L'Instruction. Oratorio en onze chants. Suivi de Ma localité, Laocoon ou les limites de la langue et
Weiss Peter ; Baudrillard Jean ; Croisy Thibaud
L ARCHE
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EAN :9782381980607
Oratorio en 11 chants funèbres En 1964, Peter Weiss suit le procès de Francfort, où comparaissent plusieurs responsables du fonctionnement du camp d'extermination d'Auschwitz : des officiers SS mais aussi des Kapos, détenus affectés par les nazis à la surveillance et aux sanctions disciplinaires envers les autres prisonniers. Très largement médiatisé, ce procès suscita de vives controverses concernant la responsabilité des prévenus et leur complicité pour meurtre. Nombreux sont ceux qui nièrent leur responsabilité, estimant avoir été les rouages d'un système de guerre, ne faisant là que "remplir des instructions" , "faire leur devoir" , et "obéir aux ordres" . A travers le strict exposé des faits, Peter Weiss raconte l'organisation criminelle dans les moindres rouages de cette machine de mort administrée par le Reich, de la déportation à l'élimination des détenus, par privations, épidémies, expériences cliniques mortelles, injections létales, fusillades, empoisonnement au gaz Zyklon B et crémation dans les fours (pouvant aller jusqu'à 200 000 individus par jour durant l'été 1944). Evitant l'écueil de la reconstitution historique, Weiss reproduit des extraits des reportages publiés par la presse et livre un "discours dépouillé" , radicalisant le geste du théâtre documentaire. Sans jamais prononcer les termes de nazisme ou de Juif, Peter Weiss livre des pages d'histoires directement tapés à la machine génocidaire, qui anéantit entre 1941 et 1945 plus de 6 millions de Juifs d'Europe, et des milliers d'opposants politiques, des Tsiganes et des homosexuels, des prisonniers soviétiques, révélant non sans paradoxe le caractère universel de l'exemplarité de la barbarie nazie et celui du camp d'Auschwitz, symbole du crime contre l'humanité.
Nombre de pages
284
Date de parution
03/11/2023
Poids
372g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782381980607
Titre
L'Instruction. Oratorio en onze chants. Suivi de Ma localité, Laocoon ou les limites de la langue et
Auteur
Weiss Peter ; Baudrillard Jean ; Croisy Thibaud
Editeur
L ARCHE
Largeur
135
Poids
372
Date de parution
20231103
Nombre de pages
284,00 €
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Une histoire du mouvement ouvrier depuis la République de Weimar jusqu'à la chute du IIIe Reich ... une épopée de la gauche révolutionnaire sous le nazisme, le stalinisme et le franquisme... les années d'apprentissage d'un jeune militant, son initiation aux enjeux et aux combats politiques. La matrise technique de l'écriture, sa virtuosité, le style et ses éclats, dans tous les sens du mot, les ruptures dans le déroulement temporel démultiplient l'effet, sur le lecteur, d'une narration qui le déroute, le déplace, de façon dramatique, aux différents points du théâtre de notre histoire récente : histoire des utopies dues, de la fin des grands récits humanistes et révolutionnaires, histoire des stigmates qu'une culture bafouée par la barbarie totalitaire léguée au présent, tragiquement.
Rescapé des Brigades internationales en 1938, le narrateur, après un court passage à Paris, se retrouve à Stockholm où s'étaient déjà regroupés à l'époque de nombreux réfugiés politiques allemands fuyant les persécutions nazies. Il fréquente le groupe réuni autour de Brecht en particulier, travaille même pour lui, participe aux discussions de l'époque : la Pologne, la guerre en Finlande et les signes avant-coureurs d'un conflit dont on pressent déjà qu'il sera mondial. La difficulté de s'adapter à un pays où le statut d'émigré politique rend toute chose dure, oblige le narrateur à se reconstituer une identité en s'appropriant la langue de ce pays, en plongeant dans les récits du destin de son histoire tout en conservant sa propre langue comme instrument de travail. Apatride, possédant une carte de séjour dont la validité n'excédait jamais trois mois, je me préparais en vue d'un avenir dans un pays auquel je ne pensais guère un an plus tôt. Il me fallait accepter l'existence en moi d'une autre langue. C'est chez Brecht que je réussi la première impulsion m'incitant à conférer au présent une dimension historique. Je voulus découvrir le passé de ce pays depuis le moment qui correspondait à la date de ma naissance. En me tournant vers le Moyen Age ou, comme je l'avais fait auparavant, vers l'Antiquité, j'avais développé en moi le sens pour les corrélations universelles.
