Tout, dans ce texte qui retrace mon parcours, est une manière de dire le plus haut possible que les sans-abris constituent un appel à la vigilance sur l'évolution de notre monde. Comment est-il imaginable que des êtres en soient réduits à vivre en marge d'une société digne de ce nom, soi- disant évoluée ? Tout doit être fait pour que cesse cette honte." Dans "J'appartiens à la rue", Denis Uvier, ex sans-abri devenu éducateur de rue à Charleroi, témoigne de son combat quotidien pour aider les SDF à trouver leur place au soleil. Avec l'aide du journaliste Marcel Leroy, ce travailleur social militant interpelle l'opinion, au départ de son histoire qu'il partage en toute franchise. Parce que son chemin est pareil à celui de tant d'autres de ces citoyens qui s'évertuent à vivre debout, alors que la crise économique détruit des existences, inexorablement. Dans cette Europe qui compte 500 millions d'habitants, plus de 10 millions de gens n'ont pas droit à un toit décent. " Une trajectoire saisissante, forte et exemplaire. Le témoignage de ce "dernier des révoltés" qui trouble et pose des questions qui dérangent."
Marcel Douby est quinquagénaire, chômeur de longue durée, très longue, oiseau de nuit et petit magouilleur. Il vit chez sa mère et à ses crochets... Un jour, il se découvre par hasard une vocation... "? On s'est suçoté le museau et d'autres parties de nos anatomies en virant nos fringues. En douceur et profondeur comme dirait Adamo. J'ai suggéré qu'on gagne le plumard, plus commode pour la gratifier de ma petite spécialité. Pour le "? collier à la Marcel ? ", je prends un bon appui sur les genoux et les avant-bras, relax, confortable sur la petite dame, classique jusque-là, pas de quoi en faire tout un plat, un petit démarrage gentillet, de la langueur et de la romance au fond des yeux avant de me redresser et de la prendre au cou, en la gratifiant d'un beau sourire rassurant. - Comme ça, tu vas voir comme c'est bon... ? "
Chaque année, l?Insee chiffre le nombre de pauvres en France (8,2 millions en 2011) sans jamais proposer toutefois de lecture sur l?organisation politique qui génère cette pauvreté. Les pauvres surgissent ainsi sur la scène sociale comme une masse importante que l?on va aider ou punir, selon les mérites ou les défauts de chacun, mais rarement comme le symptôme d?une défaite sociale. Tandis que la fraction la plus riche de la population ne cesse de s?enrichir, la pauvreté n?est plus un phénomène qui relève d?une responsabilité collective. C?est pourquoi Catherine Herszberg est allée demander à des inconnus non pauvres, selon le critère européen, pourquoi les pauvres sont pauvres. Cette démarche s?inscrit dans la continuité de celle qui l?a déjà poussée à observer le sort réservé aux fous emprisonnés (Fresnes, une histoire de fou, 2007). A nouveau, il est question d?hommes mis à l?écart de la société, qu?on est soulagé de ne plus voir, leur vie n?intéressant à peu près personne. Cette enquête pointe ainsi comment le phénomène de la pauvreté s?est détaché du politique, et de notions comme la justice ou l?égalité, pour relever au mieux d?un discours compassionnel, voire charitable. Ce divorce conduit à l?acceptation de ce fait social comme une fatalité, voire une nécessité. Acceptation renforcée par la certitude que le capitalisme mondialisé produit un surplus d?êtres humains "inutiles", surplus appelé à croître dans les années à venir. "Dès lors, la seule question qui se pose est celle-ci: qu?est-ce qu?on va bien pouvoir faire de ces hommes en trop?"
Résumé : L'image choque : un SDF avec un portable dernier cri. Pourquoi ? Une dépense injustifiée ? Même s'ils en ont peu, les pauvres ont de l'argent. Cet argent est source de fantasmes : on l'imagine mal dépensé, mal utilisé, mal alloué. Pourtant, on s'interroge peu sur la manière dont ils le gèrent, ce qu'il devient et qui il enrichit. Des émeutes du Nutella à la baisse des APL, en passant par le steak doré de Franck Ribéry, cet essai déconstruit notre perception de la pauvreté et interroge notre rapport à la consommation : la place du luxe ou du superflu dans nos vies, les dépenses contraintes, la nécessité - ou non - des "petits plaisirs" que l'on s'octroie, ou encore l'influence du regard de l'autre sur nos achats.
Résumé : C'est l'histoire héroïque d'un éducateur auprès des sans abris, qui dénonce la mainmise des barons politiques sur les associations pour détourner de l'argent et corrompre les élus. Dans ce récit haletant, l'auteur raconte son combat, les menaces de mort, les gardes à vue qu'il a subi pour le faire taire. Il en sort aujourd'hui en héros en faisant tomber le maire de la ville.
La précarité s'est insinuée petit à petit à tous les étages de la société. Souvent réduite à la visibilité progressive de groupes de population cumulant des situations d'extrême pauvreté et des difficultés administratives, sociales et personnelles, la précarité n'en affecte pas moins l'ensemble du corps social. Le phénomène concerne également les acteurs socioéducatifs eux-mêmes, ainsi que les institutions dans lesquelles ils travaillent. Objet de préoccupation inévitable, la précarité n'est pour autant que rarement pensée et comprise pour ce qu'elle est : un changement radical du fonctionnement et de la nature de la société, comme de la place des institutions, ainsi que des besoins des publics. Le but de cet ouvrage est de permettre au lecteur d'appréhender au mieux ce que la précarité est en réalité. Le texte s'appuie sur une synthèse des connaissances sur le sujet, mais surtout sur les caractéristiques observables des phénomènes de "précarité" et de "précarisation". Les idées, les observations et les réflexions sont adossées aux difficultés des pratiques actuelles en matière d'intervention socioéducative, sanitaire et sociale, dans l'enseignement ou dans le secteur de l'éducation populaire. L'ensemble de l'ouvrage se réfère à une solide connaissance du fonctionnement des institutions, équipes et structures en ces domaines, et donne de nombreux exemples concrets des difficultés observables. Cet ouvrage relève les pistes d'évolutions et d'actions qui ne sont pas seulement possibles, mais sans doute nécessaires et urgentes.