Histoire du Maroc depuis l'indépendance. 5e édition
Vermeren Pierre
LA DECOUVERTE
11,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782707190659
Quatrième édition de cette indispensable synthèse sur le Maroc contemporain, mise à jour notamment en fonctionnement des développements des printemps arabes de 2011, qui ont placé la Monarchie au pied du mur : réformer à chaud pour sauver l'essentiel...Le 2 mars 1956, le Maroc recouvre son indépendance, après quarante-quatre années de protectorat. De 1956 à 1961, Mohammed V restaure la puissance de son trône, rendant possible le règne de son fi ls Hassan II (1961-1999), qui consolide l'intégrité territoriale du pays. En 1965, Ben Barka paye de sa vie son opposition au régime, mais l'instabilité persiste et culmine lors des coups d'État de 1971 et 1972. Hassan II reconstruit alors un pouvoir ébranlé par le consensus autour de la récupération du Sahara, mais au prix des " années de plomb ". Après 1991, le Maroc s'engage dans un processus d'ouverture à petits pas qui conduit à l'alternance de 1998.L'avènement de Mohammed VI en 1999 précipite une transition aux exigences contradictoires : dissocier monarchie et " années de plomb ", incorporer les islamistes au champ politique, améliorer la gouvernance tout en contenant la menace terroriste... Mais tout se précipite au rythme des événements de l'histoire : les attentats de 2003, qui relancent l'hypothèque autoritaire, puis les printemps arabes de 2011, qui placent la monarchie au pied du mur : réformer à chaud pour sauver l'essentiel.Table des matières : IntroductionA / De l'empire chérifien au royaume marocain (1912-1961)I. L'avènement d'un nouveau Maroc sous le protectoratL'invention du nationalisme marocainDu sultanat à la monarchieÉconomie coloniale et modernisation socialeUne solide bourgeoisie urbaineExil du sultan et naissance de l'ALMLe mauvais combat des caïdsLa négociation de l'indépendanceII. Mohamed V et l'Istiqlâl (1956-1961)L'état des forces à l'indépendanceL'Istiqlâl se comporte en parti unique...... Mais son action reste sous contrôleLa réduction des oppositions arméesLe gouvernement Abdallah IbrahimUne tentative de planification économiqueLa défaite de l'Istiquâl précède la mort de Mohamed VB / La Monarchie de Hassan II à l'épreuve (1961-1975)III. Constitution et montée des périls (1961-1975)Hassan II fait voter la Constitution" Le fellah marocain, défenseur du Trône "Vers l'ère des complotsLa guerre des sables (1963)L'armée, colonne vertébrale du régimeBen Barka à la man?uvreLa dégradation économique......Conduit à l'émeute (Casablanca, mars 1965)IV. État d'exception et effervescence politique (1965-1972)La disparition de Mehdi Ben Barka devient une affaire d'ÉtatL'UNFP tétanisée se retrouve isoléeLes grandes heures de l'UNEMLa structuration de l'extrême gauche marocaineEuphorie économique et insouciance à RabatLe premier coup d'État (1971) ébranle le régimeUne conjonction des oppositions ...Le second coup d'État décapite l'arméeV. La fin programmée du régime ? (1972-1975)L'heure d'Ahmed DlimiDissolution de l'UNEM et mise au pas de l'UniversitéLa tentative d'insurrection du Moyen-AtlasLa marocanisation de 1973 conforte la base sociale du régimeLes phosphates au secours du régimeÀ la recherche de l'Union sacréeL'opposition se rapproche du PalaisVers une libéralisation du régime ...C / Le Maroc de Hassan II du consensus à l'alternance (1975-1999)VI. De Dlimi à Basri, le Maroc des " années de plomb " (1975-1990)La Marche VerteGuerre avec l'Algérie puis avec le PolisarioL'armée au SaharaL'invention du consensusL'alternance limitée de 1977 accélère l'arabisationLa catastrophe économique débouche sur les émeutes de 1981...... Et la politique d'ajustement structurel (1983-1993)La disparition de Dlimi laisse libre champ à l'IntérieurGagner la bataille du SaharaVII. La longue marche vers l'alternance (1991-1999)Fin de la guerre froide et effet " Gilles Perrault "La guerre du Golfe rend visible l'islamisme marocainUne timide libéralisation du régimeL'affaire de la Grande MosquéeLes technocrates au pouvoir après l'échec d'une première alternanceLa réforme constitutionnelle de 1996 et l'accord avec l'oppositionLes élections de 1997 et l'alternance octroyéeUn gouvernement impossible ...D / Sous Mohammed VI, dix ans de règne pour stabiliser le pays et le trône (1999-2016)VIII. Succession et / ou transition (1999-2010)Sortir le Maroc des " années de plomb "Mettre un terme à la dérive wahhabitte de l'islam marocainArracher le Maroc à la misère sociale grâce au capitalisme royalOuvrir le Maroc aux vents de la mondialisation touristique et culturelleIX. Surmonter la tempête des " printemps arabes "Le makhzen et le roi à la manoeurvre pour sauver le régimeS'accomoder des islamistes pour gouverner sans peurTenir la barque en période de tempêtes internationalesChronologie du Maroc contemporain (1912-2010)Repères bibliographiques.
