Picasso, dit Zao Wou-Ki, m'avait appris à dessiner comme Picasso, mais Cézanne m'apprit à regarder la nature chinoise. J'avais admiré Modigliani, Renoir, Matisse. Mais c'est Cézanne qui m'aida à me trouver moi-même, à me retrouver peintre chinois." Parti de Shanghai le 26 février 1948, Zao Wou-Ki débarque à Marseille après trente-six jours de bateau. Le 1er Avril au matin il est à Paris, et l'après-midi même se rend au Musée du Louvre. Il s'installe dans le quartier de Montparnasse, non loin de l'atelier d'Alberto Giacometti. Dès son arrivée, il est saisi par la beauté de Paris et sa qualité d'accueil: "Jamais, reconnait-il, je n'ai ressenti pour une grande ville une telle soudaine affection. Vos camarades de travail deviennent instantanément des amis de toujours." Dominant de mieux en mieux le médium occidental tout en gardant dans l'emploi du pinceau la maîtrise chinoise, Zao Wou-Ki remplacera très vite les pinceaux ronds dont il usait jusqu'alors pour ses tracés délicats et sa fine pellicule chromatique par des pinceaux rectangulaires et plats aux flexions élargies sur une couche picturale plus épaisse et plus fluide. Aujourd'hui, tous les grands musées du monde exposent des tableaux de Zao Wou-Ki, peintre dont l??uvre forme une "passerelle" entre la culture de l'Orient et la nôtre.
Nombre de pages
384
Date de parution
04/12/2009
Poids
4 574g
Largeur
360mm
Plus d'informations
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EAN
9782081229372
Titre
Zao Wou-Ki. 1935-2008
Auteur
Villepin Dominique de ; Hendgen Yann
Editeur
FLAMMARION
Largeur
360
Poids
4574
Date de parution
20091204
Nombre de pages
384,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre porte une conviction simple : il est temps de se réveiller. De déchirer les voiles d'illusion qui recouvrent les réalités. De regarder le monde et la France tels qu'ils sont vraiment. De renoncer aux réflexes politiciens, aux assignations à résidence partisanes. Il est temps de retrouver la fierté de la France, de ce qu'elle signifie dans le monde, de ce qu'elle a accompli chez nous, offrant des chances, des horizons et des solidarités à ceux qui n'en avaient pas. [...] Tout commence par le pouvoir de dire non, donné à chacun devant ce qui porte atteinte à l'avenir de l'humanité et à la dignité de la République." D. V.
Cet Eloge s'imposa il y a bien longtemps. J'avais seize ans, et toi mon frère dix-huit, quand nous marchions dans les rues de New York à l'heure où le soleil couchant éclaboussait les tours. Tu scrutais le paysage, les visages blafards à six heures, la fumée qui jaillissait partout, luttant contre les ombres. Je compris que, hors de ce quotidien aveugle et sourd, il te fallait des mots, comme des ballons de couleur, pour toucher au c'ur. Des mots de ces fous, qui s'en sont allés quérir au fond du désespoir la lueur qui ouvre le chemin, la passion qui fait sauter les verrous de la langue. Des mois durant ils agrandirent la vie.Toi parti, il me restait ce devoir de l'aînesse: dire après la catastrophe, apprivoiser la parole pour les enfants de la peine. Oui, la poésie, pour vivre encore.Contre le naufrage de la mémoire, contre les forces vaines, choisissons le combat qui grandit. Et partageons les mots de Rimbaud, d'Artaud ou de Duprey, de tous ces voleurs de feu qui allumèrent les brasiers de l'âme, pour ne bâtir d'autre empire qu'à l'intérieur de soi.Tourne et craque la terre dans l'obscur mystère où se débattent voix et masques, victimes et bourreaux! Derrière l'urgence de chaque jour, je rêve d'une parole qui défriche, d'une parole qui sauve. Alors cet ouvrage, pour refuser la fatalité et le vertige, pour exorciser la peur qui crie au fond de nous!D. V.
Zao Wou-Ki, peintre des forces élémentaires et du surgissement de l'être, une vie d'homme passée à sonder et à scruter les formes et le sens en jetant à la rencontre l'un de l'autre l'Orient et l'Occident, chercheur d'absolu qui enferme dans la couleur les paysages de l'esprit, chaman des initiations et des métamorphoses." Dominique de Villepin. Cette monographie retrace l'oeuvre peint de Zao Wou-Ki, de ses oeuvres de jeunesse, dès 1935, à nos jours. Elle est enrichie de notices détaillées, d'une anthologie critique et d'une biographie illustrée de photographies personnelles.
J'ai souvent redouté le drame d'un pays aveuglé, marchant à tâtons ", écrit Dominique de Villepin, après sept années passées au sommet de l'État. Dans une fulgurante synthèse historique, de la monarchie à la récente cohabitation, il décrit la France comme le pays du pouvoir, un pouvoir paralysé, divisé, confronté aux angoisses des Français. Dénonçant avec une verve nourrie de son expérience " l'esprit de Cour " qui s'est répandu partout, Dominique de Villepin veut croire au sursaut collectif, au " passeur " comme à tous ceux qui voudront participer à la " révolution pacifique ". " À nous, écrit-il, d'établir un nouveau pacte, un nouveau contrat, bien au-delà de celui venu du fond des âges, conclu entre le peuple inquiet et le Léviathan. " Pour lui, comme pour Malraux, ce qui caractérise la civilisation d'aujourd'hui est, à l'évidence, son absence de décisions. Aussi pense-t-il enfin venue l'heure " décisive ", le " temps de l'action ". Ce texte bref, lyrique, d'un style éblouissant porte le débat à son plus haut.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.