Par la fenêtre nous prenons des nouvelles du monde. Mais ouvrir une fenêtre, c'est non seulement s'ouvrir au monde, y plonger par le regard, c'est aussi le faire entrer, élargir notre propre horizon. Jadis, la fenêtre, via la peinture, a dessiné les territoires du monde, métamorphosant dans son cadre le pays en paysage. On a cependant négligé que cette fenêtre qui ouvre sur l'extérieur trace aussi la limite de notre propre territoire, qu'elle dessine le cadre d'un "chez soi". La fenêtre qui ouvre sur le monde ferme notre monde, notre intérieur. Moi et le monde - ils se croisent à la fenêtre. "Qu'est-ce que le moi? Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants", répondait Pascal. Se pencher sur la fenêtre, ce sera réfléchir sur ce bord où viennent se rencontrer le plus lointain et le plus proche, et sur le fait que la fenêtre oblige peut-être à concevoir que le Moi et le Monde ne peuvent que se penser ensemble - jusqu'à ce point: et si la subjectivité moderne était structurée comme une fenêtre? C'est ici, tout de suite, qu'il faut préciser: pas n'importe laquelle: la fenêtre née à la Renaissance. Et là encore, pas n'importe laquelle: la fenêtre de la peinture, la fenêtre du tableau, exactement, celle inventée par Alberti. Voilà l'hypothèse, elle donne le fil de l'histoire. En grand hommage à l'idiot chinois de la fable qui, quand le maître montre du doigt la lune, regarde le doigt, j'invite donc ici à regarder la fenêtre. Invitation à détourner notre regard fasciné de spectateur du spectacle vers l'objet qui ferme et ouvre notre regard - la fenêtre.
Nombre de pages
470
Date de parution
20/05/2004
Poids
534g
Largeur
142mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782864324157
Titre
Fenêtre. Chronique du regard et de l'intime
Auteur
Wajcman Gérard
Editeur
VERDIER
Largeur
142
Poids
534
Date de parution
20040520
Nombre de pages
470,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La série Les Experts annonce que nous sommes entrés dans l'âge des experts. Dans le monde des experts, on dit qu'on peut tout savoir, qu'on peut faire la lumière sur tout, arracher son secret à toute chose, à la mort elle-même. Ce monde-laboratoire où nul crime ne reste jamais opaque, ce monde de transparence et de vérité, c'est le nôtre. Plus exactement, c'est le monde de la grande promesse de la science. Prêtres de la religion du chiffre, les experts ne travaillent que sur le certain. Mais la seule chose vraiment certaine en ce monde, c'est la mort. C'est pourquoi cette série sur la police scientifique qui fait parler les choses et va chercher la vérité au fond des cadavres montre la vérité de toute expertise: elle n'opère que sur un monde enfin froid. Pour ce qui est du monde chaud, du monde des vivants, du monde réel secoué de crises financières et de tsunami, c'est plutôt l'impuissance des experts qu'on y a mesurée...
Il y eut ici un récit. Ne subsistent plus que des notes en bas de page dont les renvois invitent le lecteur, d'une part à imaginer ce qu'était - ou ce qu'aurait pu être - ce texte et, de l'autre, à s'interroger sur les raisons de cette inexplicable disparition. Peu à peu se reconstitue la figure du personnage principal de ce roman, sans que le lecteur puisse très bien distinguer d'ailleurs si ce n'est pas son propre reflet qu'il vient à l'instant de surprendre dans le miroir d'une de ces pages. Le récit effacé n'est pas un jeu de pure forme. Dans ce silence, c'est un drame qui se joue : celui d'un homme qui, privé de mémoire, et après en être resté littéralement interdit, longtemps sans voix, lutte contre l'oubli, "la tête renversée dans les ténèbres". Ce n'est qu'en découvrant la vérité, pour lui, de la langue de ses pères, le yiddish qui a bercé son enfance et dont pourtant il ne sait rien, qu'il pourra reprendre la parole, écrire, et reconquérir ainsi tout l'espace de la page. Retrouver dans une langue passée ce qui reste d'un homme, telle est l'aventure de ce roman. Ce livre est un événement ; à travers sa composition insolite, il met pour la première fois en scène quelque chose qui n'a jamais eu lieu.
Et s'il venait à l'esprit de désigner parmi tous les objets du monde celui qui serait l'Objet du XXe siècle ? l'Objet moderne ?. Que dans ce siècle de triomphe des objets on se tourne d'abord vers l'art, ce n'est pas pour faire joli, mais parce que les oeuvres d'art sont des objets un peu spéciaux : des objets qui pensent et qui font voir - spécialement ce que c'est qu'un objet. Un genre de lunettes intelligentes.Et ce que des oeuvres inaugurales de l'art de ce siècle nous découvrent - merci Duchamp ! vive Malevitch ! -, c'est une chose assez curieuse, des objets tout tissés d'absence, au point qu'objet et absence d'objet ce serait presque tout un. On dira que l'absence ce n'est pas vraiment un objet, pas comme une chaise ou un ours en peluche. Objet subtil, mal visible, peut-être, mais qui niera qu'on s'y cogne parfois durement ? Et comment ne pas buter contre le fait qu'au coeur même de ce siècle se sont dressées des usines à absence, conçues pour fabriquer de l'absence comme des savonnettes ?. Auschwitz & Cie.Que le siècle de l'objet aura autant été le siècle de l'absence, voilà l'idée. Que l'art nous montre ça, voilà le soupçon.Nos sociétés font tout pour nous distraire. C'est gentil. Fermez les yeux, telle est l'invitation au sommeil dont elles nous bercent.Je tiens que l'art de ce temps convie à autre chose : à ouvrir l'oeil, et regarder le siècle. C'est dur, mais juste.
Et s'il venait à l'esprit de désigner parmi tous les objets du monde celui qui serait l'Objet du XXe siècle? L'Objet Moderne? Que dans ce siècle de triomphe des objets on se tourne d'abord vers l'art, ce n'est pas pour faire joli, mais parce que les oeuvres d'art sont des objets un peu spéciaux: des objets qui pensent et qui font voir - spécialement ce que c'est qu'un objet. Un genre de lunettes intelligentes. Et ce que des oeuvres inaugurales de l'art de ce siècle nous découvrent - merci Duchamp! vive Malevitch! c'est une chose assez curieuse, des objets tout tissés d'absence, au point qu'objet et absence d'objet ce serait presque tout un. On dira que l'absence ce n'est pas vraiment un objet, pas comme une chaise ou un ours en peluche. Objet subtil, mal visible, peut-être, mais qui niera qu'on s'y cogne parfois durement? Et comment ne pas buter contre le fait qu'au coeur même de ce siècle se sont dressées des usines à absence, conçues pour fabriquer de l'absence comme des savonnettes? Auschwitz & Co. Que le siècle de l'objet aura autant été le siècle de l'absence, voilà l'idée. Que l'art nous montre ça, voilà le soupçon. Nos sociétés font tout pour nous distraire. C'est gentil. Fermez les yeux, telle est l'invitation au sommeil dont elles nous bercent. Je tiens que l'art de ce temps convie à autre chose: à ouvrir l'oeil, et regarder le siècle. C'est dur, mais juste.
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.