Si Renée Vivien est surtout connue, sous ce nom français - elle qui est anglaise, mais écrit en français - pour l'inspiration qu'elle trouve dans les ?uvres poétiques de la Grèce antique (essentiellement Sapho), Netsuké, paru fin 1904, montre qu'elle a aussi puisé sa matière dans l'Orient si prisé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, pour écrire en prose des contes et nouvelles. Tout ce qui flatte son sens de la beauté, de l'idéal et du spleen, l'inspire : elle donne ici une correspondance littéraire des netsukés, miniatures japonaises ciselées que l'on suspendait à la ceinture des kimonos, en adaptant ou créant, à partir de sa propre bibliothèque ou d'ailleurs, des contes qui, parfois sous une apparence enfantine, s'adressent à des lecteurs adultes. Le public curieux découvrira la façon personnelle dont Vivien répond au goût de l'époque pour l'Extrême-Orient (cf Loti par exemple) et pour les contes fantastiques ou féeriques. Elle fait même totalement sien ce goût, en parvenant à insérer dans son recueil ses préférences saphiques, qui l'ont rendue célèbre jusqu'à nos jours. Les princes charmants, ou plutôt les samouraïs charmants, chez elle peuvent tout simplement être des princesses ! Un siècle plus tard, cette autre facette de Vivien, auteure nouvelliste, dans une prose d'une remarquable simplicité, méritait d'être à nouveau offerte au public, avec une préface de la spécialiste Melanie Hawthorne, professeure d'université américaine.
Nombre de pages
191
Date de parution
01/05/2014
Poids
229g
Plus d'informations
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EAN
9782918444213
Titre
Netsuké
Auteur
Vivien Renée ; Hawthorne Melanie ; Lacroix Pierre
Editeur
EROSONYX
Largeur
0
Poids
229
Date de parution
20140501
Nombre de pages
191,00 €
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Il s'agit de cette femme, ou plutôt de cette jeune fille, enfin de cette Anglaise dont le curieux visage m'a plu pendant une heure. C'était un être bizarre. Lorsque je m'approchai d'elle pour la première fois, une grande bête dormait dans les plis traînants de sa jupe. La grande bête, dressant le museau, grogna de manière sinistre, au moment même où j'abordai l'intéressante inconnue. Malgré moi, je reculai d'un pas." Connue en littérature sous le nom de Renée Vivien, Pauline Tarn (1877-1909) est née en Angleterre de père anglais et de mère américaine. Définitivement installée à Paris à sa majorité, elle devait produire en français une oeuvre poétique originale, quelques romans et contes ainsi que des traductions de textes de Sapho et d'autres poétesses de l'Antiquité grecque. En 1904, sous le titre La Dame à la louve, elle a publié un ensemble de nouvelles "fin de siècle", fantastiques et cruelles, où le rôle des hommes et des femmes est brutalement remis en cause.
Pour la première fois en format poche, les 2 premiers recueils de poèmes de Renée Vivien(1877-1909) et sa traduction des fragments de Sapho, avec sa propre re-création poétique de ces fragments.
C'est avec Sapho, paru en 1903, que Pauline Mary Tarn, jusqu'alors auteur de trois recueils de poèmes signés du pseudonyme ambigu R Vivien, s'identifie comme femme sous le nom de Renée Vivien. Femme poète, elle entreprend de traduire l'ancêtre de Mytilène qu'elle appelle Psappha, et s'inspire des fragments conservés de son oeuvre pour écrire ses propres compositions. helléniste, elle est la seconde femme française, après Madame Dacier au début du XVIII° siècle, à en donner une traduction. Poétesse saphique, elle revendique au grand jour le droit pour une femme d'aimer une autre femme sur le modèle de la Dixième Muse. Elle fait sien ce vers qui exprime le mépris de la Mytilénienne pour le mariage: "Insensée, ne te glorifie pas d'un anneau", comme ceux-ci, qui glorifient l'amour "j'aime la délicatesse, et pour moi la splendeur et la beauté du soleil, c'est l'amour." Pour la première fois, une femme de lettres lesbienne ose se présenter non comme une "femme damnée", mais comme une artiste inspirée par un modèle antique libérateur. Au fragment de Sapho "Quelqu'un, je crois, se souviendra dans l'avenir de nous", font écho les vers de Renée Vivien: "Dans les lendemains que le sort file et tresse, Les êtres futurs ne nous oubliront pas... Nous ne craignont point, Atthis, ô ma Maîtresse! L'ombre du trépas. Un an plus tard, elle poursuit le même chemin en publiant fragments et traduction de poétesses antiques oubliées, dont elle nourrit à nouveau ses propres créations dans son recueil Les Kitharèdes (ErosOnyx Éditions, 2008)."
Nérinckx Frédéric ; Bounet Véro ; A Camille ; Ford
L'érotisme porte au rêve, au désir d'évasion. Les puritains d'Angleterre et d'Amérique prétendaient s'attaquer au "vice" mais le "désir" dans son essence était visé. C'était Eros en personne, le bel Eros que l'on prétendait humilier et détruire. Lui que les Grecs célébraient autrefois en dressant, à Délos, de formidables sexes de marbre braqués sur l'infini. Et si aujourd'hui cela nous gêne, ce n'est pas en raison de la verdeur du symbole mais de deux mille ans d'anti-érotisme chrétien. Il nous reste à libérer le désir, l'imaginaire et le sens du beau... Du pain sur la planche pour le XXIe siècle. Maurice Girodias, Une journée sur la terre, 1990.