Descartes, c'est la France ! ", s'exclamait André Glucksmann en 1987 à l'occasion du 350e anniversaire de la première parution du Discours de la méthode... Mais Descartes fut aussi un janséniste pour les uns, un protestant pour les autres, l'éminent représentant de la philosophie républicaine, voire, dans l'immédiat après-guerre, un penseur petit-bourgeois. Comment rendre compte de cette succession d'images souvent contradictoires ? Que disent-elles de Descartes et de sa pensée ? Pourquoi ont-elles été l'objet de tant d'appréciations divergentes ? Comment se sont forgées à la fois une posture sociale et intellectuelle et l'idée que le cartésianisme constitue la voie française de la philosophie moderne ? Pour répondre à ces différentes questions, cet ouvrage tente l'histoire culturelle d'une " grandeur " philosophique. L'auteur questionne la réception, la négociation, la contestation et la stabilisation d'une référence culturelle majeure entre 1650 et aujourd'hui, identifie les innovations et les ruptures qui ont rendu possible l'interprétation d'une révolution cartésienne. Des Pays-Bas à la Corée du Sud, de Leibniz à Martial Guéroult, on suit le cheminement tortueux de cette progressive universalisation de la figure cartésienne. Soldat, homme de lettres, mathématicien, expérimentateur, conseiller du prince, Descartes ne se laisse pas enfermer facilement dans des catégorisations simplistes, mais incarne un être partagé entre plusieurs modes d'action, dont l'identité sociale se cherche sur des théâtres d'opération divers et contradictoires. En multipliant les angles d'approche, en articulant le temps court de la vie du philosophe et le temps long de sa réception, ce livre insiste sur l'originalité du dispositif publicitaire créé par Descartes et sur sa longévité.
Nombre de pages
350
Date de parution
02/05/2002
Poids
355g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782724608250
Titre
Descartes
Auteur
Van Damme Stéphane
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
125
Poids
355
Date de parution
20020502
Nombre de pages
350,00 €
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Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'action culturelle de la Compagnie de Jésus s'appuie, un peu partout en Europe, sur une représentation nouvelle de la ville où la circulation des inscriptions, des livres, des informations, des savoirs tient désormais le premier rôle. La cité ne se définit plus simplement comme un repère fixe dans une conception aristotélicienne, mais s'affirme comme un n?ud d'échange dans un réseau animé par des flux. Pour naturaliser la présence de l'Ordre, tardivement arrivé dans le paysage urbain de la modernité, les jésuites vont se présenter comme un corps d'experts auprès des corps de ville, capables par leur maîtrise de l'écrit et des sciences, de donner un contenu, une solidité et une unité à la fonction culturelle des cités où ils sont implantés. La construction du consensus ne repose donc pas sur un rapport de force institutionnel ou sur une hypothétique demande sociale, elle s'enracine dans de nouvelles pratiques de communication qui font des auteurs et professeurs des porte-parole de l'intellectualité des grandes métropoles catholiques, et du collège un haut lieu de la culture urbaine. En rouvrant le dossier classique des jésuites dans la ville, ce livre souhaite saisir, par une approche combinatoire et pragmatique, la façon dont s'élabore dans l'interaction et se dissout au milieu du XVIIIe siècle une économie chrétienne des grandeurs urbaines.
La métropole n'est plus dans la ville s'indigne-t-on sous le règne de Louis XIV ! Le temps des capitales culturelles s'ouvre en effet sur une crise de la représentation urbaine en raison de l'agrandissement sans précédent des villes occidentales. Dignes héritières des puissantes cités de l'Antiquité, de Babylone, d'Athènes ou de Rome, les métropoles de la modernité sont hantées depuis la Renaissance par la possible fin de la civilisation urbaine. Pour donner à lire l'avenir, les hommes de sciences se tournent alors vers le passé et se lancent dans une quête inlassable des origines de la ville, sources de toute grandeur. L'archéologie urbaine qui se développe à Londres et à Paris entre le XVIIe et le XIXe siècle va ainsi constituer un véritable paradigme pour penser toute approche historique de la ville, de l'histoire physique à l'histoire matérielle, en passant par l'histoire visuelle. Science partisane, ce savoir conforte un nouvel imaginaire politique qui repense le lien entre appartenance et territoire à mesure que l'émigration urbaine s'intensifie et que les métropoles s'élargissent. Une identité métropolitaine s'invente alors. Ce livre-enquête déchiffre et restitue ce travail de mise en visibilité d'un devenir urbain, des recherches antiquaires aux musées de ville.
Biographie de l'auteur Agrégé et docteur en histoire, Stéphane Van Damme est chercheur au CNRS à la Maison française d'Oxford. Spécialiste des relations entre savoirs et. cultures politiques dans les capitales européennes, il a publié Descartes, essai sur une grandeur philosophique et a reçu la médaille de bronze du CNRS.
Produit de la nouvelle société de la connaissance et de l'information, la question des savoirs a envahi ces dernières années aussi bien les rayons des librairies que les programmes de recherche des universités. Domaine longtemps resté aux confins de l'histoire, de la philosophie et des sciences, l'histoire des savoirs a constitué une voie de renouvellement historiographique de l'histoire des sciences. Aujourd'hui, histoire et sciences sociales proposent une vaste gamme d'approches et de problématisations qui reste largement confidentielle. Centré sur la notion de travail intellectuel, ce petit livre écrit à destination d'un public d'étudiants entend présenter ces différentes approches pour familiariser le lecteur à de nouvelles méthodes d'enquête sur les mondes savants.
Cette synthèse sur la théorie des relations internationales les situe dans leur environnement intellectuel et historique. Elle passe en revue les modèles de référence généraux ainsi que les divers concepts de cette science politique, avant de détailler les débats sectoriels de la discipline. Cette édition intègre notamment les derniers développements sur le marxisme et l'intégration européenne.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.