Si par livres vous entendez parler de nos innombrables cahiers de papier imprimé, ployé, cousu, broché sous une couverture annonçant le titre de l'ouvrage, je vous avouerai franchement que je ne crois point, que l'invention de Gutenberg puisse ne pas tomber plus ou moins prochainement en désuétude. Je crois que si les livres ont leur destinée, cette destinée, plus que jamais, est à la veille de s'accomplir, le livre imprimé va disparaître. Ne sentez-vous pas que déjà ses excès le condamnent? Je crois donc au succès de tout ce qui flattera et entretiendra la paresse et l'égoïsme de l'homme; l'ascenseur a tué les ascensions dans les maisons; le phonographe détruira probablement l'imprimerie. Il y aura des cylindres inscripteurs légers comme des porte-plumes en celluloïd, qui contiendront cinq et six cents mots et qui fonctionneront qui tiendront dans la poche; toutes les vibrations de la voix y seront reproduites. Soit à la maison, soit à la promenade, en parcourant pédestrement les sites les plus remarquables et pittoresques, les heureux auditeurs éprouveront le plaisir ineffable de concilier l'hygiène et l'instruction, d'exercer en même temps leurs muscles et de nourrir leur intelligence, car il se fabriquera des phono-opéragraphes de poche, utiles pendant l'excursion dans les montagnes des Alpes ou à travers les Canons du Colorado. Après nous la fin des livres!
Date de parution
01/10/2008
Poids
48g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782845780903
Titre
LA FIN DES LIVRES
Auteur
UZANNE OCTAVE
Editeur
MANUCIUS
Largeur
120
Poids
48
Date de parution
20081001
Disponibilité
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Les libertins sont bien venus dans le monde, parce qu'ordinairement ils sont plus aimables que les autres, qu'ils ont plus d'esprit, plus de connaissance des hommes et du c'ur humain. Les femmes les aiment parce qu'elles sont libertines. Je ne suis pas bien sûr que les femmes se déplaisent sincèrement avec ceux qui les font rougir. Il n'y a peut-être pas une honnête femme qui n'ait eu quelques moments où elle n'aurait pas été fâchée qu'on la brusquât..."
u c'ur d'un salon parisien chez la marquise d'Espard, une conversation brillante réunit gens du monde, artistes et diplomates. Le point d'orgue de cette soirée mondaine est le récit confidentiel du Premier ministre Henri de Marsay.De Marsay raconte à ses convives comment il est devenu un monstre de sang-froid et un homme d'État accompli à travers une blessure de jeunesse. À dix-sept ans, éperdument amoureux d'une femme plus âgée, il découvre un jour par le plus pur des hasards, qu'elle le trompait cyniquement. Face à cette première trahison, au lieu de céder à une vengeance vulgaire ou à la colère d'un Othello, il choisit l'observation et le mépris silencieux. C'est ce moment de rupture qui forge sa stature politique, lui apprenant la qualité essentielle de l'homme d'État : savoir être toujours maître de soi et demeurer invariablement le spectateur froid de ses propres passions.Véritable carrefour de La Comédie humaine, publié en 1842 dans les Scènes de la vie privée, Autre étude de femme explore la psychologie féminine et les codes sociaux de la Restauration. Balzac y sublime l'esprit français à travers une joute oratoire où l'intime rencontre le politique, faisant du salon un laboratoire du pouvoir et des passions humaines.
Paris est la proie d'un immense chantage. Trois malfaiteurs fondent une redoutable association qui va faire trembler la capitale jusqu'aux moindres de ses tréfonds. Dans l'ombre, le placeur de domestiques Mascarot, le médecin homéopathe Hortebize et l'avocat Catenac recueillent méthodiquement les honteux petits secrets de la population parisienne. Au bout de vingt-cinq années d'efforts opiniâtres, ils disposent d'une mine de renseignements suffisamment fournie pour mettre enfin à exécution leur plan machiavélique. Autour de ces passions humaines si banales que sont l'amour, l'ambition et l'argent, les très nombreux personnages de l'intrigue tourbillonnent sans se rendre compte du piège tendu qui se referme inexorablement. Paris ne deviendra-t-il qu'un gigantesque marché aux esclaves ? Qui sera en mesure d'assembler toutes les pièces du puzzle afin de déjouer la formidable machination ? Monsieur Lecoq peut-être ?...
Géographe d'envergure proprement planétaire, familier des phénomènes de glaciations et des immenses espaces sibériens, Pierre Kropotkine (1842-1921) mériterait d'être qualifié, souverainement, de "Prince de l'anarchie". Prince, il l'est de fait, par son appartenance à l'aristocratie russe, au point de faire partie de la cour des Pages du Tsar, et Anarchie, par sa décision, unique dans l'histoire, d'abandonner ses terres, son rang d'officier des Cosaques, et de s'engager comme militant à part entière de l'action et de la pensée anarchistes, dont il rédige des textes devenus des références incontournables - sur l'éthique, comme souci majeur de l'homme, la solidarité comme principe de l'évolution, l'esprit de révolte comme structure inhérente de l'âme humaine (L'Homme révolté, comme dira Camus). L'Esprit de Révolte, courte analyse d'une clarté exemplaire, vaut aussi par sa manière originale d'aborder l'histoire, en focalisant l'intérêt sur sa face d'ombre, sur l'action, singulière, matricielle, de ces "sentinelles perdues", "individus héroïques" et presque toujours anonymes, qui mirent, littéralement parlant, le feu aux poudres, et symboliquement parlant, suscitèrent l'éveil à la lutte et l'entrée volontaire dans l'organisation économique, politique, sociale et culturelle des masses exploitées, manipulées, hallucinées, dupées. Ne l'entendez-vous pas, aujourd'hui, hurler, à travers la planète entière - l'esprit de la révolte?