Ce troisime volume est moins la chronique que la synthèse politique et historique d'évènements de ce siècle. Au premier plan cette fois, le destin de chaque individu vu jusqu'alors dans un groupe : errance des parents du narrateur chasssé par les perscutions nazies de camp en camp où ils sont témoins des horreurs perpétrées ; suicide de l'écrivain Karin Boye que l'énormité de ces horreurs réduit au silence ; inconcevables difficultés des réfugiés politiques en Suède ; combats des antifascistes dans la clandestinité en Allemagne nazie et anantissement des membres berlinois de ce qui fut l'orchestre rouge. Et parallèlement toujours une réflexion sur le sens de l'art et sa force dans l'expression de la réalité politique. Et l'espoir, l'endurance de ceux qui, ainsi que l'exprime Heilmann dans la lettre-testament rédigée la nuit précédant son exécution : Ce que nous avons voulu saisir n'a jamais pu être prouvé. Notre message resta plutôt modeste. Il y avait parmi nous des scientifiques, des artistes. Même leur esprit n'a pas suffit pour gagner le monde à notre dessein. Il y avait aussi un sculpteur, son oeuvre était mince, et un écrivain, ses poèmes et ses romans n'entreront pas dans l'histoire de la littérature. Ils travaillaient pourtant avec autant de passion que ceux qui seront peut-être épargnés et vous laisseront quelque chose qui vous enrichira. Ce que je veux dire, c'est que leurs ralisations ne peuvent être mesurées aux écritres évidents pour tous, qu'il faudra un jour inventer une nouvelle balance qui rendra justice au poids de leur vie. Il y a quelques mois encore, je déplorais de ne pouvoir connaître ce qui commencera, présent il me suffit de n'avoir jamais fait autre chose que ce que j'ai tenu pour juste, même si ce qui est juste tend de nouveau s'estomper.
Au début des années 1970, une mère et sa fille de 56 ans vivent dans un immense manoir à East Hampton, station balnéaire de la bourgeoisie new-yorkaise. Mais depuis plusieurs années, le manoir se dégrade : Big Eddie et Small Eddie ne vivent plus que dans une seule pièce, avec des dizaines de chats et quelques ratons laveurs. Dans cette chambre, encombrée du sol au plafond, elles mangent, lisent les journaux, évoquent des souvenirs, font rarement le ménage, et se demandent comment elles font pour se supporter. Edith Ewing Bouvier Beale et Edith Bouvier Beale sont deux icônes camp du XXe siècle, rendues célèbres par le documentaire Grey Gardens de 1975 sur leur vie dans leur manoir délabré. L'Art de la chute de Sara Stridsberg s'empare de ces femmes qui ont marqué l'imaginaire états-unien, aristocrates déchues, tante et cousine de Jackie Kennedy vivant dans un monde rêvé. Images de l'isolement et de la démesure, Big Eddie et Small Eddie, quelques années avant le tournage du film, nous parlent des relations dysfonctionnelles qui peuvent exister entre mère et fille, de l'abandon et de l'amour malgré tout.