La métropolisation est une tendance lourde de nos sociétés. Né aux Etats-Unis, ce phénomène de concentration de la production de richesses dans de très grandes agglomérations a gagné la France au cours des dernières décennies et l'a profondément transformée. Pierre Vermeren retrace les étapes de cette nouvelle organisation du territoire autour de ses principaux pôles urbains. Mais l'objet de son livre est surtout d'alerter sur les retombées négatives de cette évolution. Elle a conduit à une éviction des classes moyennes et populaires des métropoles, renvoyées dans une "France périphérique" appauvrie. La crise des Gilets jaunes a mis en lumière les dommages démocratiques de cette partition sociale et territoriale. Encore faut-il leur ajouter les dégâts écologiques causés par le béton-roi, la démultiplication des infrastructures nécessaires à l'approvisionnement et au fonctionnement des métropoles et l'usage massif de l'automobile imposé à leur périphérie. Le bilan sans complaisance de ces effets délétères de toute nature mène à une conclusion sans ambages : la métropolisation est une impasse. Il n'est que temps de remettre en chantier une vision plus équilibrée de l'aménagement du territoire.
L'Algérie, le Maroc et la Tunisie ont constitué l'Afrique du Nord française. Ils forment aujourd'hui le Maghreb indépendant. Cet Occident des Arabes est devenu l'Orient proche des Français. Un monde à la fois voisin et très mal connu. Après les luttes anti-coloniales, le tiers-mondisme triomphant et la seconde guerre d'Algérie, le temps de la maturité est venu. Mais entre pouvoir autoritaire et menace islamique, la démocratie est-elle envisageable dans cette région du monde ? C'est la question que pose cet essai et à laquelle il tente de répondre grâce à un éclairage historique approfondi. Le nationalisme arabo-musulman ne peut occulter vingt siècles d'une histoire complexe que les militants pour l'indépendance ont voulu gommer. A l'heure de la démocratie planétaire et du grand jeu américain au Proche-Orient, quel destin pour le Maghreb ? Poste avancé de l'Amérique dans le monde arabe, ou marge démocratique de l'Union européenne ...
La guerre d'Algérie n'est pas finie. Elle se poursuit de façon discrète sur le territoire français. Mais le plus préoccupant, c'est que ce conflit larvé se déroule avec la complicité ou le silence embarrassé de nos élites hexagonales. Les dirigeants français font tout pour éviter de poser les questions qui fâchent, qu'il s'agisse de notre politique arabe en ruines, ou des contours d'une nouvelle société musulmane transférée en quelques décennies sur le sol français avec ses millions de croyants (et d'athées). Les adeptes de la déconstruction ont voulu présenter la présenter comme un fantasme, ignorant ou refusant de penser que l'Islam, au sens de civilisation, est un tout culturel, social, politique et religieux qui va façonner une partie du destin français dans les prochaines années. Or, la donne a changé en 2001 avec l'irruption du djihadisme terroriste en Occident. Il a bien fallu cette fois ouvrir les yeux, ce qui n'empêche pas le déni français de perdurer. Ce sont les secrets qui entourent notre relation avec le monde arabe que dévoile Pierre Vermeren, l'un des meilleurs historiens actuels de l'Afrique du Nord.
