En 1950, Arnold Wesker fait son service militaire dans la Royal Air Force, et observe avec une attention fascinée la manipulation du matériel humain pendant les semaines d'entraînement. C'est cette expérience personnelle qui fournit le cadre de Des frites, des frites, des frites... Mais pas plus que La Cuisine n'était un documentaire sur les restaurants, Des frites n'est une-tranche-de-la-vie militaire. Comme la cuisine d'un grand restaurant, une base militaire de la R. A. F. est pour Wesker un microcosme qui entretient avec le monde extérieur un rapport métaphorique. Si le théâtre est métaphore, il doit donner à voir. La force de Wesker dans Des frites... est d'avoir pensé sa démonstration en termes scéniques, d'avoir joué sur la géométrie des lieux, la précision stylisée des exercices de groupe, le jeu d'automates des chefs figés dans leurs fonctions... Par les juxtapositions, les répétitions, les substitutions, les raccourcis, le théâtre accentue l'aspect ballet mécanique qu'a l'entraînement militaire. La métaphore, on le voit, fonctionne dans les deux sens. Car l'armée, avec son souci de rendre vi ible, en un lieu utopique, le pouvoir, est déjà un théâtre.
Nombre de pages
104
Date de parution
16/02/1972
Poids
70g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782070319664
Titre
Des frites, des frites, des frites...
Auteur
Wesker Arnold
Editeur
GALLIMARD
Largeur
110
Poids
70
Date de parution
19720216
Nombre de pages
104,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Je parle de Jérusalem conclut la trilogie dont Soupe de poulet à l'orge et Racines forment les deux premiers volets. Nous somme en 1956, et tous les enfants Kahn sont réunis au domicile familial. Ada et David ont échoué dans leur retour à la terre, et, désenchantés, reviennent à la ville. Ronnie ressemble de plus en plus à son père, que son inadaptation à la société et sa paresse ont conduit à sa perte. Seule la mère, Sarah, n'a pas perdu cette foi qu'elle appelle communisme, et qui la pousse à vivre dans le seul but d'améliorer la société à laquelle elle appartient. L'unité de cette trilogie réside dans l'évolution du désenchantement des ouvriers qui ont cru à une révolution sociale au lendemain de la dernière guerre et qui se heurtent à l'"establishment". Ce théâtre, où la critique politique et sociale est toujours présente, n'est pas un théâtre de la violence. Les personnages de Wesker sont chaleureux, attachants, peints avec beaucoup d'humour et de tendresse.
Des frites, des frites, des frites : C'est un bataillon de nouvelles recrues de l'armée de l'air britannique. En deux ans de discipline inhumaine, de vexations, ils vont peu à peu changer, perdre de leur innocence, s'endurcir. Mais dans la chambrée, un homme est différent de ses condisciples. Pip Thomson est issu de l'establishment : il manifeste un égal mépris pour les officiers et les simples soldats. (durée : 1 heure et 15 minutes ? 25 hommes) Le Centenaire : Tonton a cent ans. Pour l'occasion, sa gouvernante a décidé de convier quelques membres de sa famille, un par génération. Le centenaire, qui ne veut voir personne, feint de dormir... (durée : 30 minutes ? 5 hommes / 4 femmes)
Jenny est soignée pour une dépression nerveuse. Son mariage et sa carrière sont des échecs. Elle accuse ses parents. Son père lui aurait fait subir des sévices sexuels quand elle était enfant, sa mère et son grand-père en auraient été complices. Les parents clament leur innocence et essaient de comprendre leur fille. Jenny a-t-elle menti? Ou Valérie, sa thérapeute, a-t-elle été abusée par des souvenirs « fantômes »? Drame / 2 hommes - 5 femmes / 1:30
La trilogie d'Arnold Wesker raconte la vie d'une famille ouvrière juive d'Europe centrale, émigrée à Londres dans les années 20. Cette histoire, constituée d'une succession de fragments, se déroule par bonds et retours en arrière, entre 1936 et 1959. Elle met en scène deux générations, celle des parents - Sarah et Harry Kahn, nés en Hongrie - et celle des enfants - Ada et Ronnie, nés en Angleterre. L'oeuvre, fortement autobiographique, et dans laquelle le personnage central, le jeune Ronnie Kahn, est une figure vraisemblable de l'auteur, est une chronique amère - mais constamment innervée par un humour féroce - des espoirs, des luttes et des désillusions des membres de cette famille. C'est aussi, à sa manière, une chronique du siècle qui s'achève. Espoir dans le communisme, espoir en des lendemains qui chantent, espoir en la transformation de l'homme au sein d'un monde devenu serein, pacifié et heureux. Espoirs du siècle. C'est-à-dire combats du siècle, malheurs du siècle... La vie ne serait-elle, comme le dit Shakespeare, qu'"une histoire contée par un idiot, pleine de fureur et de bruit et qui ne signifie rien" ? Voilà ce à quoi Arnold Wesker et ses personnages refusent de se résigner.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.