Sarsaparilla, bourg australien, grignoté par les faubourgs de Sydney, semble à tout jamais voué à la routine paisible d'une communauté de petits bourgeois aisés. Pourtant la présence de quatre personnages viendra bouleverser l'ordre établi. Miss Hare, vieille fille laide et simple d'esprit, seule descendante d'une famille de colons jadis riches, vit retranchée dans le domaine de Xanadu. Sans aucune instruction, incapable de comprendre les raisonnements des hommes et de s'intégrer à leur vie, elle s'est attachée aux plantes et aux animaux. Mordecaï Himmelfarb, juif allemand traqué, vient échouer à Sarsaparilla. Ancien professeur d'université, il a connu les camps de concentration et a quitté l'Europe à la fin de la guerre avec sa religion pour seul bagage. Il ne souhaite plus qu'une existence obscure et devient ouvrier non qualifié dans une usine de phares de bicyclette dirigée par son coreligionnaire Harry Rosetree (alias Rosenbaum). Le jour où Himmelfarb rencontre Miss Hare, sous un arbre près de Xanadu, une amitié silencieuse s'établit entre les deux déshérités. Alf Dubbo, le métis, élevé par un pasteur de caractère faible, s'enfuit de la maison de son tuteur. Recueilli par une prostituée il s'enfuit à nouveau, pour retomber chez une autre protectrice. Il ne parvient à sortir de sa solitude que grâce à son don de la peinture. Lui aussi échoue à Sarsaparilla. Mrs. Ruth Godbold enfin, ancienne servante au grand cour, mariée à un ivrogne, fait vivre sa nichée d'enfants en faisant des travaux de blanchissage. Véritable roc d'humilité et de compassion, mystérieux trait d'union fraternel et sacré, elle apparaît comme un rayon d'amour au milieu de la haine, de l'indifférence et de la résignation. A un moment ou à un autre, ces quatre personnages, qui semblent ne rien avoir en commun, traversent une expérience mystique qu'ils gardent secrète : le Char des élus, évoqué par la Bible, leur apparaît sous des formes différentes, et cette vision va tracer et nouer les destins tragiques de chacun d'entre eux.
Nombre de pages
552
Date de parution
19/03/1965
Poids
540g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070266654
Titre
Le char des élus
Auteur
White Patrick ; Nétillard Suzanne
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
540
Date de parution
19650319
Nombre de pages
552,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dès son enfance, Hurtle Duffield se sait voué à la tristesse irrémédiable de ne pouvoir éprouver des sentiments "normaux". Il est fasciné par l'incompréhensible et secrète splendeur du monde que son regard découvre jusque dans les plus secrètes difformités de la création. Il a six ans lorsque ses parents le vendent à des gens riches qui n'ont pu mettre au monde qu'une fille laide et bossue. À jamais meurtri par cet arrachement, il reste cependant tout aussi étranger à sa nouvelle famille qu'à la première et ne songe qu'à sa vocation : la peinture. Il a désormais accès à la culture, aux musées, il fait avec ses parents adoptifs un long voyage en Europe. À dix-sept ans, la Première Guerre mondiale lui fournit le moyen de disparaître. Il revient plus tard à Sydney, connaît des débuts difficiles, puis l'amertume de voir ses oeuvres achetées ppar des collectionneurs qui ne les comprennent pas. Beaucoup de femmes s'eprennent de lui, croyant voir en ce peintre distant et célèbre l'instrument de leur rédemption. Lui les aime comme il aime la terre, les plantes, le soleil ; ce qui le hante, c'est l'étincelle d'éternité emprisonnée dans les formes et les êtres. Il y a chez lui une aspiration au divin, doublée d'horreur pour la cruauté du Démiurge, qui sont les éléments caractéristiques de l'oeuvre de Patrick White. Hurtle finira sa vie auprès de Rhoda, la pseudo-soeur infirme de son enfance. Une même verve mordante, une même passion de la lucidité les ont rapprochés. Il meurt terrassé par une attaque au moment où il allait atteindre dans ses toiles le bleu parfait, l'indigo décisif auquel il identifie Dieu. Dieu, l'artiste, le grand Vivisecteur.
Le nouveau roman d'un des principaux écrivains australiens. Deux jumeaux de nature opposée : Waldo, intelligent, rêve de littérature et de poésie, Arthur, à l'esprit attardé, est condamné aux tâches subalternes et matérielles. Waldo méprise Arthur, Arthur l'admire et l'aime. Au cours d'une lutte désespérée où chacun cherche son identité, la haine de l'un n'aboutit qu'à la souffrance et à une dessèchement stérile, alors que l'amour de l'autre lui permet de dépasser sa condition et de connaître des satisfactions d'ordre spirituel.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.