C'est une époque, un style, une histoire. Les années 1980, le postmodernisme architectural, la Gauche au pouvoir. Les Grands Projets et Banlieues 89. Le Syndicat de l'architecture et un mouvement en faveur des Ateliers Publics d'Architecture et d'Urbanisme. Les uns en appelaient déjà à la raison, tandis que les autres exaltaient encore la révolution. Le Mai 81 des architectes aura balancé durant au moins deux années entre l'appel au projet et à la construction au sein d'un exercice libéral canonique, et l'attente inassouvie d'un grand chamboulement de la fabrique de la ville qu'auraient probablement suscité la généralisation d'ateliers publics municipaux rassemblant des architectes fonctionnaires. Faire grève contre les fonctions officielles aura été l'un des privilèges de ceux qui étaient jeunes en mai 68 ; 81 sonnera déjà la redistribution des cartes et des positions. Mais si 68 fut une période de remises en question, Mai 81 ne le fut pas moins. Et nous nous serions trompés à nous être laissés aller à penser que les débats et polémiques de l'époque se seraient éteints pour de bon. Comme un symptôme, tous les lauréats français d'un grand projet mitterrandien se sont trouvés engagés d'une manière ou d'une autre en 2008 dans le Grand Paris de Nicolas Sarkozy. Ce nouvel essai s'inscrit dans le prolongement des Architectes et Mai 68 paru il y a six ans. Il cherche à réactiver et revisiter Mai 81 pour clore peut-être cet entre-deux-Mai qui nous aura tous intensément marqués et aura si profondément redessiné les contours de notre quotidien.
Nombre de pages
424
Date de parution
21/02/2011
Poids
540g
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782862220703
Titre
Les architectes et Mai 81
Auteur
Violeau Jean-Louis
Editeur
RECHERCHES
Largeur
0
Poids
540
Date de parution
20110221
Nombre de pages
424,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Dehan Philippe ; Violeau Jean-Louis ; Farret Pierr
Praticien, enseignant à l'école des Beaux-arts, théoricien, co-concepteur de la première ville nouvelle française à Mourenx, René-André Coulon a bâti une oeuvre marquante du paysage des trente glorieuses. Sa carrière commence par la participation à l'exposition internationale de Paris 1937 où il concourt à l'édification de sept pavillons dont celui de Saint-Gobain, énorme cube de verre qui décline le matériau sous toutes ses formes, jusque dans le mobilier. Après guerre, il entame une collaboration avec l'industrie qui se concrétise en une série de laboratoires liés à l'énergie (EDF, Charbonnage de France, Esso, CEA de Cadarache...), aux matériaux (verre, acier...), à l'électronique (Thomson-Houston), avant d'appliquer ces compétences à quatre universités scientifiques, Bordeaux-Talence, Orsay, Jussieu, Mont-Saint-Aignan, au campus de l'HEC, et à de nombreux ensembles de bureaux comme ceux de Merlin-Gérin, de Kuhlmann ou aux sièges sociaux de la Caisse des Dépôts et Consignations, d'EDF et de la BIRD. Fondateur d'une des plus grosses agences d'architecture française, il prend part à nombre des projets majeurs du XXe siècle : l'axe de la Défense, Maine-Montparnasse, le grand hôtel d'Orsay ou "Luxembourg Capitale Européenne ce. Architecte en chef de la Caisse des Dépôts il réalise des équipements et plusieurs importantes opérations de logements dont le quartier pilote de Neuilly-Bagatelle. Ses réalisations démontrent en permanence la recherche d'innovations techniques et fonctionnelles et une passion pour la construction comme en témoigne la bonne tenue de ses bâtiments plus de soixante ans après leur livraison.
L'utopie ou le problème fondamental du "comment vivre avec les autres". Il fallait l'audace de Jean-Louis Violeau pour remonter le temps et passer au scalpel, les mythes littéraires fondateurs, les grands courants de pensée, les tentatives réelles ou rêvées de nouvelles organisations sociales, les expériences architecturales, afin de mettre à jour ce qu'ils révèlent de leur conception profonde de l'homme et de la vie en société. L'humour corrosif de Jean-Louis Violeau n'épargne rien ni personne. En 101 mots, une nouvelle lecture de l'histoire...
