Celui qui fut et qui demeure le prince des lettres, le "grand écrivain" par excellence et le grand "représentant de l'ère bourgeoise" (Thomas Mann) fut aussi - ce qui est moins connu - l'un des premiers auteurs à vivre de sa plume. Sa longue vie durant, Goethe batailla pour obtenir et instaurer les conditions matérielles de son indépendance. De ce combat aux multiples épisodes, parfois dramatiques, parfois cocasses, les droits moraux et patrimoniaux de l'écrivain devaient sortir sinon vainqueurs, du moins reconnus et respectés. Cette étude minutieusement documentée n'est pas seulement une contribution majeure à l'histoire intellectuelle et sociale, c'est aussi un roman quasi balzacien, qui se lit avec la passion de la découverte et le sourire de la complicité.
Nombre de pages
576
Date de parution
23/11/1995
Poids
647g
Largeur
149mm
Plus d'informations
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EAN
9782070732487
Titre
Goethe et ses éditeurs
Auteur
Unseld Siegfried
Editeur
GALLIMARD
Largeur
149
Poids
647
Date de parution
19951123
Nombre de pages
576,00 €
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Rilke, Brecht, Hesse et Robert Walser sont les écrivains qui servent d'exemple à ces études sur les relations éditeur-écrivain ; le plus grand poète allemand de ce siècle, l'auteur dramatique le plus important de son pays, le premier Prix Nobel de langue allemande de l'après-guerre et un des grands inconnus dont l'importance et la gloire augmentent chaque année. Quand l'éditeur possède à la fois la compréhension des choses de l'art et des problèmes de gestion de l'entreprise et qu'il y démontre un talent égal et multiple, il correspond à l'idée que se fait de lui un Siegfried Unseld. Avec un sens profond de l'intérêt matériel et intellectuel, il entretient des relations où se mêlent amitié et sens des affaires avec des écrivains qui, le plus souvent, ne se soucient guère de bilans et de comptes d'exploitation. Il publie ce qu'il apprécie et ne semble pas se soucier de glaner un peu de gloire ou les sarcasmes des confrères. Lire Siegfried Unseld c'est plonger dans une sorte de roman policier dont on sait par ailleurs le destin des personnages. Sauvera-t-il les textes de certains qui risquent de jaunir au fond d'un tiroir, vaincra-t-il les susceptibilités de l'un ou de l'autre ? Toutes les aventures se terminent pour le bonheur des lecteurs. A travers ces conférences qui se lisent comme la relation d'une conversation entre amis, Unseld, à la fois savant et familier, nous dévoile cette partie du parcours d'un livre qui habituellement nous reste cachée et nous rend un peu plus proches quatre auteurs de langue allemande, non des moindres. Une suite d'événements heureux l'amène aux éditions Suhrkamp en 1952. A la mort de Peter Suhrkamp, en 1959, il prend la direction de la maison. Sous son gouvernement les éditions Suhrkamp se développent encore et occuperont bientôt une place de première importance dans la vie intellectuelle en R.F.A.
Le retentissement que connaît Kafka dans le monde entier est dû aux oeuvres qui ne trouvèrent pas leur forme définitive de son vivant et qu'il destina lui-même dans son testament à être détruites (non sans inclure cependant une clause de sauvegarde). On sait que les sept livres qu'il a publiés entre 1912 et 1924 ne représentent qu'une partie de son oeuvre. Mais ce qu'on sait moins, c'est qu'en dépit de sa réticence pour la publication de son oeuvre, Kafka a rendu accessible au public chacun des textes qu'il avait achevés ; certains de ces textes en prose parurent plusieurs fois, certains même jusqu'à quatre fois. Aussi peut-on se demander dès le départ pourquoi des oeuvres plus importantes ne furent pas achevées (et, du même coup, publiées), pourquoi surtout les trois grands "romans" - L'Amérique, Le Procès et Le Château - sont restés sous forme de fragments alors que Kafka les a de toute évidence entrepris avec l'intention de les publier par la suite. Cette question est importante, tant pour l'oeuvre que pour la vie de Kafka. Car avec le soutien que lui aurait apporté la publication d'un "grand livre", cette existence d'écrivain aurait perdu à ses yeux son caractère illusoire. Kafka en était bien conscient. La "non-publication" d'un premier grand livre finit par peser sur lui au point de le "complexer", car il ressentait constamment l'impossibilité d'être un écrivain. L'ouvrage de Joachim Unseld ne prétend pas résoudre tous les problèmes devant lesquels nous nous trouvons. Il cerne avec précision les corrélations entre la vie de Kafka et son activité d'écrivain, l'étroite imbrication entre sa vie privée, intime, et les institutions de la vie littéraire, l'aspect à la fois subjectif et objectif de son existence d'écrivain, la seule qui ait finalement compté pour lui et sur laquelle se sont répercutés les échecs de ses tentatives pour être reconnu publiquement. Si bien que cette histoire des relations de Kafka avec ses éditeurs pourrait bien constituer la biographie "en creux", la seule "vie d'un auteur" dévoré par l'écriture.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.