Sous emprises. Méthamphétamine et inégalités sociales en Polynésie française
Valiergue Alice ; Simon Alice ; Bergeron Henri
CROQUANT
15,00 €
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EAN :9782365123631
En Polynésie française, une forte préoccupation est apparue à propos de la consommation de méthamphétamine, importée des Etats-Unis sous forme de cristaux et nommée " ice ". Vendue à prix d'or sur le marché polynésien (80 ? pour une dose d'environ 0, 04 gramme), l'ice s'est répandue dans divers segments de la population, y compris certains milieux populaires. Très addictive, elle provoque la marginalisation sociale de ceux qui en consomment et alimente un commerce particulièrement lucratif. Associée dans l'imaginaire collectif à la délinquance et à la violence, cette drogue est communément décrite comme un " fléauA " qui menacerait l'équilibre de la société polynésienne, réputée paisible et pacifique. Cet ouvrage propose une analyse de ce phénomène jusqu'alors très peu documenté et offre une nouvelle clef de lecture de la panique morale qu'il a engendrée dans la société polynésienne, déjà ébranlée par la colonisation puis l'arrivée des essais nucléaires dans les années 1960. A partir d'une enquête menée entre 2019 et 2021 auprès de consommateurs, de trafiquants et de professionnels (services de l'ordre, professionnels de santé, responsables associatifs, etc.), ce livre montre que le problème de l'ice en Polynésie française est révélateur de l'état de crise sociale et politique que traversent les Outre-mer français, mis en lumière par la récente pandémie. Dans un contexte où les inégalités sociales sont particulièrement fortes et où l'Etat providence est inexistant, l'ice incarne en effet l'aspiration à la modernité d'une partie de la population et révèle une occidentalisation des modes de vie. De plus, la gestion de la crise de l'ice est significative des derniers développements du colonialisme dans les Outre-mer. Au sein du gouvernement bicéphale, un déséquilibre transparaît en effet entre l'Etat régalien, chargé notamment de la répression du trafic, et le gouvernement local, conduisant de façon autonome et avec peu de moyens les politiques sociales. Dans le cas de la lutte contre l'ice, comme d'ailleurs lors de la gestion de la pandémie, l'Etat central s'impose comme le seul acteur capable de gouverner en temps de crise et assoit ainsi sa domination sur un territoire tenté par l'indépendance. Table des matières Introduction Chapitre 1A : L'essor d'un problème public Un premier chapitre retrace le développement de la consommation d'ice et la mise à l'agenda politique de cette thématique. Si cette drogue a commencé à se répandre progressivement dès les années 2000, ce n'est qu'à partir de la seconde moitié des années 2010 que ce phénomène apparait à l'agenda médiatique et politique. Cet intérêt soudain pour cette thématique s'explique à la fois par une progression importante de la consommation et par l'apparition de nouveaux indicateurs pour l'observer. Le chapitre montre que la consommation est érigée au rang de problème public dès lors qu'il devient évident qu'elle n'est pas uniquement une " drogue de richesA ", mais qu'elle se répand également dans les milieux populaires et chez les jeunes. En raison du prix particulièrement élevé de ce produit et de son caractère très addictif, les conséquences sociales de la consommation sont en effet particulièrement lourdesA : appauvrissement, endettement, prostitution, vols, mais aussi participation au trafic. Chapitre 2A : L'ice, symptôme de l'occidentalisationA ? Un deuxième chapitre montre que le succès de l'ice en Polynésie française s'explique par l'attrait, pour une partie de la population polynésienne, de la modernité occidentale. L'ice est considérée comme un produit de luxe : son prix particulièrement élevé lui confère une haute valeur symbolique. De plus, l'ice est associée aux Etats-Unis, d'où elle est importée, et son champ lexical est quasi exclusivement anglo-saxon. Plus généralement, les effets recherchés par les consommateurs reflètent les injonctions sociales de la modernité occidentale : l'ice est une drogue qui permet d'atteindre des performances (ne pas dormir pour faire la fête, tenir au travail, être performant sexuellement, etc.). Par ailleurs, beaucoup de trafiquants exposent leur enrichissement en achetant des biens de consommation de luxe (notamment des voitures et motos américaines, des jet skis, etc.). La panique morale générée par la consommation d'ice s'explique d'ailleurs en grande partie par le fait que cette drogue symbolise ce qui est considéré comme le délitement des traditions polynésiennes au profit de valeurs occidentales et du capitalisme. Chapitre 3A : Une réaction de l'Etat régalien et colonial Un troisième chapitre montre que la réponse publique est avant tout répressive : même la prévention est largement monopolisée par
