Epoque des grandes ruptures - de l'Histoire, du savoir, du sens, du religieux - le XIX ? siècle n'a cessé de chercher des compensations et de faire resurgir, parfois malgré lui, ce qu'il croyait avoir enterré. Ainsi la magie, condamnée au nom de la raison scientifique, réapparaît-elle dans le champ de la littérature pour nourrir les oeuvres et les formes d'écriture les plus novatrices. C'est ce qu'Yves Vadé s'attache ici à démontrer , au fil d'une double histoire, intellectuelle et textuelle. Pa r-delà le sacre de l'écrivain, le sacre de l'écriture, de Chateaubriand l' "Enchanteur" à Rimbaud le "Voyant" . Chateaubriand est en effet le premier écrivain chez qui les prestiges de l'incantation se transposent en une "écriture d'enchantement" , parvenant à recréer au plan du texte un équivalent du monde mythico-magique, au moment même où elle en constate la disparition. Yves Vadé met en lumière la période de formation de cette tradition littéraire qui passe par Hugo, Nerval, Gautier, Baudelaire, Lautréamont, Mallarmé, Rimbaud et qui se poursuit jusqu'à André Breton dont le dernier livre portait précisément sur L'Art magique. Le sujet est à deux entrées : celle de l'imaginaire magique, que la littérature romantique exploite à sa manière, mais qui renvoie à un fonds immémorial ; celle de la magie de l'écriture, qui suppose, elle, des ambitions neuves, des procédés originaux, des situations historiques inédites. Registres différents, dont l'auteur montre qu'ils se conjoignent en miroir. Si l'écrivain se reflète dans les figures de magiciens qu'il aime à mettre en scène, il doit bien se rendre à l'évidence : "si proches qu'elles soient de la magie, ses formules ne sont douées d'aucun pouvoir sur le monde des phénomènes. Elles n'émeuvent que le vieux désir humain, enfermé en lui-même comme Merlin dans sa prison d'air" . Dans l'articulation de ces deux versants du même thème se dessine une thèse. Plutôt qu'un héritage ou un vestige dévalué des siècles où le sorcier, le mage, le prophète, l'enchanteur étaient craints ou vénérés, la magie propre au langage est la forme de reconquête d'un merveilleux perdu. A la cohérence ébranlée des croyances collectives se substitue la cohérence intrinsèque des écritures personnelles. En l'espace d'une page, d'une phrase ou d'un vers se reconstitue l'unité fugitive de l'univers et du mythe.
Nombre de pages
492
Date de parution
13/03/1990
Poids
505g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070718467
Titre
Enchant littéraire écrit et
Auteur
Vadé Yves
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
505
Date de parution
19900313
Nombre de pages
492,00 €
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Merlin, Orphée, Mélusine, ?dipe et le Sphinx, la Chimère et le dragon... Est-ce pour fuir le nouveau siècle qu'on a besoin de se retourner vers les figures mythiques dont l'origine se perd dans la nuit des temps ? Ce siècle si mal commencé qu'on aurait bien quelques raisons de se réfugier ailleurs. Mais ce n'est pas un mouvement de refuge ou de retrait qui ordonne ces études. Il s'agit bien plutôt de décloisonnement, de circulation à rétablir, de ponts à construire. Contre l'hyper spécialisation et la clôture des disciplines, le désir peut se faire jour d'échapper autant qu'il est possible à l'enfermement dans des cantons restreints de l'histoire et d'élargir le temps. De la naissance du personnage de Merlin à sa fortune médiévale, du fantastique médiéval au merveilleux surréaliste, de Breton à Michaux, Yves Vadé aborde à chaque fois Merlin selon un angle différent. Cet être à facettes multiples se prête à de tels changements de perspective. Il continue à parler dans sa tombe, affirme le mythe, mais sur ce qu'est cette tombe les versions diffèrent-simple fosse, rocher, esplumoir, prison d'air ou buisson d'aubépine. Passant de l'imaginaire du mythe au monde des textes, la critique lui édifie une autre sorte de tombeau, à partir des rapports enchevêtrés que Merlin entretient, dans la direction du passé, avec des êtres forts divers, et tout près de nous dans le temps avec des poètes qui furent aussi des chercheurs de secrets. Tous voués à une quête sans fin.
