Les auteurs de ces textes sont des élèves des classes de CE2 à la quatrième. Les enfants, confus, apeurés, naïfs et sincères, témoignent sur les premiers jours de guerre en 1992. Ils ont vécu la destruction de leur village, de leur communauté, de leur famille, et leurs témoignages prennent une valeur universelle : devant le lecteur se déroule le drame d'un peuple, les Bosniaques, son génocide, son exode. L'espace géographique des observations des enfants est réduit (ce sont les endroits où ils sont nés). Et le moment auquel ils s'attachent est court, limité à quelques jours. Le drame est condensé ; le lecteur en ressort d'autant plus impressionné. Enisa Jusic, professeur.
Nombre de pages
145
Date de parution
03/05/2000
Poids
220g
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EAN
9782738466990
Titre
L'enfance blessée. Journaux, récits et poèmes d'enfants de deux villages de Bosnie
Il lui suffit de regarder Vassilissa, d'écouter sa voix grave, de sentir son odeur de blé mûr pour être plus ivre encore que ses camarades. Et puis, maintenant, il sait que la séparation est proche. Le matin même, il a reçu sa feuille de route... "Face aux montagnes afghanes couvrant l'horizon de leurs pics violets, dans la poussière fine, on faisait la guerre. Une sale guerre dont on ignorait tout au pays. Sergueï comprit alors qu'il était dans un autre monde. Quitter sa fiancée et son village pour deux longues années dans l'armée soviétique, cela avait été dur: en ces temps " héroïques ", chaque garçon se devait d'y croire. Se retrouver à dix-huit ans dans un bataillon disciplinaire commandé par un adjudant sadique, à des milliers de kilomètres, sans comprendre les souffrances qu'on endure, les crimes que l'on vous fait commettre, cela peut rendre fou... Le voyage de Sergueï, initiation douloureuse, lui fera découvrir la mort, le désespoir, mais aussi la tendresse, l'amitié. Et, lorsqu'il rentrera, c'est un homme sans illusions qui regardera son pays et le difficile avenir qui l'attend. Ce roman vrai d'une génération perdue résonne des accords passionnés de Vissotsky, le héros de Vladimir ou le vol arrêté. De sa voix fervente, Marina Vlady l'accompagne et dénonce les désastres de la guerre pour chanter cette terre russe " éternellement féconde ".