Nombre de pages
93
Date de parution
22/01/2026
Poids
300g
Largeur
140mm
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EAN
9782365123631
Titre
Le naufrage de l’Etat social dans les Outre-Mer. Le cas emblématique de la méthamphétamine à Tahiti
ISBN
2365123635
Auteur
Valiergue Alice ; Simon Alice ; Bergeron Henri
Editeur
CROQUANT
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
20260122
Nombre de pages
93,00 €
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Depuis le début des années 1990, il existe un marché de la compensation carbone. Pour compenser leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), des entreprises achètent ainsi sans contrainte réglementaire des crédits carbone à des opérateurs (entreprises ou ONG) qui mettent en oeuvre des projets de réduction d'émissions dans les pays du Sud. Des journalistes, des ONG environnementales et même des scientifiques considèrent que ce marché ne réduit pas efficacement les émissions de GES, notamment parce qu'il permet aux entreprises de s'acheter une image verte à peu de frais. Les opposants au marché estiment également que les populations du Sud encourent en retour de potentiels dangers, comme celui de voir leurs terres accaparées au profit de tels projets de compensation. Si ce marché soulève des controverses, comment expliquer qu'il se développe et que des entreprises soucieuses de leur réputation continuent d'acheter des crédits carbone ? Cet ouvrage s'attelle à répondre à ces questions en s'appuyant sur une enquête sociologique comprenant plus d'une centaine d'entretiens avec les acteurs du marché, l'analyse de documents et un travail ethnographique mené à la fois en Europe — où l'on vend les crédits carbone —, mais aussi dans un pays du continent africain — où l'on développe des projets de réduction des émissions de GES. En entrant au coeur des politiques publiques environnementales, du travail des opérateurs et des directions du Développement durable de grandes entreprises, ce livre rend compte de la fabrique de ce marché contesté.
A la suite d'un mandat qui voit un nombre record de démissions chez les conseillers municipaux, les élections municipales de mars 2026 s'annoncent tendues. Comment retourner la situation et redonner envie d'oeuvrer pour le collectif ? Comment, en ces temps de crise, provoquer un sursaut politique ? En s'appuyant sur les véritables innovations démocratiques, qui existent ici ou là, mais que cet ouvrage appelle à désormais valoriser et largement diffuser, en visant trois actes précis : les élections, la participation et la délibération. Ce n'est qu'en mettant en place ces outils que nous parviendrons à changer le rapport à la politique, à réconcilier les citoyens avec la démocratie représentative et à nourrir leur engagement.
Valiorgue Bertrand ; Coriat Benjamin ; Wallenhorst
Résumé : L'ambition de l'ouvrage est de revenir sur l'avenir de l'agriculture en se penchant plus spécifiquement sur la dynamique de nos systèmes alimentaires qui détruisent simultanément la profession agricole et les conditions mêmes de l'agriculture.
Dessinateur de génie, auteur reconnu de bandes dessinées et célèbre affichiste, Lorenzo Mattotti réalise avec "La fameuse invasion des ours en Sicile" son premier long métrage. Adaptée du classique de la littéarture jeunesse écrit par Dino Buzzati, cette fable fascinante et actuelle est sublimée par l'univers graphique de l'artiste italien, tout en courbes et en couleurs.
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.
Face à l'urgence actuelle de changer ce monde. comment lutter et avec qui ? Peut-on se battre comme femme sans trahir sa culture ? Comment s'organiser simultanément en tant que Noir e et prolétaire ? Doit-on vraiment dénoncer à la fois le racisme, le capitalisme et le patriarcat ? Et surtout, quelles solidarités, quelles alliances construire. autour de quels projets ? Imbrication décortique la complexité des identités, des loyautés et des intéréts de chacun-e dans les mouvements sociaux. L'ouvrage présente l'histoire de luttes guerrillères (Salvador), Indiennes-paysannes (mouvement zapatiste au Mexique) ou Noires (Brésil, République Dominicaine, USA). ainsi que les mouvements de femmes, féministes et lesbiennes du continent. Les femmes des Amériques et des Carabes nous tendent un miroir exceptionnel pour mieux comprendre "l'intersectionnalité" à un moment de foisonnement des luttes, parfois déroutant. Partant du quotidien des mouvements pour parvenir à une véritable "science des opprimées", ce livre s'adresse aussi bien au public curieux qu'aux activistes et au monde de la recherche. l