Droiture et mélancolie. Sur les écrits de Marc Aurèle
Vesperini Pierre
VERDIER
15,00 €
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EAN :9782864328643
Marc Aurèle est aujourd'hui considéré comme un philosophe stoïcien à part entière, au même titre que Sénèque ou Epictète. Pierre Vesperini remet ici en cause cette "opinion commune" à partir d'un nouvel examen des écrits de l'auteur, notamment de passages souvent ignorés, croisés avec toutes les autres sources, exceptionnellement nombreuses, dont nous disposons à son propos. Conformément à une pratique courante dans l'Antiquité, Marc Aurèle utilise les "discours philosophiques" pour "rester droit", lorsque l'âme est ébranlée par les affects produits par le monde extérieur ou par le déséquilibre des humeurs, notamment de l'humeur mélancolique. Par ailleurs, l'auteur montre combien l'éthique ancienne est éloignée des conceptions de Pierre Hadot et de Michel Foucault. Le "soi" visé par les pratiques éthiques n'est pas un "soi" intérieur, mais un "soi" tout extérieur, entièrement soucieux du regard des autres, et de donner la plus belle image possible. La "droiture" ne consiste pas en l'adoption d'un "mode de vie" spécifique, mais au contraire en l'adoption d'un mode de vie le plus conforme possible aux attentes sociales, en fonction du statut de chacun. Enfin, l'éthique philosophique n'est jamais coupée du religieux, dans la mesure où "bien vivre", c'est "vivre avec les dieux".
Nombre de pages
186
Date de parution
18/03/2016
Poids
273g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782864328643
Titre
Droiture et mélancolie. Sur les écrits de Marc Aurèle
Auteur
Vesperini Pierre
Editeur
VERDIER
Largeur
142
Poids
273
Date de parution
20160318
Nombre de pages
186,00 €
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Depuis quelques années, nous voyons régulièrement les figures, les disciplines et les oeuvres les plus prestigieuses de la culture occidentale contestées et critiquées par de jeunes militants qui exigent leur exclusion de la culture commune. En un mot, leur effacement : cancel. Celle-ci ne serait, au fond, rien d'autre qu'un système de légitimation d'un ordre patriarcal, raciste et colonial. Face à ces accusations, beaucoup sont perplexes. Pourtant, il s'agit de l'un des débats les plus importants de notre temps. Que répondre à ceux qui accusent Churchill d'avoir eu une vision du monde "raciste" ? À ceux qui font valoir que Carmen s'achève sur un "féminicide" ? Tout cela est vrai. Mais faut-il pour autant déboulonner les statues du Premier ministre britannique ou récrire la fin de l'opéra de Bizet ...
De Lucrèce on croit tout savoir : un éclair, le De rerum natura, qui troua la nuit où sombrait la République romaine, entre guerres civiles et religions à mystères, portant la bonne nouvelle du rationalisme grec et de l'hédonisme épicurien. Puis l'oubli, au Moyen Age. Oubli délibéré de la part du christianisme triomphant, désireux d'étouffer toute dissidence. La redécouverte enfin, par les humanistes qui, en imposant l'oeuvre malgré tous les interdits, feront naître le monde moderne. Mais tout cela n'est que mythes. Mythe du poète hors des normes de son temps, mythe d'un Moyen Age obscur, mythe de l'humaniste éclairé parti seul sur les routes à la redécouverte d'un passé disparu. Pierre Vesperini plonge à même les sources, antiques, médiévales et modernes, et déjoue le filtre de l'historiographie dominante. Dénouant un à un les fils de l'histoire supposée des origines de notre modernité, il éclaire de manière fascinante l'apport de l'héritage antique à notre culture européenne.
Chacun croit savoir, pour l'avoir appris à l'école, ce qu'était la philosophie antique : la naissance de la Raison, avec la critique du mythe et de la religion ; l'invention de l'éthique, avec le " souci de soi " et les " exercices spirituels " ; et bien sûr une galerie de bustes blancs vénérables : Socrate, Platon, Aristote, etc. Pierre Vesperini propose de mettre en suspens ce " grand récit " , et d'aller directement aux sources, en leur posant une question simple : qu'appelait-on philosophia dans l'Antiquité ? Tout d'un coup, le musée laisse place à un territoire luxuriant de couleurs et d'histoires, où le familier retrouve son étrangeté, où l'inconnu fait son entrée. L'histoire ici, loin de s'opposer à la philosophie, la déplace. Car en proposant une reconstitution de l'expérience antique de la philosophia, du " temps des sages " à la christianisation, l'auteur invite aussi à prendre conscience de ce qui a été perdu, pour inventer d'autres façons de concevoir le savoir et la pensée.
Un extraordinaire paradoxe caractérise notre époque. D'une part, jamais la connaissance du passé n'a été aussi faible, aussi dévalorisée, y compris par les gouvernements : en témoignent le lieu commun selon lequel la connaissance du passé ne sert à rien dans une société moderne, le dégraissement progressif des programmes scolaires en histoire. Mais, d'autre part, jamais le passé n'a été autant investi symboliquement. Depuis une vingtaine d'années, cet investissement était surtout le fait des pouvoirs publics, sans oublier la vigilance extrême avec laquelle les régimes autoritaires, de la Chine à la Russie en passant par la Turquie ou la Hongrie, etc. , cherchent à contrôler la mémoire publique. Mais depuis quelques années, avec le phénomène de la cancel culture et du wokisme, cet investissement vient de la société elle-même. Le débat fait rage depuis lors, entre deux minorités : celle des militants qui veulent tout changer, celle des gens de pouvoir, naturellement conservateurs. Les polémiques fleurissent, les noms d'oiseaux aussi, à proportion de l'ignorance. Pierre Vesperini cherche à comprendre ce que signifie le mouvement de la cancel culture, les questions qu'il nous pose, et nous propose des solutions. Comme à son habitude, il travaille à partir de l'expérience historique concrète, et non de préjugés idéologiques ou d'abstractions théoriques. Le livre est donc constitué de trois enquêtes très précises, qui permettent d'aborder avec toute la clarté et la lucidité requise trois questions générales brûlantes aujourd'hui : - Celle de la mémoire historique, à propos des statues qu'on déboulonne ou des noms qu'on supprime des institutions, monuments, etc. - Celle de la culture esthétique (littérature, art, musique, etc.), à propos de la présence grandissante des trigger warnings ; - Celle de la place de l'Antiquité classique aujourd'hui, à propos de la fin de l'enseignement obligatoire du latin et du grec au département de Classics de Princeton.
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
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