Varavini Sa'd Al-Din ; Fouchécour Charles Henri de
GALLIMARD
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EAN :9782070727667
Sa'd al-Din Varâvini rédigea en persan littéraire et savant, au XIII ? siècle, des contes anciens écrits originellement par le prince Marzbân, à la fin du X ? siècle, dans le dialecte du Tabaristan, une province située au sud de la Caspienne. Cet ouvrage ressortit à un genre très prisé en Orient, celui des "miroirs des princes" : livres de référence et d'enseignement, où les futurs souverains peuvent, par le biais de fables, apologues, anecdotes et autres exemples imagés et attrayants, apprendre comment se comporter en bons et sages monarques, comment faire choix de vassaux et de ministres vertueux et dévoués, comment éviter les dissensions et complots d'un entourage tenaillé par les jalousies, etc. Au souverain d'exercer, pour le plus grand bien de son peuple, sa vertu cardinale : la justice, et de s'appuyer sur ses conseillers, qui, incarnations de la raison et de la loi, sont là pour l'assister, le reprendre, l'éduquer et l'éclairer. Le prince a choisi d'illustrer son éthique par des contes, inépuisable réservoir de sagesse politique à la persane, c'est-à-dire à la fois sérieux, car ils sont riches de sens caché, et divertissants, car ils mettent en scène d'emblématiques animaux et font intervenir d'innombrables protagonistes : voyageurs, artisans, boutiquiers, paysans, et toutes les corporations des marchands de bazars. Par ce truchement, ce "miroir des princes" est aussi un parfait miroir de la société iranienne du XIII ? siècle, dans sa captivante diversité.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
Commentaires Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines. C'est ce qui est arrivé au narrateur et à son ami Luo, si jeunes et déjà marqués du sceau infamant d'"ennemis du peuple". Pour ne pas sombrer, ils ont heureusement encore quelques histoires, quelques films à se raconter, mais cela fait bien peu. Jusqu'à ce que, par miracle, ils tombent sur un roman de Balzac : petit livre à lire en cachette, tellement dangereux, mais tellement magique, qui changera le cours de leur vie en leur ouvrant la porte de la fille du tailleur, en rendant possible ce qui ne l'aurait jamais été... Il fallait oser confronter le monde de Balzac et la Chine de Mao : Dai Sijie, réalisateur renommé qui vit en France, a réussi cet improbable pari et on lit avec enthousiasme et frénésie ce premier roman parfaitement maîtrisé. --Karla Manuele --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Ce livre a la beauté épurée de ces poèmes de moines bouddhistes qui vivaient reclus dans leurs huttes sous les pins des montagnes et la lumière de la lune. Bada Shanren fut l'un d'eux, lui ce prince des Ming né en 1626 et promis à une vie brillante, qui se réfugia dans un monastère quand la Chine tomba aux mains des envahisseurs mandchous. Esprit rebelle, il se fit passer pour fou pour éviter de servir la nouvelle dynastie et devint un maître du pinceau et de l'encre dans d'éblouissantes compositions qui semblent avoir été créées d'un seul souffle. Voici l'histoire de ce maître du "grand noir" qui acheva sa vie dans une cabane de pêcheur, à peindre ces créatures humbles que sont poissons, oiseaux, rochers et bambous, et voyait toute l'éternité dans une fleur de lotus.
Doi Takeo ; Saunders Dale ; Harbison Mark A. ; Bay
Omote et ura, l'endroit et l'envers, sont deux notions à la fois contraires et complémentaires dont la langue japonaise fait un large usage en acceptant leur coexistence contradictoire. L'endroit et l'envers, cela peut être le visage, qui révèle ou masque l'esprit, cela peut être la parole qui traduit ou travestit la pensée.Doi Takeo, célèbre psychiatre et psychanalyste, interroge les structures particulières de la langue pour cerner le double visage de l'identité japonaise, fondée sur le goût pour l'ambivalence, la contradiction, le secret.Il puise ses exemples dans la littérature, convoquant Sôseki comme Shakespeare, Andersen ou Orwell à l'appui de ses idées. Car cet essai est aussi la rêverie littéraire d'un humaniste romantique.4e de couverture : Omote et ura, l'endroit et l'envers, sont deux notions à la fois contraires et complémentaires dont la langue japonaise fait un large usage en acceptant leur coexistence contradictoire. L'endroit et l'envers, cela peut être le visage, qui révèle ou masque l'esprit, cela peut être la parole qui traduit ou travestit la pensée.Doi Takeo, célèbre psychiatre et psychanalyste, interroge les structures particulières de la langue pour cerner le double visage de l'identité japonaise, fondée sur le goût pour l'ambivalence, la contradiction, le secret.Il puise ses exemples dans la littérature, convoquant Sôseki comme Shakespeare, Andersen ou Orwell à l'appui de ses idées. Car cet essai est aussi la rêverie littéraire d'un humaniste romantique.
Quatrième de couverture Dans les vallées afghanes, dans les camps de réfugiés du Pakistan, les femmes pashtounes improvisent des chants d'une extrême intensité, d'une foudroyante violence. D'où le nom de landay qui les désigne et qui signifie : «le bref». Cette forme poétique limitée à deux vers compose en fait un instantané d'émotion, à peine plus qu'un cri, une fureur, un coup de dague entre les épaules. Car ce poème très scandé dit l'amour, l'honneur ou la mort et toujours, à travers ces trois thèmes, toujours la révolte. Jamais sans doute si courte vocalise n'a autant révélé sur l'inhumaine condition de la femme en Islam, sur l'oppression qui la réduit à l'état d'objet domestique et l'asservit au code infantile des hommes. Privée de toute liberté, brimée dans ses désirs et son corps, la femme pashtoune n'a d'autre échappée possible que le suicide ou le chant...