliger l'aviation américaine à replier vers l'ouest, vers les confins birmans et tibétains, les bases d'où partent ses bombardiers qui vont harceler les convois japonais en mer de Chine. Serpentant à travers les gorges, rampant au flanc des collines qui vont se fondre au loin avec les hauts-plateaux, une route, une seule route relie Liou-Tchéou à Kouei-Yang puis à Kun-Ming, où se trouve le quartier général américain. C'est par cette route que passeront obligatoirement les Japonais ; c'est ce chemin que va suivre également un petit groupe d'Américains chargé d'effectuer le plus de destructions possibles pour retarder l'avance japonaise. A la tête de ce petit groupe, se trouve le commandant Baldwin, officier d'état-major, dont c'est le premier commandement en campagne, et qui s'est porté volontaire pour remplacer un officier chevronné atteint de malaria. Pour Baldwin, les quatre cent vingt-cinq kilomètres qui séparent Liou-Tchéou de Kouei-Yang vont représenter bien plus qu'un trajet dans des conditions difficiles au milieu d'une population qui ne comprend pas pourquoi ces étrangers doivent tout démolir sur son sol. Durant la semaine qu'il va mettre à accomplir sa mission, Baldwin va faire bien des découvertes : il va comprendre ce que sont les responsabilités d'un officier coupé de tout lien avec ses chefs ; il va également, grâce â Su-Piao, la jeune veuve d'un général chinois rencontrée en pleine retraite, apprendre à connaître mieux ce peuple chinois impitoyablement brassé par les courants de l'Histoire et dont le visage se révèle à nu sous l'éclairage cru de la défaite. Car La Route de Kun-Ming, c'est d'abord une fresque étonnante, la peinture d'une extraordinaire débâcle qui lance par centaines de milliers les réfugiés vers les hauts-plateaux de l'ouest. Sur cette route unique se mêlent en un désordre éperdu civils et militaires, camions, mulets, charrettes et brouettes, paysans en grosses blouses de coton et riches citadins en robes de soie ; c'est tout le spectacle habituel et navrant d'un exode, mais à l'échelle d'un pays où le million d'habitants est l'unité la plus courante. Et, à ce contact permanent avec la foule chinoise, Baldwin finira par mieux comprendre les problèmes de cette Chine dont l'ombre déjà commençait à peser sur le monde.
Nombre de pages
352
Date de parution
14/09/1960
Poids
250g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070266692
Titre
La route de Kun-Ming
Auteur
White Théodore H. ; Rosenthal Jean
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
250
Date de parution
19600914
Nombre de pages
352,00 €
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Avec Le Feu sous la cendre, Théodore H White, l'un des plus remarquables journalistes de ce temps, se classe d'emblée parmi les auteurs qui comptent. The Book of the Month (Le Livre du Mois, sorte de Goncourt américain) apporte à son talent une consécration d'autant plus éclatante que, pour une fois, l'auteur a réuni sans peine l'unanimité au sein du jury. Son goût pour la philosophie et les méthodes d'historien qu'il emploie avec bonheur dans Le Feu sous la cendre, nous donnent, sur l'Europe d'aujourd'hui, l'un des ouvrages à la fois les mieux documentés et les plus passionnants. L'objectivité de Théodore H White n'est comparable qu'à sa puissance d'observation. Il pose le problème de la situation géographique de chaque pays par rapport aux autres ; il donne à leur propos des chiffres qui parlent ; il en écrit la chronique ; il nous en livre I'âme, car il n'oublie jamais qu'une étude du genre humain, pour être valable, se fait à travers l'homme, et sans doute est-ce là ce qui donne à ce portrait brutal et vigoureux de l'Europe son caractère émouvant. Les cendres sont celles de l'Europe meurtrie, déchirée ; le feu, c'est la vie qui surgit des décombres. Les espoirs et les craintes que fait jaillir ce renouveau de vie, Theodore H White les analyse pour nous avec une remarquable maîtrise et une profonde connaissance historique du sujet qu'il traite avec aisance et imagination, dans un style plein d'agrément que le traducteur s'est efforcé de ne point trahir. La lucidité et l'intelligence avec lesquelles l'auteur traite le problème de la France donnent la mesure de son talent et aussi de son honnêteté, car il avoue son impuissance à comprendre où va ce pays, paré de toutes les gloires et de toutes les richesses de traditions, d'habileté, de courage, de beautés. L'auteur est Américain. Il est bienveillant, il aime avant tout les hommes et croit en eux, et à ce titre, quelles que soient les appartenances ou les opinions du lecteur, il ne pourra que trouver matière à réflexion dans ce document admirablement conçu."
