Pour les siècles des siècles. La civilisation chrétienne de l'Occident médiéval
Voskoboynikov Oleg
VENDEMIAIRE
29,75 €
Epuisé
EAN :9782363582935
Réalisme de la statuaire, splendeur des vitraux, relief de l'ivoire, éclat des enluminures, jeu de la lumière et des formes... Durant les dix siècles qu'a duré le Moyen Age, les hommes n'ont eu de cesse de dire et de célébrer le monde, sous toutes ses formes : le monde sensible, et l'autre, celui de l'au-delà, des anges et des démons, de la toute-puissance de Dieu, celui des miracles et des cataclysmes, du jugement et du Salut. De cette extrême tension entre l'ici-bas et son double céleste, qui est l'essence du christianisme, ont surgi des oeuvres foisonnantes, multiformes, en perpétuelle évolution, inventant leurs propres codes et aussitôt les dépassant - une véritable poétique de la création, un art nouveau, qui nous dit à sa manière, aussi bien que tous les chants d'amour courtois et tous les traités de théologie, ce qui fut l'âme de ce temps : s'il existe un homme médiéval, notre seul moyen de le connaître est de nous attacher à ce qu'il a produit, à ce qu'il admirait, à ce qui faisait le décor quotidien de son existence. Entre mépris et amour des créatures, tentation de l'ascèse et fascination de la chair, hantise de l'Apocalypse et nostalgie du jardin d'Eden, c'est à cette éblouissante traversée du temps et de l'espace que nous invite Oleg Voskoboynikov : un parcours de mille ans, l'été du Moyen Age.
Accueillant avec optimisme la mobilisation d'août 1914, des nobles de tout âge s'engagent sous les drapeaux, en particulier dans la cavalerie, l'infanterie et l'aviation. Dès les premiers mois du conflit, un immense décalage se fait jour entre leurs idéaux guerriers, hérités d'une prestigieuse tradition militaire, et la réalité brutale de combats où les avancées technologiques, l'attente et l'inaction cristallisent la hantise d'une mort sans gloire. Issues d'un monde où l'exploit individuel, le sacrifice et le dépassement de soi sont particulièrement valorisés, les noblesses françaises connaissent une désillusion amère et restent le plus souvent en marge de la camaraderie des tranchées. Au fil des années, toutefois, ces combattants de tous grades découvrent, entre incompréhension, condescendance et bienveillance, des compatriotes qu'ils connaissent mal. Cette expérience d'altérité, qui ébranle les hiérarchies d'avant-guerre, est d'autant plus déstabilisante qu'entre 1914 et 1916, ce sont près d'un quart des 5 870 aristocrates mobilisés qui perdent la vie : une hécatombe, frappant une catégorie sociale déjà fragilisée. A travers les correspondances, récits et souvenirs de ces combattants, qui ont laissé d'innombrables archives et témoignages restés dans l'ombre jusqu'à aujourd'hui, ce livre est une contribution inédite à l'histoire sociale et culturelle de la Première Guerre mondiale.
Dès les premiers mois de la Libération, sur l'ensemble du territoire français, plusieurs dizaines de milliers de personnes soupçonnées de collusion avec l'occupant sont arrêtées puis incarcérées dans les camps d'internement. Dans la région de Marseille vont se côtoyer de véritables collaborateurs, de simples suspects, des civils italiens et allemands, une poignée de prisonniers de guerre, mais aussi des femmes et des enfants en bas âge. Les directeurs de ces établissements sont confrontés chaque jour à des prisons surpeuplées, où les conditions d'hygiène sont déplorables, risquant à tout instant de propager des épidémies de rougeole ou de fièvre typhoïde, tandis que les denrées alimentaires et le matériel de base manquent cruellement. Comment, en effet, financer ces lieux ouverts à la hâte, comment recruter et rémunérer le personnel, comment assurer la surveillance et la protection des internés ? Soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en exploitant des archives jusque-là inédites, un historien consacre pour la première fois un livre au parcours de ces internés et nous fait découvrir la gestion quotidienne de l'épuration officielle.
C'est l'époque où la duchesse de Berry invente les bains de mer, Charles Bourseul le téléphone, Aristide Boucicaut les grands magasins, où les premières lignes de chemin de fer relient la gare Saint-Lazare à Saint-Germain, celles du métro la Porte Maillot à Vincennes, où un jeune ingénieur esquisse la silhouette de la tour Eiffel, où le baron Haussmann métamorphose Paris, où l'avenue de l'Opéra s'illumine à l'électricité. L'époque où Alice Guy tourne le premier court-métrage de fiction, où Paul Durand-Ruel expose les impressionnistes, où la comtesse de Ségur publie ses récits pour enfants, où le couturier Worth habille la duchesse de Guermantes. Celle, aussi, du premier krach boursier, des méfaits du chômage, des grèves réprimées dans le sang et de la rédaction du Capital... Un siècle entier, le XIXe, où l'on crut, avant la catastrophe de 1914, que le progrès n'avait pas de limites, qu'il assurerait le bien-être des hommes, que le monde serait toujours meilleur. Un siècle d'effervescence et de magie, fondateur de notre modernité. A travers une série en trente épisodes retraçant le surgissement de ces avancées révolutionnaires, qui ont dessiné l'univers dans lequel nous vivons, sont mises en scène autant d'histoires vécues qui font écho à nos joies et à nos peurs d'aujourd'hui.
