En mai 1973, le magazine anglais Mirabelle proposa à David Bowie de livrer une rubrique hebdomadaire où, pour le plaisir de ses fans britanniques, il relaterait ses activités tant professionnelles que privées. Bien trop accaparé par celles-ci, il transféra cette tâche à Cherry Vanilla, qui, endossant volontiers la personnalité de Ziggy/Bowie tel qu'il voulait apparaître, s'en acquitta assidûment, avec exactitude (point n'était besoin d'en rajouter) et une bonne dose de malice: combien de discrètes perfidies suggèrent que tout n'est pas raconté par le menu! Dans ce vrai-faux journal, le faux devient une méthode qui permet de multiplier les facettes du moi et d'élever la frivolité au rang d'une vérité transcendante. Maintenant que David Bowie a fait l'objet de tant de biographies, Les Papiers de Ziggy Stardust sont un heureux contrepoint à celles-ci, avec leur fraîcheur de témoignage à la fois fidèle et fictif, où, finalement se trouvent en condensé l'esprit pionnier présidant à la fabrication des mythes.