Le temps semble loin où notre pays était un empire. Les territoires autrefois colonisés ont été rendus à eux-mêmes et sont désormais maîtres de leur histoire. C'est contre cette vision simpliste et historiquement fausse que s'insurge Pierre Vermeren : les révolutions arabes de 2011 et 2012 sont la conséquence directe, le dernier chapitre de l'histoire de la décolonisation. De guerre lasse, dans un mélange de bonne conscience et de culpabilité, l'Etat et les élites de France ont laissé leurs successeurs à la tête du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie et des pays d'Afrique agir en toute impunité. Le silence et l'aveuglement de la France, mais aussi de l'Europe tout entière, ont permis dans ces anciennes colonies l'accaparement des richesses, la confiscation des libertés et la soumission des peuples. Pierre Vermeren apporte aux événements les plus récents, qu'il s'agisse des explosions de colère au Maghreb comme de la lutte contre le djihadisme, l'éclairage irremplaçable de l'histoire.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
Son règne est bientôt trentenaire et il est l'ami de la France, de ses dirigeants, de ses industriels, de ses élites de droite et de gauche. Roi du Maroc, Hassan II symbolise pour nombre d'Occidentaux le modernisme et le dialogue en terre d'Islam. Mais ces apparences avenantes dissimulent le jardin secret du monarque, l'ombre des complots et des prisonniers, des tortures et des disparus, de la misère. Il règne, maître de tous et de chacun, brisant par la répression, pourrissant par la corruption, truquant par la fraude, courbant par la peur. S'il n'a pas inventé le pouvoir absolu, son génie aura été de l'habiller des oripeaux propres à tromper ceux des étrangers qui ne demandent qu'à l'être. Sa "démocratie" connaît une moyenne de quatre procès politiques par an, plus de cent depuis l'indépendance, avec, chaque fois, une fournée de militants condamnés à mort ou à des siècles de prison. Tortures du derb Moulay Cherif, morts-vivants de Tazmamart, calvaire des enfants Oufkir, nuit des disparus sahraouis... La peur est l'armature de son système. Comme l'enfer, elle a ses cercles. Chacun, quelle que soit l'horreur de son sort, peut être assuré qu'un autre a connu pire. Depuis la parution retentissante de cet ouvrage, Hassan II a libéré quelques détenus dont il avait nié qu'ils fussent enterrés vivants dans ses geôles, détruit un pénitencier dont il avait démenti l'existence. Quelques prisonniers sont sortis, mais le système demeure.
Née dans les années ambiguës des débuts de la modernité, la dynastie sharîfienne évolua dans un monde en transition. Pour se faire une place dans un espace marocain fragmenté et en proie aux convoitises ibériques et ottomanes, les souverains de la dynastie durent adopter un système de légitimation sans faille, créer des institutions efficaces et mener une activité diplomatique énergique dans le but d'asseoir leur pouvoir au Maroc, préserver l'indépendance du sultanat et mener une politique impériale. Pour réaliser ce projet triptyque, le sultan-sharîf Ahmad al-Mansûr (1578-1603) adapta, pour mieux l'adopter, l'idéologie califale, la monarchie universelle islamique, unique récipient idéologique et institutionnel dans lequel il pouvait puiser pour faire le plein de force sacrée. Il utilisa à cet effet un dispositif symbolique implacable qui requit l'adoption d'un systèmes de croyances et de concepts producteurs de légitimité, d'un cérémonial syncrétique et d'insignes du pouvoir " scripturaires ". Sur le terrain, al-Mansûr dut tantôt dynamiser les institutions administratives, financières et militaires existantes, tantôt réformer le système en créant de nouvelles institutions inspirées des modèles ibérique et ottoman. En matière de diplomatie, le sultan n'eut rien à envier à ses contemporains. Jouant sur la rivalité hispano-ottomane, il garantit tout d'abord la sécurité de son trône vis-à-vis de la Porte, puis il s'éloigna de l'Espagne pour se rapprocher des pays protestants, dans le but de neutraliser le royaume ibérique et pouvoir entamer ses conquêtes sahariennes. Il voulut alors réaliser son projet de califat occidental en s'emparant de l'Empire songhay, et se prit à rêver d'une conquête andalouse et même de la conquête du Nouveau Monde.
Courreye Charlotte ; Jomier Augustin ; Lacroix Ann
L’histoire du Maghreb n’est plus abordée que sous l’angle colonial, à partir de sources françaises, sans référence aux langues et aux cultures locales. L’objectif de ce livre est de proposer enfin aux enseignants et aux étudiants des documents inédits ou oubliés.Ce recueil riche et didactique rend compte de la grande diversité des sources et regroupe une centaine de textes qui portent sur l’histoire des quatre pays du Maghreb (Algérie, Libye, Maroc et Tunisie) du XVIIIe siècle aux Printemps arabes (2010-2011). Chaque texte est précédé d’un chapeau introductif qui présente l’auteur, la nature de la source et le contexte précis et est suivi d’une sélection bibliographique.