Sous le format accessible au plus large public de la collection des "101 mots à l'usage de tous", nous proposons une réflexion autour de la notion très ambiguë du droit d'auteur en architecture. La parenthèse et le pluriel choisis pour le titre indiquent que ce droit n'est pas fixé historiquement et encore moins juridiquement, qu'il est toujours à (re)créer sur chaque bâtiment et/ou situation urbaine. Surtout à l'heure où l'hégémonie libérale amplifie et creuse profondément les inégalités, dans cet univers comme dans tous les autres : d'un côté, des stars sans doute jamais autant sollicitées et protégées, de l'autre, un exercice commun de la profession toujours plus remis en question dans ses prérogatives et ses droits, en premier lieu par les logiques financières. Bref, ce droit d'auteur n'existe pas en tant que tel et il faut sans répit le faire vivre et le construire (autant que le faire respecter).
Le Campus des métiers relève de la pensée seule, rien ne lui préexistait à cet endroit, mais sa géométrie a su composer avec les contraintes physiques et avec le grand paysage. Le terrain n'y a pas été arasé et c'est le site qui a configuré l'ensemble bâti par l'agence GPAA. Sans détruire, construire l'avenir de générations, c'est l'ambition de ce projet.
Au-delà de la valeur littéraire d'une écriture, dont l'influence souterraine sur la littérature contemporaine est de plus en plus reconnue, au-delà de l'effort d'élucidation critique des essais, l'oeuvre de Maurice Blanchot, depuis Thomas l'obscur jusqu'à Discours sur la patience, ouvre une série de questions que notre époque se pose encore sous une forme confuse. Le parti pris de Blanchot pour la littérature a eu pour conséquence, voulue ou non, de constituer un dehors de l'oeuvre littéraire où, étroitement dépendant de l'écriture, s'édifiait un autre monde pour les hommes. Cet autre monde, dont nous parvient la rumeur prolixe et sourde, fût-il le produit d'une passion pour l'écriture, appartient à tous, à la communauté anonyme, mais à ce point piégé dans un rapport au langage et aux exigences dialectiques et sociales, qu'il est réduit au silence, et cela presque politiquement. C'est de ce monde recouvert que l'oeuvre de Blanchot se fait l'écho. Le dehors, le neutre, l'incessant, l'immédiat, la dissolution du présent et du sujet, l'absence de livre, ces termes n'appartiennent pas seulement à l'espace littéraire, ils commencent aussi à dessiner le monde à venir. Mais peut-être est-ce à condition d'en parler comme " parle " la littérature, que ce monde viendra au jour. Ce monde exige de nous une adhésion agissante, dont la portée est politique, et s'exprimant sous le terme de non-pouvoir.
Pendant près de dix ans à Paris, un vieux juif a occupé le temps libre que lui laissait son métier de tailleur à écrire le livre de sa vie, le livre de sa traversée du siècle. Voilà un récit unique qui nous vient de ce qui sera peut-être la dernière génération des Juifs polonais nés en Pologne ; voilà l'évocation de cette longue marche du stalinisme qui mena bon nombre de ces Juifs des synagogues de Pologne aux camps de déportation soviétiques. Moshé, né à Zamosc en 1909, raconte cette histoire d'amour entre un peuple et la révolution. Il nous raconte la Pologne des Juifs et des militants, où depuis mille ans campent quelque trois millions de Juifs harcelés par des Polonais qui n'en finissent jamais de cuver leur antisémitisme. Alors, pour expurger le monde de ses injustices sociales et raciales, Moshé a choisi le communisme. Il est de ces hommes tutoyés par la victoire d'Octobre toute proche ; la génération des héros, des martyrs, des tchékistes aussi. Poursuivi pour ses activités politiques, Moshé fuit la Pologne en 1929, la veille de son procès. Réfugié en France, il travaille et milite dans la M.O.L. et dans le Secours rouge. En 1933, il gagne l'U.R.S.S., est arrêté en 1937. Il restera dix ans au goulag, mais il n'aura pas renié son passé militant.