SE TENIR DEBOUT ET MARCHER. Du jardin oedipien à la vie en société
Vasse Denis
GALLIMARD
22,00 €
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EAN :9782070740567
Tout ce qui fait obstacle à la vérité en nous-mêmes et qui par là l'indique est la pierre de touche de la pensée de Denis Vasse, proche de celles de Françoise Dolto et de Jacques Lacan. Ici, dans cet ouvrage à plusieurs voix qui relate l'expérience du Jardin Couvert de Lyon, un lieu d'accueil et de parole pour le tout-petit accompagné de ses parents, le lecteur petit voir s'élaborer cette réflexion dans sa confrontation avec la pratique, et comprendre sur quelles prémices elle se fonde. Le psychanalyste sait que les "mauvais plis" que prennent les relations entre enfants et parents se manifestent parfois dès la naissance et conditionnent inéluctablement le développement de l'enfant, comme ils orientent sa vie relationnelle, c'est-à-dire son existence tout entière. Intervenir avec discrétion dès le début de la vie peut permettre d'éviter les grandes souffrances futures comme les grandes "réparations" éventuelles. Inspiré par la Maison Verte de Françoise Dolto, le Jardin Couvert ouvert en 1984 à Lyon reste fidèle au principe essentiel de la structure inaugurale : la référence fondamentale et vivante à la psychanalyse. Dans ce lieu d'accueil et de parole où les liens entre parents et enfants s'offrent à l'interprétation, où les difficultés peuvent se laisser entendre, il convient d'accueillir sans manipuler. Faire ainsi, c'est remettre parents et enfants dans une situation juste. Les accueillants parmi lesquels il y a toujours un ou une psychanalyste témoignent d'une disposition intérieure qui exclut le jugement, la réaction sentimentale ou moralisante. Cela, seule la structure Dolto l'autorise. Un tel lieu entre le jardin ?dipien (les bras de la mère) et les premières institutions (crèche et maternelle) devrait faire exemple et se multiplier. Il est pour l'enfant le passage nécessaire à la vie sociale.
Nombre de pages
257
Date de parution
05/10/1995
Poids
396g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782070740567
Titre
SE TENIR DEBOUT ET MARCHER. Du jardin oedipien à la vie en société
Auteur
Vasse Denis
Editeur
GALLIMARD
Largeur
153
Poids
396
Date de parution
19951005
Nombre de pages
257,00 €
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L'ombilic et la voix" se présente comme un livre d'images, un recueil de dessins d'enfants. Mais le lecteur qui s'attendrait à y retrouver la soi-disant transparence de l'enfance sera vite déçu et rebuté : quand le corps est déserté par la parole, il ne produit qu'une insignifiance dans laquelle se perd symptomatiquement le sujet. Ainsi en va-t-il de la bande dessinée apparemment incohérente, tracée à longueur d'années par les mains de deux enfants, Hector et Coralie, un peu à la manière de graffiti sur les murs d'une prison. Pour le psychanalyste, ces traces, scandées par la répétition et les différences qui s'y inscrivent, vont peu à peu constituer une écriture, qui s'offre à lire dans un effet de sens où le sujet vient se précipiter, y prenant la parole. En recevant d'Hector et de Coralie eux-mêmes la logique du mouvement qui conduit son interprétation, Denis Vasse découvre la fonction symbolique de la clôture ombilicale, qui conditionne le jeu de l'ouverture et de la fermeture de tous les "autres trous du corps". Et il repère, comme symétriquement, comment, par le jeu de la voix qui lui interdit de se noyer dans sa propre image, le sujet se trouve franchir "la sphère du substantiel" pour advenir dans "la sphère subtile du langage" et l'articulation à la loi. Les enfants finissent par nous parler parce que quelqu'un a écouté. C'est à l'écoute de cette parole qu'en définitive nous sommes ici conviés.
Denis Vasse nous entraîne où Zacharie, un enfant en analyse, l'a lui-même entraîné : à l'écoute de la question radicale posée par la psychose, là où le sujet se trouve muré dans un indéfini dédoublement du moi, perdu dans ce qui apparaît comme une confusion originelle. En acceptant de se tenir au plus près de cette question limite, et en prenant appui sur une double analyse de la loi de Moïse et du " jugement de Salomon ", D. Vasse fait surgir ce qui pourrait nous rester caché dans la psychose : son rapport à la perversion. La psychose serait-elle le fruit de la perversion ? Oui, si la dérision du langage, qui est l'arme de la perversion, est ce qui conduit au morcellement du corps, qui est l'état mortel de la psychose. Le risque d'une interprétation peut être pris quand le sujet réalise, à quelque degré que ce soit, cette confusion qui le déréalise. Car dès lors, la loi devient désirable, et possible l'accès aux droits de sujet parlant et désirant. L'analysant devient ainsi ce qu'il est toujours déjà : non plus le sujet absolu, caricature du Moi, mais un sujet parmi d'autres.
Qu'est-ce que la prière ? Est-ce un besoin qui peut être apaisé ou une demande irréductible ? Qui parle en elle ? Et quelle est cette parole qui ouvre à ce qui n'est pas elle et qu'elle ne pourra jamais dire ? Réfléchissant sur la prière. Denis Vasse y repère ces éléments majeurs de la problématique du Désir que sont le Signifiant, la mort, la Loi. Une même structure pourrait-elle rendre compte de la problématique du désir et de celle de la foi ? Adossée aux textes de Freud, de Jacques Lacan et de Serge Leclaire, l'analyse de D. Vasse s'étend à notre société actuelle, en ses manifestations les plus concrètes et quotidiennes : la relation pédagogique, notre rapport à l'objet de consommation, les aliénations du travail, le croyant dans le monde d'aujourd'hui. Dans ces situations, la foi rencontre les articulations fondamentales du besoin et du désir, de l'imaginaire et du symbolique, du savoir et de la vérité. Une réflexion sur la prière et la foi, qui a fait date et continue d'intéresser un public exigeant.
Quel rapport y a-t-il entre la jouissance et la joie ... Accéder à la joie, c'est «se réjouir intérieurement». La joie témoigne d'un bonheur partagé ; la manière dont elle se communique dans le don dit la vérité d'une présence intime, irréductible à un objet de jouissance au sens juridique (avoir l'usufruit d'un bien) ou sexuel (profiter de la possession par les sens). Elle atteste la présence de l'Autre à l'intime de soi. Il y a une jouissance manifeste et répétitive que tout psychanalyste rencontre : celle qui consiste à épuiser, en le niant, le désir - dans la recherche d'un rassasiement qui ne dure jamais. Avec elle, l'homme ne se sent vivre qu'en vivant contre la vie, dans une rivalité jalouse et exclusive. Dans une certaine manière de vouloir jouir jusqu'au bout, de s'éclater ou d'aimer à mort, la fine pointe de la jouissance se répercute en écho de dérision. Au c'ur de la folie ou de la perversion, c'est l'intensité de la sensation qui se donne pour la Vérité ; celle-ci n'est plus ce qui parle, mais ce qui se sent. Cette modalité jouissive du sensationnel exclut la parole et/ou le sens. Elle clôt la libido sur le même. Elle interdit au plaisir d'être la nécessaire médiation qui noue l'esprit et la chair dans une rencontre de sujets incarnés. Fermée à la parole, elle alimente la jouissance exclusive des sens. Elle enferme l'homme en lui-même, dans l'intensité d'un fantasme pris pour le réel et dont la répétition l'aliène. Faute de vivre de l'altérité au c'ur du même, le désir tourne en déris, et la parole en dérision.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.