Dans l'escalier je recroise Lolita Pille qui croise un garçon très très connu dont j'oublie le nom et comme j'arrive à leur hauteur, elle nous présente avec une formule du type"vous vous connaissez certainement?"Non, justement. Ici, il faut que vous compreniez la nature du duel snob. Le duel snob dure un millième de seconde. Pendant ce millième de seconde, deux êtres se regardent. Le premier des deux qui arrive à signifier à l'autre qu'il n'en a rien à cirer de l'autre a gagné. Souvent, il est difficile de décider qui a gagné, tellement ça va vite. Comme à l'escrime, on a besoin d'un arbitre pour savoir qui a touché le premier. Dans le cas d'espèce, il faudrait demander à Lolita Pille lequel des deux a gagné, mais je crois qu'elle était distraite par son portable au moment du choc. Je pense que c'est le type très très connu qui a gagné, car il n'en a structurellement rien à cirer de rien puisqu'il est très très connu. Le type très très connu tire en rafale son absence de cirage d'autrui, à la vitesse de mille"rien à cirer"par seconde. Faisons une pause théorie: le snob dominant est celui dont la vitesse initiale de manifestation extérieure d'absence de cirage d'autrui est la plus grande. Le garçon très très connu descend l'escalier et moi je le monte, nous nous croisons comme deux sous-marins nucléaires ennemis pendant la guerre froide. Deux débiles hostiles bourrés de haute technologie. Je surpaie mon vestiaire car un chroniqueur mondain chrétien doit témoigner de l'Évangile dans les couloirs de boîte, je claque un high five au barman mais il me snobe donc je balaie l'espace de ma main tendue, j'embrasse quelqu'un qui n'a même pas l'air étonné, j'embrasse les videurs de ne pas m'avoir vidé et je suis dans la rue".
Nombre de pages
205
Date de parution
05/01/2012
Poids
238g
Largeur
126mm
Plus d'informations
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EAN
9782363710215
Titre
Mémoires d'un snobé
Auteur
Viry Marin de
Editeur
PG DE ROUX
Largeur
126
Poids
238
Date de parution
20120105
Nombre de pages
205,00 €
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Le gros de notre travail sera consacré aux étoiles finissantes de la galaxie Gutenberg. Elles luisent encore, mais faiblement. Le Nouvel Obs est enfermé du mauvais côté de la clôture des temps idéologiques. C'est un Narcisse qui se noie dans le rétroviseur. L'Express est saisi d'une improbable volonté de faire évoluer l'espèce du journal hebdomadaire vers le périlleux règne télévisuel, au climat plus chaud que le règne de l'écrit qu'il abandonne sciemment. Le Point s'est retiré à Port-Royal, d'où Claude Imbert et Jean-François Revel semblent écrire plus pour leur salut que pour leurs contemporains (il est vrai qu'ils conservent en Bernard-Henri Lévy un correspondant mondain). Le Figaro Magazine s'est déjà transformé en supermarché animé par des hôtesses en maillots de bain, où la fonction journalistique est réduite à la portion congrue. L'Evénement du Jeudi est un surgeon de la décadence, le songe délirant de toute une profession agonisante, un piment dans le bouillon, un massage cardiaque pour un secteur sinistré, mais la vie n'en déserte pas moins ses aphorismes tonitruants. Le Canard enchaîné attend en un sommeil de princesse d'être réveillé par un nouveau de Gaulle, qui lui permettra de mobiliser son talent pamphlétaire en friche. . ". Marin de Viry.
Résumé : Marius, aristocrate aussi désenchanté que catholique, travaille pour un fleuron international du "développement durable". Le PDG de l'entreprise, en bon cynique, le met en concurrence avec Priscilla, une Anglaise aussi ambitieuse que féministe. L'enjeu ? Le poste de directeur général. La guerre programmée aura-t-elle lieu ? Avec la complicité de Sean, haut dirigeant lassé du capitalisme, Marius et Priscilla font un pacte et orchestrent une stratégie pour saboter les plans de leur direction. Dans cette lutte, il n'est pas impossible que l'amour soit l'ultime "chant" de l'odyssée de ces personnages en rupture.
Une fois installé dans l'ère du simulacre, le "sympa" allait lui-même dégénérer en "cool". Dans l'ère du cool, où nous sommes et que mon père redoutait, il s'agit juste d'avoir aimablement l'air de ne s'occuper que de soi. Est "cool" celui qui n'a plus de lien, qui s'en porte bien, et qui le montre." It's good to have a king. Ou-la-la... Tel s'énoncerait, en termes "sympa", le message subliminal qu'un lazy French aristocrat comme Marin de Viry pourrait déposer sur Facebook ou Twitter pour rallier les quelques fidèles à la cause qui s'ignorent et se cherchent encore. Dans l'enfer de la vie politique qui a succombé aux assauts de la com' toute-puissante, là où l'image prime sur le fond, Marin de Viry nous tend le seul miroir que plus personne ne regarde : le spectaculum mundi d'une déchéance morale, intellectuelle et spirituelle qui met à nu les rouages de la République désormais livrée à l'impuissance, faute d'assise symbolique et de transcendance. Avec son humour clair et vif de vrai gentilhomme, à l'aise dans tous les milieux, Marin de Viry nous rappelle que le roi n'est pas mort, qu'il a toujours été là, lui le "portier de l'invisible", chargé de garantir ce souverain et si précieux rapport entre notre condition humaine et le mystère de l'au-delà... que pour vivre pleinement nous ne devrions jamais ignorer.
