FICTIONS DU POUVOIR CHINOIS - LITTERATURE, MODERNISME ET DEM
VEG SEBASTIAN
EHESS
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EAN :9782713221651
Si la révolution de 1911 a mis fin à l'empire en Chine, c'est seulement le mouvement pour la Nouvelle Culture (4 mai 1919) qui formule véritablement le projet d'une rupture moderne, capable de démocratiser les esprits et d'émanciper les individus. Pour les écrivains qui y participent, la littérature de fiction doit être le vecteur privilégié de cette transformation de sujets en citoyens. Mais la littérature est-elle capable de faire éclore une telle culture démocratique? A travers deux oeuvres fondatrices du canon chinois moderne, La véridique histoire d'a-Q de Lu Xun et La Maison de thé de Lao She, l'analyse porte sur la dimension démocratique de ces "fictions du pouvoir": sur leur façon de configurer l'histoire, de produire ou de contester des normes politiques, sur leur rejet des schémas idéologiques de l'"engagement". En confrontant les textes chinois à des oeuvres de Kafka, Segalen et Brecht, Sebastian Veg montre comment, en dépassant les différences culturelles, s'invente une nouvelle façon de penser et d'écrire la fiction. Cette modernité n'est nullement l'apanage de l'Occident, pas plus qu'elle n'apparaît comme importée ou étrangère en Chine. Si le modernisme chinois a ses singularités, c'est surtout à une réflexion critique sur les incertitudes du monde démocratique qu'invite ainsi la littérature dans son ensemble.
Date de parution
26/01/2009
Poids
693g
Largeur
160mm
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EAN
9782713221651
Titre
FICTIONS DU POUVOIR CHINOIS - LITTERATURE, MODERNISME ET DEM
Auteur
VEG SEBASTIAN
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
693
Date de parution
20090126
Nombre de pages
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En 1926, trois ans après Cris, où sont rassemblées les nouvelles de la période d 4 mai 1919 (dont " Le journal d'un fou ") Lu Xun publie Errances. Si ce recueil est resté inédit en français, c'est sans doute qu'il correspondait trop peu à l'image idéologique qu'on s'est longtemps faite d son auteur. Les onze nouvelles qui le composent sont en effet autant de variations sur l'errance des intellectuels chinois des années 1920, anciens lettrés devenus petits fonctionnaires, piégés entre leurs souvenirs d'un passé rural familier mais cruel et la modernité incertaine ou trompeuse des grandes villes occidentalisées où ils peinent à trouver une place. A travers ces textes et l'essai " Les chemin divergents de la littérature et du pouvoir politique " que nous leur avons joint, le lecteur pourra découvrir un autre Lu Xun le moderniste hésitant, confronté à l'effondrement du monde traditionnel qu'il a pourtant souhaité, mais dont ne semble sortir aucun nouvel ordre historique et politique.
Cris rassemble les nouvelles de la période du 4 mai 1919 où s'épanouit le mouvement pour la Nouvelle culture, qui revendique l'usage de la langue vernaculaire et s'en prend au moralisme confucéen. Certaines d'entre elles, comme "Le Journal d'un fou" ou "L'édifiante histoire d'A-Q", sont devenues canoniques. D'autres, comme "Terre natale" ou "L'opéra de village", représentent sur un mode élégiaque la Chine rurale du bas-Yangtse dans laquelle a grandi Lu Xun. Ce recueil, qui balance entre la dénonciation iconoclaste et la nostalgie d'un monde perdu, se compose donc de "cris" ambigus, dont l'auteur ne se soucie guère de savoir s'ils sont "hardis ou tristes, s'ils inspirent la haine ou le ridicule", et dont la seule gloire sera d'éveiller une petite minorité de lecteurs à "la souffrance d'une mort imminente et irrémédiable".
Cris rassemble les nouvelles de la période du 4 mai 1919 où s'épanouit le mouvement pour la Nouvelle culture, qui revendique l'usage de la langue vernaculaire et s'en prend au moralisme confucéen. Certaines d'entre elles, comme "Le Journal d'un fou", publiée dans Nouvelle jeunesse en 1918, ou "L'édifiante histoire d'A-Q", sont devenues canoniques. D'autres, comme "Terre natale" ou "L'opéra de village", représentent sur un mode élégiaque la Chine rurale du basYangtse dans laquelle a grandi Lu Xun. Errances, publié en 1926, contient onze nouvelles évoquant, sur un ton souvent mélancolique, l'errance des intellectuels chinois des années 1920. Anciens lettrés devenus petits fonctionnaires, ils semblent piégés entre leurs souvenirs d'un passé rural familier mais cruel et la modernité incertaine ou trompeuse des grandes villes occidentalisées, où ils peinent à trouver une place. Mauvaises herbes, recueil de vingt-trois poèmes en prose, dont la forme rompt avec la plupart des pratiques poétiques antérieures, rassemble des méditations, oniriques ou nostalgiques, sur le passage du temps et les efforts humains pour changer l'histoire.
Yu Jian, dans son avion, " boit au banquet des planètes ". Il traverse l'espace et le temps, dialoguant avec l'Himalaya et T. S. Eliot, se remémorant la Révolution et le maoïsme, raillant les touristes chinois des canaux d'Amsterdam, pour enfin atterrir et arriver à Gand, sans jamais quitter le haut plateau où " les hommes et les dieux vivent en voisins ". Ce long poème narratif qui épouse le déroulement d'un vol évoque un voyage à la fois réel et symbolique.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.