Grotowski Jerzy ; Vido-Rzewuska Marie-Thérèse ; Ma
L'itinéraire intellectuel d'un homme de théâtre majeur de la deuxième moitié du XXe siècle, en deux volumes à L'Arche. L??uvre de Jerzy Grotowski a fortement influencé le théâtre européen de l'après-guerre. Proche de Peter Brook et d'Eugenio Barba, ses recherches tendent vers le rituel, vers l'exploration des possibilités physiques des comédien.nes. Dans les années 1950-1960, période couverte par le premier volume paru en 2023, Grotowski propose une théorie du corps de l'acteur qu'il appelait « théâtre pauvre », se débarrassant de nombreux artifices qui encombraient selon lui le théâtre. Les spectacles mythiques de son Théâtre-Laboratoire, comme Le Prince constant ou Apocalypsis cum figuris, ont marqué les imaginaires. Dans ce second volume, Grotowski se détache de la représentation devant un public et élabore une pratique du théâtre centrée sur la recherche, sur le groupe et la pratique commune. Passionné par la question du rituel, il mena des ateliers autour des formes traditionnelles de théâtre dans le monde ? et élabora plusieurs théories post-théâtrales : le parathéâtre, le théâtre de la participation, le Théâtre des Sources et l'Art comme véhicule. À travers de nombreux voyages (Turkménistan, Inde, Chine, Haïti, Mexique...), il étudia les sources psychologiques et physiques des différentes techniques de jeu dans le monde ? jusqu'à obtenir une chaire d'Anthropologie théâtrale au Collège de France, chaire créée spécialement pour lui.
Au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 10 000 soldats des Caraïbes furent envoyés en Égypte, en Palestine ou en Syrie pour se battre aux côtés de la Grande-Bretagne, nation alors colonisatrice. Cette histoire méconnue n'apparaît aujourd'hui que dans quelques encyclopédies ? c'est dans la Britannica que Bonvent, le jeune garçon au centre du recueil École d'instructions, la rencontre. Bonvent est un écolier jamaïcain des années 1990, turbulent et rêveur, mauvais élève punit par ses instituteurs qui préfère lire dans la cour de récréation. Il est aussi le héros de ses propres rêveries guerrières, du lac de Tibériade aux Dardanelles qu'il ne connait que par les mots. Dans ce livre, l'histoire du garçon et celle des soldats se mêlent sur la page, nous plongeant directement dans les ressacs de l'histoire. Le reggae, la dub, la Bible, l'indépendance de la Jamaïque, la violence de la guerre, les goûts et les odeurs de l'enfance sont autant de matériaux pour une langue explosive. Si la guerre semble fantasmée par le jeune écolier, Ishion Hutchinson ne manque pas de rendre hommage aux soldats envoyés à la mort pour des pays qui n'étaient pas les leurs. École d'instructions est un recueil majeur qui s'intéresse aux strates de l'histoire, en plaçant en son centre un continuum de violence coloniale.
Romance hantée par ses propres personnages, Hurlevent carcasse est un récit choral, qui amplifie les résonances du roman d'Emily Brontë pour faire retentir leur puissante modernité. Ouvrage majeur du romantisme européen, écrit sous pseudonyme masculin, Les Hauts de Hurvelent s'impose comme un livre sur la passion amoureuse, la vengeance et la folie, un roman furieux et cruel, bientôt considéré comme un chef-d??uvre de la littérature britannique du XIXesiècle. Dans Hurlevent carcasse s'entrelacent des voix, des déclarations d'amour et de désespoir jetées au vent acariâtre de la lande, à partir d'éléments biographiques et inspirés de la personnalité impétueuse d'Emily, qui vivait recluse dans la maison familiale du Yorkshire, où les s'urs Brontë passèrent leur enfance. Claudine Galea aiguise à l'os le récit d'amour fusionnel et de haine fatale, que prennent en charge les différentes voix, fait parler « la lande » et « la rumeur », révèle les rapports de force de cette fiction de l'époque victorienne, l'histoire d'amour entre Cathy et Heathcliff, l'enfant bohémien acheté par son père à Liverpool, une histoire de passion débordante et interdite, de mépris de classe et de haine de soi.