Pour les siècles des siècles. La civilisation chrétienne de l'Occident médiéval
Voskoboynikov Oleg
VENDEMIAIRE
29,75 €
Epuisé
EAN :9782363582935
Réalisme de la statuaire, splendeur des vitraux, relief de l'ivoire, éclat des enluminures, jeu de la lumière et des formes... Durant les dix siècles qu'a duré le Moyen Age, les hommes n'ont eu de cesse de dire et de célébrer le monde, sous toutes ses formes : le monde sensible, et l'autre, celui de l'au-delà, des anges et des démons, de la toute-puissance de Dieu, celui des miracles et des cataclysmes, du jugement et du Salut. De cette extrême tension entre l'ici-bas et son double céleste, qui est l'essence du christianisme, ont surgi des oeuvres foisonnantes, multiformes, en perpétuelle évolution, inventant leurs propres codes et aussitôt les dépassant - une véritable poétique de la création, un art nouveau, qui nous dit à sa manière, aussi bien que tous les chants d'amour courtois et tous les traités de théologie, ce qui fut l'âme de ce temps : s'il existe un homme médiéval, notre seul moyen de le connaître est de nous attacher à ce qu'il a produit, à ce qu'il admirait, à ce qui faisait le décor quotidien de son existence. Entre mépris et amour des créatures, tentation de l'ascèse et fascination de la chair, hantise de l'Apocalypse et nostalgie du jardin d'Eden, c'est à cette éblouissante traversée du temps et de l'espace que nous invite Oleg Voskoboynikov : un parcours de mille ans, l'été du Moyen Age.
Le Graal pourrait-il être un bocal à anchois ? Comment Perceval connaît-il la Poétique d'Aristote ? Merlin tient-il du démon ou de la pucelle ? Les règles du sloubi seraient-elles inspirées de celles du trut ? Les dragons étaient-ils des anguilles ? Recrutait-on les chevaliers à la taverne ? Pourquoi le casque du Viking est-il cornu ? S'est-on rendu compte à Kaamelott que l'empire romain avait pris fin ? La série télévisée Kaamelott qui met en scène le roi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde a marqué le public par son humour décapant, ses personnages loufoques et ses répliques devenues cultes. Mais faut-il prendre au sérieux la façon dont elle réécrit aussi bien la légende arthurienne qu'une période historique charnière, entre Antiquité tardive et Moyen Age ? C'est le pari qu'a fait une équipe de jeunes chercheurs : montrer que, au-delà des anachronismes qui font toute la saveur de la série, Kaamelott produit un discours riche d'enseignement. Tant il est vrai que chaque génération réactualise ses mythes, les parodiant ou les réinventant pour mieux se les approprier.
Des maquis, on connaît la légende. Celle de ces jeunes hommes qui, à partir de 1942, choisissent la clandestinité pour combattre l'occupant. Celle des batailles des Glières ou du Vercors. Celle des résistants qui libérèrent des villes entières, avant même l'arrivée des armées alliées. Hors de ces images d'Epinal, pourtant, les maquisards restent des inconnus. De quel milieu venaient-ils ? A quelles motivations obéissaient-ils ? Comment ont-ils été formés, comment se sont-ils comportés devant l'ennemi ? Comment ont-ils vécu ensemble, parfois pendant près de deux années, dans des conditions matérielles souvent très précaires ? De quels soutiens ont-ils pu bénéficier parmi les populations locales ? Ont-ils inconsidérément livré celles-ci aux représailles allemandes ? Les réponses ne sont pas univoques. Car, depuis la fin de l'année 1942, lorsqu'apparaissent les premiers camps, jusqu'aux combats de la Libération, l'expérience n'a pas été la même selon les périodes et les contextes, variant considérablement en fonction de la date de formation du maquis, des territoires concernés, du niveau d'encadrement des camps ou du type d'actions entreprises. Et à chaque fois, les réalités de terrain ont fait l'objet de tous les fantasmes, dans l'incessante guerre psychologique qui opposait Londres à Vichy... La première grande synthèse sur l'histoire des maquisards à l'échelle de toute la France, à partir de recherches menées pendant plus de dix années dans de nombreux fonds d'archives, nationaux ou départementaux, et des témoignages des derniers survivants.
Crises cycliques d'ampleur mondiale, explosion des inégalités, déclin de la croissance, hausse du chômage... Nos sociétés semblent soumises, impuissantes, aux aléas de dictats économiques. Serions-nous donc sans armes pour anticiper ces changements ? Depuis Platon jusqu'à Keynes, en passant par Marx et saint Thomas d'Aquin, théoriciens et penseurs se sont pourtant efforcés de comprendre et d'organiser la production des richesses et leur répartition entre les hommes. Et leurs points de vue, comme leurs recommandations, ont évolué avec les techniques et les systèmes marchands. Il se pourrait cependant que leurs héritiers actuels, armés de formules algébriques complexes et les yeux rivés sur des colossales masses de données, aient gravement sous-estimé un facteur devenu fondamental depuis le xXIXe siècle : les changements démographiques. Car s'il est évident que la démultiplication de la population mondiale a entraîné avec elle la croissance de l'économie, comment ne pas imaginer que le ralentissement des naissances, couplé au vieillissement des peuples, ne déclenche la fin de ce processus ? C'est ce que l'on observe de manière troublante lors de la crise de 1929 aux Etats-Unis et dans l'Europe d'aujourd'hui, où une stagnation durable semble propice aux conséquences politiques les plus inquiétantes. Une saisissante histoire des idées, et une lecture novatrice des dangers auxquels nous sommes confrontés.
