Extrait Un mince filet de lumière fuse entre les lattes du store en bois sombre et lacère la chambre d'hôtel horizontalement, du lit à la porte d'entrée. Le réceptionniste du Hempel a accueilli Vincent avec un sourire entendu, celui qu'il réserve aux habitués avec lesquels il partage de petits secrets. Vincent est monté dans sa chambre, traversant les couloirs trop blancs, trop sobres, trop hauts de plafond. Il marche d'un pas assuré et, un témoin aurait pu le remarquer, rapide, trop pressé, alors que personne ne l'attend. Il entre dans la chambre sans y jeter un oeil, pose son bagage dans le dressing, enlève sa veste, l'accroche derrière la porte. De son bagage il sort sa trousse de toilette et une chemise bleue. Le miroir de la salle de bain lui renvoie le visage d'un homme d'une quarantaine d'années au regard bleu. Ses cheveux ont commencé à blanchir uniformément mais les rides ont tardé à s'ancrer sur son visage. Il se regarde torse nu. Il a perdu du poids récemment, et ça lui va bien. Il se parfume, enfile sa chemise qui le mincit encore un peu plus, souligne sa musculation et dessine ses épaules rondes. Il referme les boutons puis se ravise et ouvre les deux premiers. Au moment où il repose le flacon de parfum, son alliance heurte le lavabo métallique et émet un petit bruit, comme un grincement, presque un pleur. On ne doit pas se douter de sa préparation. Il ouvre la fenêtre de la salle de bain, qui donne sur un des rares jardins privés de Londres. Il faut que l'odeur du parfum fraîchement utilisé se dissipe dans le brouillard de la ville. La chambre est blanche, comme le reste de l'hôtel. Le réceptionniste lui a confié qu'elle était sa préférée et que Michael Jackson, un hiver, avait logé là. La décoration est minimaliste. Le lit lui a semblé un peu haut la première fois mais pour l'usage qu'en fait Vincent, ce n'est pas un problème. Un système de câbles donne l'impression que le sommier est suspendu dans les airs. De fait, il bouge légèrement quand on s'assied dessus. Mais il est solidement arrimé, Vincent le sait bien. Sur la table de nuit, il pose son iPod, et sélectionne la Ballad of the Sad Young Man d'Hugh Coltman et appuie sur pause. Il verrouille son téléphone. Le monde peut s'effondrer, rien ne compte plus désormais.
En 1926, alors que l'alchimie avait depuis longtemps été reléguée au rang des vieilleries préscientifiques, il suffit d'un seul ouvrage pour la faire renaître comme le phénix de ses cendres : Le Mystère des cathédrales, signé d'un certain Fulcanelli. Dans ce texte unique en son genre, l'auteur se livre à une analyse serrée de la mystérieuse symbolique, tout à fait indépendante des motifs chrétiens, qui orne les grandes cathédrales de France, en particulier Notre-Dame de Paris. Il montre, d'une manière extraordinairement convaincante, comment ce langage pictural inscrit dans la pierre constitue en réalité une initiation complète aux opérations alchimiques les plus poussées. Ce livre est l'un des très grands classiques de l'ésotérisme contemporain, mais aussi un puissant témoignage de la richesse et de la complexité de notre patrimoine culturel, du Moyen Âge jusqu'au temps présent. Fulcanelli, d'une manière ou d'une autre, est toujours vivant et son enseignement nous interpelle, que l'on adhère ou non à l'alchimie.
Pour dire la passion éprouvée au plus profond de l'âme et du corps, Christiane Singer revit celle d'Héloïse, quintessence de l'amante et de la mystique. Elle nous donne à travers cette confession tout à la fois païenne et spirituelle, ce bréviaire fou, cette exaltation unique du plaisir et de l'extase, un texte qui restera parmi les plus intenses jamais écrits sur l'amour.
Cet ouvrage est le fruit de la pratique de zazen enseignée par Maître Taisen Deshimaru, expérience fondamentale de connaissance de soi, des autres, du monde et du cosmos. Comment vivre ici et maintenant? Comment observer son karma sur le chemin de la vie à la mort? Comment se concentrer instant après instant tout au long de la vie quotidienne afin de vivre pleinement le moment présent et ne pas laisser vainement passer le temps? Observation-concentration, aller de l'un à l'autre, telle est la méthode que nous propose Maître Deshimaru aussi bien à travers la posture de zazen que durant la vie quotidienne. C'est à partir de cette pratique millénaire et au-delà du temps, par l'entraînement du corps, de la respiration et de l'esprit qu'on devient un miroir où tout peut se réfléchir. Cet ouvrage, basé sur les principes de la médecine orientale, nous livre de plus un enseignement fondé sur l'ésotérisme du bouddhisme Mahayana et jamais révélé en Occident.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l?intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d?une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l?entrée en littérature d?Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l?Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l?exil.« Un magnifique roman sur l?exil. Un petit bijou. » Le Parisien« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL« Racé comme du Almodóvar. Un coup d?éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point« Par la grâce d'un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l'Ouest« Cette épopée ne s'oublie pas. » Le Figaro« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres« Un émouvant premier roman autour d?une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle« Un superbe premier roman. » Europe 1« Une réussite. » Causette Notes Biographiques : Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D?origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n?en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.