L'insurrection paysanne de la région de Tambov. Luttes agraires et ordre bolchevik 1919-1921. Docume
Van Regemorter Jean-Louis ; Gayraud Régis
RESSOUVENANCES
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EAN :9782845050099
Les luttes paysannes - de la résistance à l'insurrection - auxquelles furent confrontés les bolcheviks après Octobre 1917 ont longtemps été occultées. Aujourd'hui encore, les crimes de la bureaucratie fondatrice à l'égard des masses rurales - réquisitions, expropriations, déportations et fusillades - sont justifiés plus ou moins implicitement, quand on admet leur existence, comme " crimes de classe " : une classe " révolutionnaire ", suggère-t-on, aurait dû défendre, avec les moyens adaptés, son projet " utopique " contre une " réaction " paysanne. Dans la partie liminaire de cet ouvrage, J. -L. Van Regemorter montre qu'une " révolution paysanne unique " commencée sous le tsarisme, outre qu'elle contribue à expliquer 1917, a poursuivi ses objectifs et sa stratégie contre l'appropriation étatique du bolchévisme. La seconde partie recueille des documents historiques traduits pour la première fois en français. Rapports de militants socialistes-révolutionnaires, tracts et appels d'insurgés, et surtout consignes, notes, mémoires internes de bolcheviks dessinent en creux l'histoire non écrite de l'" Antonovchtchina ", l'insurrection du paysannat dans la province de Tambov en Russie occidentale de 1919 à 1921. Les réquisitions de l'ordre militaro-bureaucratique, incompétent, prédateur, menées jusqu'à la famine et la déstructuration de la production agraire, ressortent à la fois des descriptions hostiles aux bolcheviks et des rapports et dissensions de ces derniers, qui les pratiquaient à grande échelle. Nous ne sommes pas en 1937, ni en 1956, mais en 1921, et l'autodénonciation cyclique de la bureaucratie s'instaure avec celle-ci même. A ce système correspondent d'emblée une planification, naïvement préconisée sans fards, de la terre brûlée par le haut, de l'omniprésence policière, de la coercition dogmatique, des déportations civiles, enfin le projet, méthodiquement consigné, débattu, appliqué, de " déployer la terreur rouge jusqu'à des proportions massives " (Antonov-Ovséenko). L'ordre n° 13o, de Toukhatchevski, est à cet égard éloquent. Dans les maladroites circonlocutions de son zèle glacé, il faut lire les ordres et contre-ordres manipulateurs, les concessions et les consignes secrètes de l'appareil en guerre contre une société insurgée. Ce fut la construction d'un " monde nouveau ", " désert et ténébreux ", habité par " des esclaves affamés, nus et sans voix " : ses moyens s'identifiaient à sa fin.
Nombre de pages
212
Date de parution
10/04/2000
Poids
270g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782845050099
Titre
L'insurrection paysanne de la région de Tambov. Luttes agraires et ordre bolchevik 1919-1921. Docume
Auteur
Van Regemorter Jean-Louis ; Gayraud Régis
Editeur
RESSOUVENANCES
Largeur
140
Poids
270
Date de parution
20000410
Nombre de pages
212,00 €
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Résumé : Une approche plurielle : un ensemble interactif, renvois multiples, complémentarité des développements. Une instrumentation pratique un index hiérarchisé, des clés et repères permettant une maîtrise immédiate des notions, des documents illustrant les enjeux. Une problématique soutenue : plutôt que de réduire la vision de la période soviétique à une utopie manquée, voire à une entreprise criminelle, il convient de replacer cet épisode dans la continuité de l'histoire russe, car les aspirations séculaires des masses russes et l'idéologie chère à l'intelligentsia expliquent la populairté de la révolution d'Octobre, la durée relativement longue du régime communiste et ses survivances actuelles qui rendent problématique le passage à la démocratie libérale et à l'économie de marché. L'avenir de la Russie dépend moins d'une transition vers un modèle emprunté que de la lente élaboration d'une synthèse originale entre la liberté et l'égalité. Un outil didactique et préparatoire. Un cours structuré regroupant l'essentiel des savoirs. Des mises au point systhétiques sur des questions clés ou des sujets controversés. Une liste sélective des sujets proposés ou susceptibles de l'être. Annales choisies, propositions de thèmes nouveaux. Des plans détaillés. Problématiques, organisation des acquis. Les références bibliographiques essentielles.
