Valéry Paul ; Celeyrette-Pietri Nicole ; Pickering
GALLIMARD
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EAN :9782070134687
L'année 1913 voit se poursuivre la série des petits cahierscartonnés répertoriés de K à Q. Valéry consacre de nombreuxpassages à l'entreprise des Cahiers pour tenter de faire le pointsur ses desseins et ses méthodes. C'est déjà le ton de ce qu'ilappellera plus tard les "Mémoires de Moi". Investi depuis desannées dans l'élaboration de ce qu'il nomme "My Psychology",il revient, avec le but affirmé de "se faire des concepts pluspurs", sur des notions déjà examinées: le rêve. la mémoire,l'imagination, la surprise. mais aussi le hasard. Il revendiquel'opposition entre sa démarche et celle du philosophe. etdésigne connue l'aboutissement de sa réflexion lareprésentation du "fonctionnement d'ensemble" du vivant"monde, corps, esprit". Esquissant un autoportrait assezexplicite, il analyse en moraliste un Ego cherchant en lui lagénéralité de l'humain. Ce qui frappe c'est l'attention accordéeà la question religieuse. l'abondance et la régularité desréflexions dans les Cahiers de cette période. Faut-il y voir unécho des discussions nées de la crise moderniste qui secouealors le monde catholique? Ou y repérer une tentatived'interroger le mystère du croire? Valéry d'autre part réfléchitdepuis quelque temps à l'édition possible de ses ancienspoèmes, mais le retour à l'écriture poétique n'est pas encoreinstallé. C'est la guerre qui amènera le futur auteur de LaJeune Parque à se réfugier dans un labeur de "moine du Vesiècle". Avant 1911, nulle trace de l'élaboration du poèmedans les Cahiers. Si des passages traitent de la poésie, c'estpour préciser un idéal plus que pour définir un but précis. Jointà ces Cahiers, un petit carnet ouvert en août 1914 est undocument remarquable par sa variété. Elément parallèle deschantiers valéryens, il contient le premier jet de passagesdéveloppés ensuite dans les Cahiers. D'août à octobre 1914.Valéry tient aussi un journal, ce qui est rare chez lui. Il notenon pas ses réflexions sur un moment tragique, mais desdétails de son vécu. Mais surtout le carnet apporte deséléments éclairant la genèse du grand poème. Complémentbref du dossier de brouillons, il contient des bribes de vers quicherchent leur forme définitive et trouveront leur place dansles diverses séquences de La Jeune Parque.
Certainement, rien ne m'a plus formé, plus imprégné, mieux instruit - ou construit - que ces heures dérobées à l'étude, distraites en apparence, mais vouées dans le fond au culte inconscient de trois ou quatre déités incontestables : la Mer, le Ciel, le Soleil". Une sélection de textes de Paul Valéry, composée de proses et poèmes nous fait découvrir la relation singulière et poétique du poète avec les éléments naturels, qu'il adore depuis son enfance dans sa ville natale de Sète. La Mer, le Ciel, le Soleil. Sélection de proses et de poèmes dans l'Ouvre de Paul Valéry
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Monsieur Teste - Dialogues - Histoires brisées - Tel quel - Mauvaises pensées et autres - Regards sur le monde actuel et autres essais - Pièces sur l'art.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.