Des millions de spectateurs de tous les âges ont aimé le Merlin l'enchanteur de Walt Disney. Très peu savent cependant que le célèbre dessin animé est inspiré de ce roman, dû à l'Anglais Terence Hambury White (1906-1964). On rencontrera donc ici, en pays de Grimoirie, le tout jeune Arthur suivant auprès de Merlin un apprentissage des plus anticonformistes. Moins qu'à la politique et aux armes, le futur roi s'initie aux secrets de la nature, dans une cascade de métamorphoses - en oie sauvage, en poisson, en blaireau... - qui sont autant d'initiations à la liberté, à l'indépendance, à l'adresse... C'est ainsi une sagesse souriante que le romancier oppose, dans un récit prodigieusement drôle, fantaisiste et inventif, aux nuages qui s'amoncelaient sur l'Europe en cette année 1938 où, retiré en Irlande, il en commença la rédaction. Continuellement réédités en Angleterre et aux Etats-Unis, les cinq volumes de La Quête du roi Arthur demeuraient presque inconnus du public français. Ce premier tome, pour la première fois en traduction intégrale, lui fera découvrir un des sommets de la fantasy anglo-saxonne, où s'illustra J. B. Tolkien.
Le futur roi Arthur, alors jeune garçon, rencontre Merlin l'Enchanteur qui l'initie à la vie et aux mystères du monde animal par la métamorphose. L'enfant émerveillé se change en poisson, apprend le langage des faucons et leurs règles de vie, se trouve confronté à la société guerrière et totalitaire des fourmis face à l'univers pacifiste et libre des oies sauvages. Premier tome d'une série de cinq volumes, poétiques, iconoclastes, drôles, farceurs et inventifs, Excalibur est à l'origine d'une savoureuse création cinématographique que des milliers et des milliers de spectateurs ont en mémoire, Merlin l'Enchanteur, le dessin animé de Walt Disney. Cette ?uvre, inspirée des légendes arthuriennes, adaptées par T. H. White pour en faire une farce drolatique et moderne, est sans doute l'une des plus connues de cet auteur en Angleterre comme aux Etats-Unis, ainsi que dans différents pays tels l'Allemagne, l'Italie, la Suède, la Norvège... A l'instar de Tolkien, l'écrivain a toujours eu de nombreux adeptes de tous âges qui continuent à lire ses ouvrages, constamment réédités.
White Théodore H. ; Lebailly Hugues ; Lebailly Mon
Oeuvre inspirée des légendes arthuriennes, réadaptées par T. H. White en farce chevaleresque, iconoclaste et foisonnante, La Quête du roi Arthur est un cycle culte en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. On l'apparente volontiers à celui de Tolkien. Après sa rencontre avec Merlin, son apprentissage du métier de roi et la constitution de la confrérie des chevaliers de la Table ronde, le roi Arthur est confronté dans ce dernier tome à la trahison au sein même de son royaume. La chandelle dans le vent retrace les dernières semaines de règne du roi Arthur, aux prises avec l'insubordination de son fils Mordred, l'infidélité de la reine et l'exil du chevalier Lancelot. En mettant en scène un Mordred assoiffé de pouvoir et un roi en plein doute, T. H. White explore dans cet ultime volet de la tétralogie des chemins plus tourmentés. Dans un style d'une grande acuité et sur le ton nostalgique d'une fin de règne, il livre ici le plus sombre et le plus profond des romans du cycle.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.