L'inconnu continuait à me fixer. Qu'est-ce qu'il voulait, à la fin ? M'accueillir dans sa propre solitude ? Pas question. Même si la mienne était insupportable. Une engelure tenace. J'ai voulu me protéger à ma façon, et d'une voix narquoise : - A votre avis, quand le type en trench est entré et qu'il a glissé deux mots à l'oreille de l'autre, qu'est-ce qu'il lui a dit ? II est resté impassible, l'air de ne pas comprendre. Ou de s'en foutre éperdument. Peut-être avait-il dormi pendant le film ? - Si on allait prendre un verre ? J'ai secoué la tête énergiquement. Et avec forfanterie, voire provocation : - Non, merci. Je ne bois pas. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. De toute façon, j'attends quelqu'un. - Vous attendez quelqu'un ? a-t-il dit sur un ton de perplexité moqueuse." Michel Lambert nous fait pénétrer à nouveau dans l'univers chancelant des couples ou des compagnons de route improbables, des secrets douloureux à retardement, des derniers pas que promènent, au fil d'un poignant chant du cygne, ceux qui ne pourront plus jamais se retrouver comme avant, dans l'illusion ou le fantasme, soudain surpris par l'éternel lendemain et sa lumière trop forte et trop blanche.
La vogue actuelle de l'écologie (et de l'écologisme) s'explique par deux facteurs essentiels : l'aggravation des pollutions de toutes sortes, qui saccagent les paysages, détruisent les écosystèmes, infectent les nappes phréatiques et menacent les océans ; et l'épuisement programmé des réserves naturelles, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne sont ni inépuisables ni gratuites, à un moment où plus des trois-quarts de nos ressources énergétiques sont encore des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon, uranium). S'y ajoutent les débats sur le réchauffement climatique, le traitement des déchets industriels et nucléaires, les perturbateurs endocriniens, les menaces sur l'alimentation, etc. De nombreux auteurs se sont déjà attachés à étudier ces problèmes. Mais peu l'ont fait au point de prendre fermement position en faveur de la décroissance. Le constat de base que font les "décroissants" est celui-ci : une croissance matérielle infinie est impossible dans un espace fini (comme l'est notre planète). Sans pour autant vouloir arrêter l'histoire ni retourner en arrière, vient un moment où il est nécessaire comprendre que "plus" ne veut pas automatiquement dire "mieux" et qu'il est parfois nécessaire de dire : "C'est assez !" Alain de Benoist, à qui l'on doit déjà de nombreux essais d'histoire des idées et de philosophie politique, explique dans ce nouveau livre pourquoi le " développement durable " est voué à l'échec : en prétendant concilier croissance et écologie, il revient, dans le meilleur des cas, à réduire la vitesse sans pour autant changer de cap dans la mauvaise direction. La notion même de croissance, issue de la modernité occidentale, est ici déconstruite à partir d'une critique radicale, qui s'appuie notamment sur les notions d'"empreinte écologique" et d'"effet-rebond". L'ouvrage contient également plusieurs textes sur le sens profond de le pensée écologiste, ainsi que sur l'idée de "valeur intrinsèque de la nature". L'auteur plaide, en conclusion, pour restituer un rapport de co-appartenance à la nature rompant avec l'idée d'un monde transformé en simple objet du vouloir humain : "Le monde naturel n'est pas un simple décor de nos existences, c'est l'une des conditions systémiques de la vie".
Roland Jaccard raffole des cinéphiles, l'étant lui-même jusqu'au bout des ongles. Le problème est qu'il aime encore plus John Wayne, l'homme à abattre, jugé coupable de nombreux crimes par les petits censeurs de la bien-pensance anti-Trump. Réac, raciste, génocidaire... on ne compte plus les coups bas que dirige en permanence la charge de la grosse cavalerie idéologique contre le dernier des géants. Heureusement Roland Jaccard dégaine plus vite qu'eux et ne rate jamais sa cible. Et c'est une belle leçon de western - transposé à notre époque démissionnaire - qu'il va leur donner : celle qui sonne tôt ou tard le cinglant retour à la réalité et au savoir-vivre. On retrouvera ici toute l'insolence et l'acuité inimitables de Roland Jaccard.
Dire qu'elle a traversé tous les régimes politiques de la Ve République et donne une image de la "femme française" serait un cliché journalistique ; certes, nous sommes, elle et moi, des corps français qui donnent de la voix, ou qui donnent voix, elle avec sa voix propre, moi dans le propre de cette voix qu'est l'écriture, mais la France dans laquelle nous vivons est fantômatique. Contrairernen t d Depardieu, Huppert n'a pas de corps"politique" : là encore, elle ne dit rien, ne parle pas, se contente de montrer en quoi un corps, un visage, une voix sont un paysage universel dans sa francité fantasmée ou regrettée." Cette superbe méditation sur Huppert, troublante et intemporelle, dessillera plus d'un regard...