Peut-être parce que son pays natal, la Hollande, est un écosystème artificiel entièrement façonné de main d'homme, Peter Westbroek, géologue de formation, a toujours été intimement persuadé que la vie joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de la planète, qu'elle est une " force géologique majeure " dont l'importance a trop longtemps été occultée. Des îles Frisonnes aux lagons de Floride et aux atolls du Pacifique, des gigantesques structures coralliennes aux falaises de calcaire et aux délicats tapis bactériens, il montre que la vie, loin de s'adapter passivement aux conditions ambiantes, n'a cessé depuis son apparition, de modeler et de réguler son environnement. La Terre peut-elle alors, en accord avec la célèbre hypothèse Gaïa proposée par le chercheur britannique James Lovelock, être considérée comme un super-organisme ? Hâtivement adoptée par le mouvement New Age, l'idée a mis du temps à s'imposer dans le monde scientifique. Sous le terme moins ésotérique de " géophysiologie ", elle suscite aujourd'hui un effort de recherche multidisciplinaire sans précèdent visant à comprendre l'impact du vivant sur la formation des roches et la régulation du climat. Le prélude, sans doute, au mariage si longtemps différé des sciences de la vie et de la Terre.
Les changements multiples qui affectent notre planète à grande échelle suscitent craintes et désorientations. Mais une science de la Terre renouvelée, unifiée et synthétique, proposant une vision à long terme, fait émerger des perspectives originales de pensée et d'action. Montrant l'importance des effets du vivant sur la géologie et le climat de la Terre tout au long de son histoire, cette nouvelle vision d'ensemble de notre globe ramène nos peurs à la raison, et laisse entrevoir des solutions à nos problèmes.Rarement des avancées scientifiques fondamentales auront été d'une telle importance pour l'avenir de l'humanité.
Lola est une enfant de 12 ans, tuée dans d'atroces circonstances le 14 octobre 2022. Placée en garde à vue, la principale suspecte, D. B., est mise en examen pour meurtre, précédé, accompagné ou suivi d'actes de tortures ou de barbaries, et pour viol. En quelques heures à peine, ce terrible fait-divers bouleverse l'opinion publique, faisant l'objet d'un emballement médiatique inédit. La cynique récupération politique qui s'ensuit entraîne la remise en question de grands principes démocratiques, avec notamment des appels à une justice expéditive et un rétablissement de la peine de mort. Ce livre, écrit par les avocats de D. B., première femme condamnée à la perpétuité incompressible, raconte de l'intérieur les contours de cette affaire hors norme, depuis ses premiers instants jusqu'à la plaidoirie finale, en passant par le récit d'une reconstitution exceptionnelle ou la description d'une Unité pour Malades Difficiles. A partir du point de vue trop peu entendu des avocats "du Mal., La Sinistre Comédie dépeint surtout une effroyable traversée des enfers, caractérisée par l'inquiétant basculement populiste des élites médiatiques et politiques dans leur rapport à la justice et au crime. "S'il faut savoir se taire dans le respect du Droit, il ne faut pas avoir peur de parler pour le défendre. C'est la raison de ce livre."
Court échange très intéressant et initiateur de réflexions avec la journaliste économique Salomé Saqué et l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, chef de The Shift Project, autour de la question écologique et de la jeunesse. Malgré leurs différences de points de vue parfois, les deux intervenants se rejoignent sur de nombreux aspects et invitent, par cet échange enrichissant, à une lutte intergénérationnelle et intersectionnel pour changer les choses.
La nature menacée devient menaçante : notre excès de contrôle nous a fait perdre le contrôle. Il va maintenant falloir vivre dans un monde fluctuant, c'est-à-dire inventer la civilisation de la robustesse, contre la performance." Olivier Hamant Face aux bouleversements du monde en cours et à venir, le développement durable, entre géo-ingénierie contreproductive et tout-électrique mal pensé, crée de nombreux futurs obsolètes. Émergent alors les contremodèles de la décroissance et de la sobriété heureuse, nettement mieux alignés avec le monde qui vient. Mais la frugalité peut-elle réellement mobiliser ? Ne risque-t-elle pas non plus de se réduire à d'autres formes d'optimisation ? Et si, pour être sobre et durable, il fallait d'abord questionner une valeur nettement plus profonde : l'efficacité. Le monde très fluctuant qui vient appelle un changement de civilisation. Ce chemin demande surtout de valoriser nos points faibles et inverse toutes les recettes.
Et si notre culture occidentale avait presque disparu et qu’un anthropologue jivaro essayait d’en sauvegarder la mémoire en analysant le mode de vie de ses derniers représentants ? Et si les débats politiques portaient sur la réintroduction de l’anthropophagie rituelle plutôt que sur l'économie ? Ou encore qu’un groupe de mésanges se transformaient en activistes écologistes punk ? Toutes ces idées et bien d’autres encore se retrouvent dans les trois tome du « Petit traité d’écologie sauvage » réunis dans une belle intégrale. Inspiré par les travaux de Philippe Descola, ce roman graphique profondément comique permet de sensibiliser à des enjeux écologiques et sociétaux importants.
J'ai écrit ces textes dans la fièvre d'une année qui ne nous a laissé aucun répit. Une sorte de journal de lutte, pour nous redonner de l'énergie, de l'élan. Dire que tout n'est pas foutu. Il y est question de désobéissance civile, d'écologie politique, de démocratie, d'algorithmes, de capitalisme, de plastique, de poissons morts, de crottes de chien, de stratégies pour faire tomber un pipeline ou un dictateur, mais aussi de poésie, de santé mentale, de Beatles et d'amour. Parce que les petits gestes ne suffisent pas, parce que le système est pipé, mais qu'on peut encore essayer de changer les règles du jeu".