Accueillant avec optimisme la mobilisation d'août 1914, des nobles de tout âge s'engagent sous les drapeaux, en particulier dans la cavalerie, l'infanterie et l'aviation. Dès les premiers mois du conflit, un immense décalage se fait jour entre leurs idéaux guerriers, hérités d'une prestigieuse tradition militaire, et la réalité brutale de combats où les avancées technologiques, l'attente et l'inaction cristallisent la hantise d'une mort sans gloire. Issues d'un monde où l'exploit individuel, le sacrifice et le dépassement de soi sont particulièrement valorisés, les noblesses françaises connaissent une désillusion amère et restent le plus souvent en marge de la camaraderie des tranchées. Au fil des années, toutefois, ces combattants de tous grades découvrent, entre incompréhension, condescendance et bienveillance, des compatriotes qu'ils connaissent mal. Cette expérience d'altérité, qui ébranle les hiérarchies d'avant-guerre, est d'autant plus déstabilisante qu'entre 1914 et 1916, ce sont près d'un quart des 5 870 aristocrates mobilisés qui perdent la vie : une hécatombe, frappant une catégorie sociale déjà fragilisée. A travers les correspondances, récits et souvenirs de ces combattants, qui ont laissé d'innombrables archives et témoignages restés dans l'ombre jusqu'à aujourd'hui, ce livre est une contribution inédite à l'histoire sociale et culturelle de la Première Guerre mondiale.
Deux spécialistes mènent l'enquête sur la vraie biographie du roi Arthur, en s'appuyant sur toutes les sources arthuriennes connues. Arthur a-t-il existé ? Même si sa réalité historique fait débat, ce roi est avant tout une figure légendaire portée par une tradition littéraire ancienne. Après une introduction mettant au clair l'état des diverses sources concernant Arthur et faisant rapidement le point sur les études arthuriennes, les deux chercheurs développent chronologiquement les grandes étapes de la vie d'Arthur, en précisant les traditions divergentes. Outre la biographie d'Arthur (de sa naissance par l'entremise de Merlin à sa mort ou plutôt son départ pour Avalon), ils s'intéressent également à ses rapports avec Merlin, avec Guenièvre, au Graal.
II existe un autre Moyen Age, loin des châteaux et des monastères, c'est celui de la marge, celui des exclus, brigands et autres marginaux. La société médiévale n'est pas seulement partagée entre le clergé, les nobles et les paysans. Des pans entiers de la population sont exclus de la communauté souhaitée par l'Eglise et les autorités civiles. Cet ouvrage a pour but d'approcher ces laissés-pour-compte de l'Histoire, méconnus et diffamés qui n'apparaissent la plupart du temps que dans les documents ou les images provenant des cercles du pouvoir et de la répression. Trois grands critères posent les fondements de l'exclusion : les difformités corporelles, l'errance et la mauvaise réputation. Le premier naît de la peur à l'égard des corps déformés par la maladie ou la folie, ainsi que la suspicion envers des sexualités non conformes. Le deuxième est celui de la méfiance envers l'étranger. Le troisième, la réputation, offre un spectre plus large autour des notions d'infamie, d'impureté et de comportements moralement condamnables. Tous aboutissent à la mise en place d'un processus répressif en trois phases : stigmatisation, ségrégation et enfin exclusion.
Sophie Brouquet nous fait découvrir ce que fut l'invention du Moyen Age et de la Renaissance par les historiens romantiques du XIXe siècle et les motivations politiques qui en étaient parfois à l'origine. Elle nous emmène revisiter certaines de nos croyances sur le Moyen Age : le roi Arthur a-t-il vraiment existé ? Quel est le symbole de l'affaire du vase de Soissons ? Quelle fut la véritable bataille de Roncevaux ? Les aventures de Ragnar Lodbrok : les Vikings furent-ils une calamité ? L'élection d'Hugues Capet fut-elle un hasard de l'histoire de France ? Les croisades furent-elles le fruit d'un Moyen Age fanatique ? Les serfs étaient-ils condamnés à travailler ? Elle nous raconte aussi les mythes de l'amour courtois, la réalité des Chevaliers et des tournois, la sexualité et la morale du monde médiéval, l'invention du moine paillard, les fantasmes sur les prisons, les cachots, les culs de basse-fosse, et la chasse aux sorcières...