Arnhem, cité de rentiers, Wiesbaden, cité de retraités, Düsseldorf, cité des banquiers. La liste est longue de villes saisies à un moment historique ou au cours d'une période essentielle de leur histoire: La Mecque, Sparte, Londres et surtout Venise au temps des Guelfes et des Gibelins. Avec La Ville, Weber excelle dans l'art de la typologie. Il y définit toute une gamme de villes "idéaltypiques", selon qu'on les considère sous l'angle juridique, économique, politique. Et il le fait avec d'autant plus d'aisance que son étonnante érudition lui permet d'interpeller les villes babyloniennes, juives, hindoues, islamiques, chinoises ou russes au même titre que celles de l'Antiquité grecque ou romaine et celles du Moyen Age. En retraçant l'histoire des conjurations et des corporations, Weber souligne l'originalité de l'histoire européenne: la seule à avoir produit la commune dans son plein développement. Du même coup, il évoque le rôle moteur du christianisme, les transformations du rapport entre la ville et la campagne, la nature essentiellement politique des luttes que se livrent les divers ordres sociaux, la lente montée de la bourgeoisie. Le passage du capitalisme foncier impliquant l'esclavage dans l'Antiquité au capitalisme marchand du Moyen Age n'est jamais qu'une longue série d'étapes d'un processus menant au capitalisme moderne et à l'Etat moderne. La Ville, dit Weber, se développe selon la logique propre à chaque civilisation, mais il existe en même temps une loi interne au champ politique, qui limite le nombre de compromis possibles pour faire cohabiter dans une même cité des couches sociales qui se distinguent et que leurs intérêts opposent. Les rapports de souveraineté et de luttes pour la domination entre villes et Etats sont au cour de la réflexion wébérienne. Aussi, ces analyses gardent-elles une actualité manifeste en un temps où les métropoles s'agrandissent et en un temps où, avec cet accroissement spatial, démographique et économique, l'acuité des problèmes sociaux, environnementaux et politiques se fait plus vive. Max Weber (1864-1920), économiste allemand, père de la sociologie contemporaine. Né dans une riche famille de la bourgeoise protestante allemande, M Weber entame des études en Droit et accède au poste de professeur d'Histoire de droit romain et de droit commercial à Berlin (1893) puis à Fribourg (1894). Souffrant de dépression nerveuse, il visite l'Italie et le sud de la France, et c'est à la suite de ce voyage qu'il réoriente ses recherches vers la sociologie dont il fonde en 1909, avec G Tönnies et G Simmel, la Société allemande de sociologie. Les années 1915-1919 sont pour Weber une grande période d'activité intellectuelle avec la publication de ses travaux sur la sociologie comparative des religions mondiales. Il meurt peu après avoir obtenu la première chaire de sociologie à Munich. Mal connue en France, la pensée wébérienne s'appuie le processus de rationalisation de la modernité occidentale par de nombreux exemples historiques. Philippe Fritsch a été Professeur de Sociologie à l'Université Lyon 2 et Directeur d'une équipe de recherche associée au CNRS. De L'Education des adultes (1971) à Etre Vétérinaire (2011), ses travaux et publications ont également fait place à des intérêts d'ordre épistémologique et de circulation internationale des idées, donc à la traduction de textes de Simmel, Weber et Dirk Kaesler.
Confucianisme et taoïsme est l'un des volets de la grande trilogie consacrée par Max Weber à « l'éthique économique des religions mondiales », entre 1915 et 1920, avec Hindouisme et bouddhisme et Le Judaïsme antique. Dix ans après L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, ces études comparatives s'efforcent d'éclairer l'originalité occidentale par le dehors. Elles reprennent le problème du lien entre le protestantisme ascétique et le développement d'un capitalisme bourgeois rationnel à partir de configurations religieuses et sociales profondément différentes. Chacun de ces cas permet d'interroger la façon dont « la prise de position pratique à l'égard du monde » impliquée dans l'action religieuse retentit sur les « conduites de vie » et, en particulier, sur les comportements économiques. C'est spécialement vrai de Confucianisme et taoïsme dont le dernier chapitre, « Confucianisme et puritanisme », constitue l'un des exposés les plus vigoureux et les plus aboutis de la thèse wébérienne. Mais, au-delà de sa problématique d'origine, Confucianisme et taoïsme reste un modèle d'analyse de la formation et du fonctionnement d'une mentalité à l'échelle d'une civilisation. L'examen de la bureaucratie chinoise et du type de l'État patrimonial est de premier intérêt pour le politiste, comme le chapitre dédié au « corps des lettrés » constitue l'un des textes de base de la sociologie des intellectuels. C'est dire que, indépendamment de la connaissance de la Chine et de la science des religions, c'est un authentique classique des sciences sociales au XXe siècle qui est ici rendu accessible au lecteur français.
