Après huit années passées en Allemagne à préparer un doctorat qu'elle n'a pas achevé, Eqbal Bakri, une des leaders du mouvement étudiant égyptien du début des années 1970, rentre précipitamment en Egypte pour revoir sa mère mourante. Eqbal se réinstalle dans la chambre de son enfance et partage le vieil appartement familial avec Chaker, son frère aîné. Celui-ci a travaillé une dizaine d'années au Qatar; peu après son retour, il a perdu toute son épargne dans la faillite d'une banque islamique, ce qui a précipité son divorce. Il se consacre à un vieux rêve: l'écriture d'un scénario sur la révolte d'Ahmad Orabi en 1882, qui déboucha sur l'occupation anglaise du pays. Mais il trouve un emploi au Koweït, où il part avant de terminer son projet. Le roman accompagne Eqbal dans sa difficile réadaptation à une Egypte socialement et politiquement transformée, où ses anciens camarades des années militantes se sont rangés et dispersés. Sans forcer le trait, en évoquant tour à tour l'échec de la révolte d'Orabi et celui, un siècle plus tard, du mouvement progressiste arabe, il est hanté par la question qui taraude les élites arabes contemporaines: "Comment en sommes-nous arrivés là?"
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.