Personnage de jeu vidéo, motif de pyjama, créature de Harry Potter ou support de "tutos beauté" : la licorne, icône de la pop culture, est aujourd'hui partout. Mais si on l'associe volontiers au Moyen Age tardif, et en particulier à la spectaculaire autant qu'énigmatique tenture La Dame à la licorne du musée de Cluny, sait-on que cet animal mythique trouve ses origines dans l'Antiquité grecque et l'Ancien Testament ? Qu'elle a oscillé dans la littérature médiévale entre les genres mâle et femelle, devenant tour à tour bête féroce capable d'éventrer l'éléphant et symbole de pureté virginale ? Et qu'en tant qu'exemple canonique d'objet dont il faut déterminer ou non s'il existe - ou s'il est possible qu'il existe et ce que cela signifie -, elle a passionné les philosophes, de Duns Scot à Bertrand Russell en passant par Kant et Leibniz ? Saisissant cette figure sans cesse réinventée dans toutes ses dimensions, un collectif de philosophes et de spécialistes d'histoire de l'art et de littérature lève le voile sur les mystères de cet animal-totem devenu l'incarnation de la nostalgie de l'innocence et de l'insatiable besoin de réenchantement de notre monde contemporain.
Deux spécialistes mènent l'enquête sur la vraie biographie du roi Arthur, en s'appuyant sur toutes les sources arthuriennes connues. Arthur a-t-il existé ? Même si sa réalité historique fait débat, ce roi est avant tout une figure légendaire portée par une tradition littéraire ancienne. Après une introduction mettant au clair l'état des diverses sources concernant Arthur et faisant rapidement le point sur les études arthuriennes, les deux chercheurs développent chronologiquement les grandes étapes de la vie d'Arthur, en précisant les traditions divergentes. Outre la biographie d'Arthur (de sa naissance par l'entremise de Merlin à sa mort ou plutôt son départ pour Avalon), ils s'intéressent également à ses rapports avec Merlin, avec Guenièvre, au Graal.
II existe un autre Moyen Age, loin des châteaux et des monastères, c'est celui de la marge, celui des exclus, brigands et autres marginaux. La société médiévale n'est pas seulement partagée entre le clergé, les nobles et les paysans. Des pans entiers de la population sont exclus de la communauté souhaitée par l'Eglise et les autorités civiles. Cet ouvrage a pour but d'approcher ces laissés-pour-compte de l'Histoire, méconnus et diffamés qui n'apparaissent la plupart du temps que dans les documents ou les images provenant des cercles du pouvoir et de la répression. Trois grands critères posent les fondements de l'exclusion : les difformités corporelles, l'errance et la mauvaise réputation. Le premier naît de la peur à l'égard des corps déformés par la maladie ou la folie, ainsi que la suspicion envers des sexualités non conformes. Le deuxième est celui de la méfiance envers l'étranger. Le troisième, la réputation, offre un spectre plus large autour des notions d'infamie, d'impureté et de comportements moralement condamnables. Tous aboutissent à la mise en place d'un processus répressif en trois phases : stigmatisation, ségrégation et enfin exclusion.
Sophie Brouquet nous fait découvrir ce que fut l'invention du Moyen Age et de la Renaissance par les historiens romantiques du XIXe siècle et les motivations politiques qui en étaient parfois à l'origine. Elle nous emmène revisiter certaines de nos croyances sur le Moyen Age : le roi Arthur a-t-il vraiment existé ? Quel est le symbole de l'affaire du vase de Soissons ? Quelle fut la véritable bataille de Roncevaux ? Les aventures de Ragnar Lodbrok : les Vikings furent-ils une calamité ? L'élection d'Hugues Capet fut-elle un hasard de l'histoire de France ? Les croisades furent-elles le fruit d'un Moyen Age fanatique ? Les serfs étaient-ils condamnés à travailler ? Elle nous raconte aussi les mythes de l'amour courtois, la réalité des Chevaliers et des tournois, la sexualité et la morale du monde médiéval, l'invention du moine paillard, les fantasmes sur les prisons, les cachots, les culs de basse-fosse, et la chasse aux sorcières...