De toute l'?uvre de Max Weber, L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme est sans doute l'ouvrage le plus cité et le plus commenté. Est-ce pour autant que ce "classique" de la sociologie est lu et travaillé pour ce qu'il est, soit une contribution fondamentale à l'analyse de la genèse du capitalisme moderneEn proposant au lecteur francophone une édition scientifique de cette étude, qui rassemble, en outre, une série de textes jusque-là inédits en français et propres à en expliciter le sens - les "Anticritiques", dans lesquelles Weber répond longuement aux objections qui lui avaient été faites, mais aussi la première version de l'étude sur les sectes protestantes américaines - et cela dans une traduction qui se veut scrupuleusement attentive à la richesse et à la subtilité de l'analyse wébérienne, Jean-Pierre Grossein donne la possibilité d'une lecture nouvelle de ce grand texte, lequel peut encore nous aider à approcher les questions les plus vitales qui travaillent nos sociétés contemporaines. Un appareil critique important et une présentation à la fois historique et analytique font de cette édition l'indispensable outil de travail pour accéder à une oeuvre aujourd'hui "canonique"
Après avoir dirigé les hôpitaux militaires de Heidelberg pendant la première année de la Grande Guerre, Max Weber décide d'intervenir dans le débat public. Il le fait avec force en s'interrogeant sur l'essence même de la guerre et sur l'avenir de son pays à l'issue du conflit. Les discours rassemblés ici, traduits pour la première fois, montrent un intellectuel engagé, certes fervent patriote mais aussi critique féroce de la politique du gouvernement allemand. Weber dénonce autant les ambitions annexionnistes des pangermanistes que les visées françaises sur la Sarre, et s'oppose au traité de Versailles.
Arnhem, cité de rentiers ; Wiesbaden, cité de retraités ; Düsseldorf, cité de banquiers... Max Weber définit toute une gamme de villes idéal-types, selon qu'on les considère sous l'angle juridique, économique, politique. Et il le fait avec d'autant plus d'aisance que son étonnante érudition lui permet d'étudier les villes babyloniennes, juives, hindoues, islamiques, chinoises ou russes au même titre que celles de l'Antiquité grecque ou romaine et celles du Moyen Age. En retraçant l'histoire des conjurations et des corporations, Weber souligne l'originalité de la civilisation européenne : la seule à avoir produit la commune dans son plein développement. Du même coup, il examine le rôle moteur du christianisme, la lente montée de la bourgeoisie, la nature essentiellement politique des luttes opposant le peuple aux patriciens et à la noblesse. Le passage du capitalisme foncier de l'Antiquité au capitalisme marchand du Moyen Age n'est qu'une longue série d'étapes dans la constitution du droit et la rationalisation croissante des institutions. La ville, dit Weber, se développe selon la logique propre à chaque civilisation, mais il existe en même temps une loi interne au politique, qui limite le nombre de compromis possibles pour faire cohabiter dans une même cité des couches sociales différentes. Publié pour la première fois en 1921, inédit en français, La Ville constitue l'un des textes majeurs sur l'histoire des institutions et du phénomène urbain.
Résumé : La Chine vient à nous : des textes prestigieux sont désormais traduits, des tournées théâtrales nous introduisent dans la légende et dans l'Histoire, le fengshui arrive en Europe. Mais que savons-nous de la civilisation qui leur a donné naissance ? La Chine classique est extraordinairement vivante sous ses habits modernes. La méconnaître serait voyager en aveugle là où il y a tant à voir.
