En raison du mouvement de grève à Bpost, nous vous recommandons de privilégier les envois par Mondial Relay sur notre site.
L'éternité de l'instant
Valdés Zoé ; Bensoussan Albert
FOLIO
10,00 €
Épuisé
EAN :9782070358571
Mo Ying est né de l'union très heureuse d'un célèbre chanteur d'opéra et d'une jeune calligraphe. Elevé dans le culte des arts, dans l'attention aux forces de la nature, il est doté d'une intelligence et d'une sensibilité rares. Mais la Chine s'apprête à vivre de profonds bouleversements, et la famille sera emportée dans la tourmente. Sans nouvelles de son père, Mo Ying s'exile à son tour, pour essayer de le retrouver. Après de picaresques péripéties, il débarque à Cuba... Prenant pour trame la charade sino-cubaine, jeu de hasard qui oscille entre sacré et sacrilège, et rattaché à la philosophie et à la poésie de la vie quotidienne, Zoé Valdés offre un conte oriental inspiré de l'histoire de son grand-père pour explorer ses racines chinoises. Dans une foisonnante mosaïque d'histoires et d'aventures, son pouvoir d'évocation est mis au service d'une émouvante quête d'identité et de sens.
Nombre de pages
405
Date de parution
17/11/2008
Poids
202g
Largeur
108mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782070358571
Titre
L'éternité de l'instant
Auteur
Valdés Zoé ; Bensoussan Albert
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
202
Date de parution
20081117
Nombre de pages
405,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Alma Desamparada songea à son père. Pourquoi était-il allé fourrer sa queue dans la chatte de sa mère? Pourquoi avoir craché sa sauce dedans? Pourquoi sa mère avait-elle ouvert les jambes? Pour l'avoir, elle? Mettre au monde une crève-la-faim? Plus d'une fois on lui avait présenté tel ou tel type comme étant son père. - Voilà ton père, ton foutu père, lui avait dit sa mère le jour de ses six ans, alors que son parrain débarquait avec un gâteau trop sucré. Alma aurait donné n'importe quoi à présent pour une miette d'un gâteau pareil, même rance. Un sirop fruité imaginaire coula dans ses veines fragiles. Il avait été question si souvent de l'identité véritable de ce maudit père. Le coup des poubelles ou du panier abandonné devant la porte, elle n'y croyait plus. Si le type du gâteau était son père, elle s'en foutait purement et simplement."
Zoé Valdés raconte l'histoire d'une jeune femme qui lui ressemble à s'y méprendre, depuis sa naissance très patriotique à Cuba, le 2 mai 1959, au lendemain d'un glorieux défilé de travailleurs, jusqu'à cette soirée ultime où, trente ans plus tard, en pleine "période spéciale" (privations, pénurie, liberté si précaire), les deux hommes de sa vie vont jouer aux échecs le privilège de finir la nuit avec elle. Dehors - dernier terme de cette éducation sentimentale et politique à la cubaine - semble l'attendre la mer immense, par où se sont déjà enfuis les amis chers?.
Cet avion était réservé aux diplomates. Elle était fille d'ambassadeur d'un pays pauvre. L'oeil avisé de l'attaché culturel anglais croyait reconnaître une sous-développée dotée d'une indéniable distinction. Cela ne la déprimait pas. Elle préférait se mettre en colère, ravaler d'un coup sec, dans le respect du protocole, le crachat furieux qu'elle destinait au visage anglo-saxon. Elle sortit son cahier et se mit à écrire fébrilement, rien à faire, ça l'excitait d'écrire le nom de cette ville. "Destination : Paris !" Elle avait laissé son amie derrière, dans les champs verdoyants. Et son fiancé, perdu dans la ville délavée. Ses parents l'attendaient toujours quelque part sur la planète, jamais à la maison, mais dans les aéroports.
Le baiser commença, très maniéré, avec le petit jeu de se faire passer le glaçon d'une langue à l'autre ; quand celui-ci fut dissous, leurs langues s'entremêlèrent comme deux serpents, et l'ingénuité devint pornographique. Il mordilla les lèvres de Cuquita, jusqu'à les faire gonfler, elle lui rendit la pareille, mais encore inhibée de timidité, peut-être. Leur baiser dura trois longs boléros, l'un de quatre minutes, le second de trois minutes vingt secondes et le troisième, de quatre minutes virgule trente-trois secondes. Au total, onze minutes virgule cinquante-trois secondes de suçotage et de coups de langue. La durée, c'est la Mechu qui la calcula, morte de jalousie, suffoquée, surexcitée.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...