L'effondrement quasi instantané de l'empire de Russie en 1917 puis de l'URSS en 1991 oblige l'historien à s'interroger sur les raisons qui ont poussé cette puissance à revendiquer dans le monde une place disproportionnée par rapport à ses moyens réels. La politique étrangère de ce pays ne se comprend donc que si on la replace dans le contexte de son histoire sociale et culturelle. A l'époque tsariste, les ambitions se limitaient encore à l'espace eurosiatique : admis tardivement et avec bien des réserves dans le concert européen, l'empire de Russie aspirait à se faire reconnaître comme un partenaire à part entière, mais son retard économique, sa fragilité sociale et son hétérogénéité ethnique ne lui ont pas permis de supporter le choc de la guerre totale en 1914-1917. La révolution bolchevique qui apparut sur le moment comme un nouveau Temps des Troubles consacrant l'écroulement de l'Etat et de l'Empire aboutit paradoxalement au résultat inverse : le premier Etat socialiste se proclama le leader de la révolution et son projet engloba théoriquement le monde entier avec la fondation de l''nternationale communiste. Grâce à la priorité donnée à l'industrie lourde dans les premiers plans quinquennaux, l'Armée Rouge se trouva suffisamment équipée pour repousser l'invasion nazie et conquérir l'Europe jusqu'à l'Elbe. Puis, la décolonisation favorisa l'extension de l'influence soviétique dans le Tiers Monde et Brejnev put croire que l'URSS triompherait en fin de compte de l' " impérialisme " en grignotant ses arrières. Mais l'intendance ne suivit pas et, dès la fin de 1984, les dirigeants estimèrent qu'ils ne pouvaient pas gagner la course aux armements. L'événement révéla une réalité dont les dirigeants tsaristes avaient déjà eu l'intuition à la fin de l'Ancien Régime : si la Russie cessait d'inspirer la peur, l'Empire éclaterait. Réduite en gros au territoire qu'elle occupait au milieu du XVIIe siècle, la Russie tâtonne pour se transformer en vue véritable nation et pour trouver sa nouvelle place dans le monde.
L'évolution actuelle de la Russie déconcerte ceux qui ne sont pas familiers de son histoire : un régime qui paraissait inébranlable s'est effrondé du jour au lendemain sans pour autant céder la place à une démocratie stable de style occidental. L'ouverture récente des archives aide à éclairer ce paradoxe : longtemps occultés, les mouvements de résistance populaire au bolchevisme qui se développent dès le printemps 1918 confirment que "l'unité indissoluble du parti et du peuple " a toujours été mythique, mais la révision à la baisse des effectifs du Goulag réfute l'image simpliste d'une société majoritairement opprimée par une bureaucratie toute-puissante. " Bilan globalement positif " (G. Marchand) ou "globalement négatif " (R. Hue) ? Le présent exposé propose une vision plus nuancée de ces trois quarts de siècle qui n'ont certes pas ébranlé le monde, mais qu'on ne peut pas effacer d'un trait dans le destin du peuple russe.
Résumé : Quand la notion d'état providence dérape, jusqu'où ira l'absurdité bureaucratique dans la recherche du bonheur pour tous ? Une série de tableaux pour des destins qui s'entrecroisent jusqu'à la terrible conclusion qui les rassemblera. Quand la société pousse à son paroxysme les idéaux d'égalité sociale, le résultat peut facilement tomber dans l'absurde. Par exemple, pour éviter les déficits chroniques de la sécurité sociale, quel meilleur moyen que d'interdire aux gens de prendre des risques avec leur santé ? Quitte à instaurer une police médicale et à mettre les contrevenants à l'amende... Trois histoires kafkaïennes à faire peur qui brossent un portrait terrifiant d'un monde trop règlementé.
Fac-similé en un volume de l'édition par Yves Gandon (deux tomes, Ed. Crès, Paris, 1927). Au motif d'un guide de voyage en France (publié en en 1838), l'auteur, qui dit lui-même n'avoir aucune des qualités qui font le touriste, anime ses descriptions, parfois inspirées de Mérimée ou de voyageurs divers, d'aphorismes et de notations de psychologie sociale. Ce sont ses confidences qui forment la matière réelle de ses évocations.
Exilé en Suisse après l'écrasement de la Commune de Paris, Lefrançais publia à la fin de 1871 la présente Etude... , reconnue comme un témoignage majeur, et qui, selon Kropotkine, fut la seule "qui mît dans sa vraie lumière la véritable importance historique - communaliste - de ce mouvement" . Fac-similé de l'édition originale (Imprimerie James Guillaume), augmenté d'un Index historique des noms cités.
Résumé : La Satiété, qui témoigne parfois d'une incertitude sur le sens des joies consenties au destin humain, conduit Byron, âgé de vingt ans, vers des contrées moins civiles que l'Angleterre où il n'a pas encore droit de cité. Là-bas, vers l'Orient, le soleil, le ciel ont une autre densité ; la noblesse suppose l'héroïsme ; les femmes ont l'oeil noir... Mais le monde est bouleversé, les Muses évanouies, les raisons de vivre et de mourir dissipées, sinon dans l'absurde sacrifice à la Gloire d'un maître éphémère. En 1809, l'Empereur français dévaste l'Espagne ; l'Empire turc opprime la Grèce, que des lords et des artistes dépouillent de ses vestiges. La Nature seule suggère encore les âpres passions de l'époque où coulaient lés sources de notre culture, nourrissant "nos premiers rêves". L'horreur, "jamais toute faite", des guerres modernes, couchant des milliers d'hommes en une journée et broyant les êtres au cours de leurs effrois, Ravage tonnant dans l'univers rendu précaire, hante ce poème multiple, conçu comme une suite de digressions renvoyant les échos sensibles qui se complètent peu à peu, parfois dans une feinte incohérence, lorsque Byron soutient des conclusions opposées, également éprouvées. La parution de ces chants I et II, en 1812, rendit Byron célèbre en Angleterre, puis en fit un archétype pour le style, les lettres, la musique du romantisme européen - lequel estompera souvent son ironie, son sens de la satire - ; le conformisme réduira par ailleurs son désarroi à un artifice. La licence de la pensée, cependant, n'exclut jamais une intense détresse : la peine de vivre, le mal d'exister dans un monde qui suit son cours deviennent l'expérience centrale de la poésie.