This work, which is included in the new "Guides des civilisations" series, does not claim to be exhaustive ; it simply attempts to convey the most characteristic aspects of a civilization from which we have inherited most of our philosophical concepts, our literary and artistic heritage, and our vocabulary. What do we know about the Greeks - their cities,their ideals, or their lives ? What can we learn from the Nike of Samothrace or the Venus de Milo ? The primary purpose of this book is to refine ourpartial and fragmented perceptions, to avoid preconceived notions, and to help us to understand a civilization whose criteria are so foreign to us and yet which are still such an intimate part of our lives. Only part of the History of Ancient Greece is depicted in this book : the period ranging from its birth up to the death of Alexander the Great (323 B.C.). This distinction from the following period - that of "Hellenistic" Greece - is amply justified from a political, social, religious, moral and artistic point of view.Anne-Marie Buttin, whose agrégation degree is in Classical Literature, formerly taught preparatory classes for the grandes écoles.Table des matières : I. L'HISTOIREÉpoque préhistoriqueÉpoque mycénienneÉpoque géométriqueÉpoque archaïqueÉpoque classiqueChronologie fondamentaleII. ATHÈNES, LES CITÉS ET LES COLONIESAthènesAutres citésColoniesIII. L?ORGANISATION POLITIQUE ET SOCIALELes classes socialesLes institutions et l?exercice du pouvoir à AthènesLa justiceLes financesLe pouvoir militaireIV. LA VIE ÉCONOMIQUEAgricultureIndustrieCommerceMesure et poidsMonnaiesV. LE TEMPSCalendrierMesure du tempsJournée du citoyenÂges de la vieRites de passage VI. LA RELIGIONReligionCultes publicsCultes privésCultes à mystèresDivinationFêtesPrincipaux dieuxMythologiePrêtreTempleThéâtreVII. LA LITTÉRATURELangue grecqueGenres littérairesPhilosophieQuelques auteursVIII. LES ARTSArchitectureSculpturePeintureMusique et danseIX. LES LOISIRSJeux publicsJeux privésBainsVoyagesChasse et pêcheRepasX. LA VIE PRIVÉENomsHabitationsFamille, femme, enfantSexualitéSanté et médecineÉducation et écoleCostumes et paruresNotes Biographiques : Jean-Noël Robert, latiniste et historien de Rome, a publié aux éditions Les Belles Lettres une quinzaine d'ouvrages sur l'histoire des mentalités dans l'Antiquité romaine, parmi lesquels Les Plaisirs à Rome (1986, nlle édition 2005), Rome la gloire et la liberté (2008), Les Romains et la mode (2011) ou L'Empire des loisirs (Signet, 2011). Il dirige en outre la collection « Realia » et celle des « Guides Belles lettres des civilisations » dans laquelle il a signé deux volumes, Rome et Les Étrusques.
Résumé : LE COSMOS EST EN NOUS. NOUS SOMMES FAITS DE POUSSIERE D'ETOILES. NOUS SOMMES UNE VOIE PAR LAQUELLE L'UNIVERS SE CONNAIT LUI-MEME. COSMOS Cosmos : nouveaux mondes est le nouveau chapitre de l'incroyable périple initié par Carl Sagan et Ann Druyan. Phénomène mondial, la série Cosmos : Une odyssée à travers l'univers a été diffusée dans 181 pays. Aujourd'hui, avec Nouveaux mondes, Ann Druyan explore 14 milliards d'années d'évolution du cosmos jusqu'aux plus petites particules de la matière. Elle nous invite à marcher dans les pas de celles et ceux qui ont poursuivi leurs recherches sans relâche, parfois au péril de leur vie, a n de mieux comprendre le vaste univers. Dans cet ouvrage captivant, Ann Druyan s'attache à dépeindre le futur que nous pouvons encore bâtir - à condition d'employer nos sciences et nos technologies avec la plus grande sagesse. Il est temps de larguer les amarres et de voguer vers les étoiles !
Miranda Luis de ; Rawlings Steve ; Dumont Véroniqu
La robotique et l'intelligence artificielle se répandent, comme de véritables traînées de poudre, sur notre lieu de travail, dans notre vie quotidienne mais aussi dans nos esprits et nos corps. Cet ouvrage de " vulgarisation intelligente " vous éclaire sur ces machines susceptibles d'imiter les êtres humains, de les remplacer, voire de les surpasser. Une véritable odyssée culturelle et industrielle, au cours de laquelle vous découvrirez des sujets aussi variés que les robots domestiques, les véhicules autonomes, les drones, la chirurgie assistée, la réalité virtuelle, le test de Turing, les assistants intelligents, les réseaux neuronaux, l'exploration spatiale... Que vous soyez un scientifique chevronné ou 'simplement un néophyte curieux de connaître ces nouvelles technologies, ce livre vous permettra de vous forger une opinion éclairée et critique sur ce sujet. Vous pourrez départager les fantasmes de la réalité, et même entrevoir les scénarii probables pour le futur !
Résumé : Les trois essais qui composent ce livre constituent la synthèse des recherches poursuivies par Lorenz dans le domaine de la biologie du comportement, et pour lesquelles le prix Nobel de médecine et physiologie lui a été décerné en 1973. S'appuyant sur des observations précises, Lorenz donne à l'éthologie son premier contenu scientifique positif. Il souligne la continuité des sociétés animales et humaines et montre les prolongements philosophiques de son étude de l'instinct.
Et maintenant, attention: tenez-vous bien, attachez vos ceintures. Non pas que ce que je vais vous dire soit particulièrement difficile à comprendre, mais tout simplement parce que ça va vous sembler le comble du ridicule. Jugez-en: nous dessinons des petites flèches sur une feuille de papier! C'est tout." L'électrodynamique quantique, prototype des théories de la physique moderne, devient un jeu d'enfant quand elle est expliquée par un de ses auteurs, Richard Feynman. En analysant "avec des petites flèches" comment la lumière se réfléchit sur les miroirs et pourquoi les bulles de savon présentent des irisations, il montre que les notions les plus difficiles sont explicables sans aucun formalisme mathématique et que leur sens profond est à la portée de tous. Un sommet de la vulgarisation scientifique.