Depuis le 19ème siècle, s'entend la complainte d'une disparition progressive des traditions et des légendes. Mais à chaque génération, on s'aperçoit que nombre d'histoires, de croyances, de rites continuent d'être transmis. Plutôt que de parler de "survivance", mieux vaut y voir une "mémoire culturelle". Au centre de celle-ci, le calendrier, autant que la toponymie, se révèle un extraordinaire conservatoire de traditions, partie intégrante de ce "patrimoine culturel immatériel".
Tradition, transmission, transformation : si loin qu'elles remontent dans le passé, les traditions ne cessent de subir des changements qui les ouvrent sur le présent. Ces transformations, liées à l'histoire générale, aux échanges, au passage de l'oral à l'écrit une île de l'archipel japonais des Ryûkyû en fournit ici un exemple - ne sont pas moins dignes d'étude que la continuité d'une mémoire parfois millénaire. On verra comment des rituels de l'ours, communs à certaines régions des Pyrénées et de la Sibérie. trouvent des échos chez Rabelais, aussi bien que dans des coutumes propres à certains cantons de la Dordogne. On y trouvera l'origine d'Arlequin, dont l'Hellequin de la Chasse des morts est un autre avatar, transitant du récit populaire à la littérature savante. On se demandera pourquoi, au carnaval d'Arpajon, on brûle encore l'effigie d'un "triste sire Binot". et de quel fond lointain peut sortir le cheval Bayard, dont le sabot s'est incrusté à travers les territoires belges et français. Si ces manifestations d'antiques traditions font souvent figure, en Occident, de coutumes "folkloriques" limitées, il n'en va pas de même dans les cultures d'Asie. La geste de Rama, en Inde, la personnalité semilégendaire de Confucius, en Chine, continuent à soulever les passions, à susciter selon les cas l'enthousiasme. la dévotion, ou l'hostilité de populations entières, en rapport avec la politique du moment. Les nouveau médias - bande dessinée chinoise, dessins animés japonais - jouent leur partie dans cette transmission, comme dans le grand jeu idéologique. Car les traditions vivantes. en devenir, se révèlent ambivalentes. Un sentiment aussi positif que l'amour de la nature au Japon peut donner lieu à de douteuses déclarations nationalistes, aussi bien qu'aux films d'un Miyazaki, dont le message atteint à l'universel.
Vadé Yves ; Jegues-Wolkiewiez chantal ; Mohen Jean
Si toutes les anciennes cultures ont observé le ciel, on n'a pas fini de s'interroger sur leur niveau de savoir en ce domaine et sur les moyens d'observation qu'elles mettaient en œuvre. Peut-on parler d'astronomie préhistorique ? Les Magdaléniens avaient-ils repéré la course du soleil de l'un à l'autre solstice ? Les mégalithes sont-ils en relation avec le ciel ? Quels ont été les débuts de l'astronomie en Chine ? Comment le zodiaque a-t-il été transmis de Babylone en Occident ? Quelles connaissances les druides avaient-ils des phénomènes célestes ? Des gravures, des monnaies, des mythes auraient-ils enregistré l'observation d'une éclipse ou l'apparition d'une nova ? Ces questions ont longtemps donné lieu à des spéculations hasardeuses. On peut maintenant les aborder scientifiquement, comme le font ici les meilleurs spécialistes : Jean-Pierre Mohen et Chantal Jègues-Wolkiewiez pour la préhistoire, Silvia Cernuti associée à Venceslas Kruta pour les Celtes, Roland Laffitte sur Babylone, Jean-Marc Bonnet-Bidaud et Jean-Pierre Luminet pour la Chine... L'Asie centrale, avec l'étude de Lucien Kehren sur Ulugh Beg à Samarkand, l'Inde, avec les observatoires de Jaipur présentés par Pierre-Sylvain Filliozat, complètent ce vaste panorama. Autant de contributions à une discipline en plein essor : l'archéoastronomie.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.