Une paysanne qui a tout perdu noue une amitié comme on en voit rarement avec "une qui n'est pas d'ici", une femme tombée devant sa porte comme un oiseau migrateur quand il est épuisé. Deux "vieilles", deux existences qui n'auraient pas dû se rencontrer et qui sont en butte à des haines incoercibles datant de la dernière guerre, nous entraînent sur des chemins hauts en couleur qui vont leur redonner goût à la vie. Entre les étangs immobiles, les landes et les bois obscurs de la Brenne, terre sauvage où les mentalités, sous des apparences assoupies, recèlent encore de belles férocités, elles vivent à l'écart d'un hameau où s'appesantit un mystère dont seuls quelques chevaux possèdent la clef. Huis clos en "open space", l'impitoyable monde paysan s'exprime là dans un parler traditionnel savoureux et métaphorique. Où l'on découvre aussi que le tragique se pimente de burlesque et de poésie. La fluidité de l'écriture reflète celle de la conception, et le récit à énigmes nous tient en haleine jusqu'à sa fin, inattendue.
Nombre de pages
148
Date de parution
02/07/2021
Poids
193g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343235981
Titre
Les chevaux n'oublient jamais rien
Auteur
Wasselin Julie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
193
Date de parution
20210702
Nombre de pages
148,00 €
Disponibilité
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Perspicace, après avoir pris fait et cause pour ses récits équestres, et l'avoir encouragée à poursuivre, le général (2s) Pierre Durand, ancien écuyer en chef, ancien directeur de l'École nationale d'équitation, sut d'instinct que cette beauté hasardeuse à laquelle Julie Wasselin se livrait sans réserve la soutiendrait jusqu'au bout : « Ces nouvelles sont des histoires d'amour vécues par un être généreux, peut-être habité par le doute, c'est pourquoi je suis tenté de lui délivrer ce message du commandant de Montergon (Les derniers chevaux) adressé à un jeune officier sceptique : '' Vous aimez beaucoup trop la beauté pour ne pas être un jour sauvée par elle.'' » Quand fut venu ce temps irrecevable où les chevaux ne sont plus, en « les écrivant », Julie Wasselin eut surtout l'idée de « les partager »... de « les prolonger », et de leur offrir encore un galop. À l'heure où les raisons de s'émerveiller se font rares, elle a souhaité revisiter les instants de grâce qui lui ont été accordés auprès d'eux, en épargner les plus belles fleurs, et rafraîchir le bouquet en y ajoutant quelques tiges récemment coupées. Après ... Au soir de sa vie, après avoir suspendu au mur cette bride qui, entre la bouche de ses chevaux et sa main, reste le seul témoin de leurs bavardages, Julie Wasselin éprouve la tentation d'abandonner l'encrier qui est presque vide et la plume qui commence à « faner », mais ce n'est peut-être qu'un au revoir...
A l'heure des scandales liés à l'utilisation abusive de certaines molécules par les laboratoires pharmaceutiques essentiellement soucieux de transformer le malade en consommateur, Julie Wasselin révèle ce qu'elle a dû accepter pour gagner sa vie. Elle dépeint sa profession de visiteuse médicale, décriée et mal connue, avec un humour teinté d'une pointe de nostalgie, parce que tout n'a pas été noir... mais aussi, sans plus aucune illusion.
Un cheval fabuleux se soumet à des épreuves destinées à prouver qu'il sera digne de ceindre la couronne de son père, s'il arrive à les surmonter... "On aurait aimé que l'homme soit le meilleur ami du cheval : ici, pour une fois, il l'est enfin. Ce récit est celui d'une initiation menant aux fonctions suprêmes où le fantastique se mêle au merveilleux. Les allures de conte de fées ne cachent pas que la prosopopée relate la vie, celle de tout un chacun, celle des cavaliers et des meneurs, des quadrupèdes et des bipèdes, avec ses ambitions, ses quelques joies et ses difficultés récurrentes. Un bon cheval a bon dos, surtout quand la parole lui est allouée. L'écrivain lui fait dire ce qui ne s'ose pas dans la vie ordinaire, plutôt convenue. Ici, la façon dépasse le procédé, puisqu'elle ouvre à un espace intimiste, sensible, et permet un partage, une transitivité entre la monade humaine et animale, ailleurs réputée infranchissable. Julie témoigne d'une incomparable culture, voire d'une érudition sur les chevaux et l'univers équestre, dont les linéaments sont sans cesse sous-jacents à l'écriture, comme une ligne d'horizon. A lire, sans réserve. On en sort métamorphosé". Michel Dégrange.
Mettre les voiles, mener sa barque, tenir la barre, savoir nager, mais galérer aussi ! Julie Wasselin témoigne de relations familiales houleuses au travers de récits sobres et incisifs. Avec un humour que Chaplin n'aurait pas renié, elle évoque des contingences qui, en s'estompant, subliment l'âpreté de la condition familiale. De son père, elle a souffert d'une souveraine indifférence. En lui communiquant la voile, il lui offrit une chance d'échapper à ce qu'il avait vécu. En ce temps-là, s'il oublia de la regarder s'en aller, elle ne se retourna pas non plus. Le style est cursil, percutant. Le vocabulaire traduit une pratique assidue de ces voiliers que l'auteur de ses jours, tout comme la vie, fut incapable d'apprivoiser. Julie Wasselin découvre trop tard que ce père, au travers de ces échecs, lui a enseigné la ténacité... elle avoue qu'elle aurait aimé qu'il se livre, et pouvoir échanger. Récits où la drôlerie flirt avec le tragique, car rien ne métaphorise mieux nos désirs que les expéditions incertaines, quand l'être humain se livre aux éléments. En filigrane, ces récits laissent deviner que la voile et les chevaux auxquels elle livra sa raison d'être par la suite, possèdent de surprenantes affinités. Qui que vous soyez, vous vous reconnaitrez.