Penser Fourier aujourd'hui, c'est tenter de repérer à la fois un tournant non pris par la pensée et d'en envisager les possibilités d'application à notre réalité. D'emblée et comme une évidence, une structure théorique ébauchée au début du dix-neuvième siècle, promue éclaircissante pour un début de vingt et unième siècle, pourrait bien simplement n'éclairer que, selon le terme de Fourier, notre impéritie. Et sans doute accordons qu'il serait bien naïf de vouloir tordre le monde sous les cadres d'une théorie née en d'autres temps. Le problème que pose Fourier est celui du champ de la discussion interne propre à la philosophie. En d'autres termes, si la philosophie trouve sa pertinence à dire le monde dans ses discussions internes, dans ses polémiques intra-familiales, c'est l'appartenance de Fourier au cercle qui est interrogée. Le problème est celui de son intégration ou non au monde des philosophes. Mais par-delà cette question un grand nombre d'autres se profile autour de ceci qui interroge le prix de l'intégration. Qu'est-ce qui est ôté à un homme pour qu'il soit entré dans le corps des philosophes ? Disons de Socrate à Nietzsche, en passant par Descartes, qu'ils soient devenus référence, on le sait à les lire, passe par gommages. Et de ce qui est gommé, c'est quelque chose de l'ordre d'un impossible entre l'instabilité vécue sous forme d'énoncés, jusqu'à la folie.
Nombre de pages
191
Date de parution
12/02/2000
Poids
256g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841741908
Titre
Charles Fourier ou La peur de la raison
Auteur
Ucciani Louis
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
256
Date de parution
20000212
Nombre de pages
191,00 €
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Résumé : De la phénoménologie augustinienne parcourue dans les Confessions disons qu'elle serait celle du désastre et qu'elle dessine les contours d'un moi à la fois sujet, observateur et objet du désastre. La conceptualisation si elle peut tenir dans la désignation générale du moi, en dégage et en dessine une structure. Il est ce qui se révèle à soi-même dans la distance éprouvée à son objet. Pourrait-on dire alors que s'il n'y avait cette distance il n'y aurait pas de moi ? Ce qui, prolongé, amènerait la question jusqu'à envisager si, une fois Dieu atteint, il y a encore du moi ? Que le moi se découvre à soi-même dans la distance, en fait un être du manque qu'il tenterait de résoudre, sous l'impulsion de ses volontés liantes, dans la liaison dont le signe et son prolongement le mot seraient la tentative. Mais que l'expression liante soit, par-delà la possession envisagée de l'objet, une expression de soi, introduit les Confessions à être la forme élaborée de ce dont le corps à la recherche de ses membres est le schème. Une expression de soi comme être délié en quête de la liaison. La confession est alors à la fois parcours de la déliaison à la recherche du lien, parcours du moi jusqu'à Dieu, et parcours de la spatialité jusqu'à la temporalité.
Résumé : Plotin est à un croisement historique. Il contemple et parcourt la fin du monde grec et se confronte au monde chrétien qui naît. En lui on trouve la trame et le moule où l'esprit chrétien saura se fondre. Il sera le socle théorique et philosophique où le christianisme saura trouver raison. Mais en même temps il demeure grec et c'est dans une résistance à ce qui naît sous ses yeux qu'il élabore sa propre philosophie. On peut lire sa critique des Gnostiques à la fois comme une adhésion à ce qui se développe de christianisme et comme une réaffirmation des fondements grecs de la pensée. Sur un autre versant sa tentative de théoriser l'amour dessine de même le partage des mondes. Entre le multiple des grecs et l'unique des chrétiens, il trace une définition de l'amour où l'amour chrétien saura s'écrire. Se prépare alors la grande mutation où l'individu grec tiraillé entre résistance au christianisme et adhésion à la nouvelle donne du monde, se transforme en ce soi qui, avec Augustin, deviendra le moi. S'écrit en quelque sorte une genèse où entre résistance, constitution et amour, se dessine l'identité occidentale. Mais dans toute naissance il y a le relégué, ce qui n'émerge pas, ce contre quoi apparaît ce qui apparaît. Un autre monde, celui non éclos qui éclaire en négatif celui qui a su s'imposer, donne ses contours. Les gnostiques ici comme habitants de l'ombre du monde.
Il s'agit pour le philosophe d'interroger le geste du peintre qui fait advenir formes et couleurs. Cela aboutit à une logique de la forme autour de peintures mettant en évidence son émergence. Trois peintres de la modernité qui sont aussi trois peintres de l'origine : avec Jean Messagier on voit comment la force devient visible, avec Aurélie Nemours on voit le visible devenir forme et avec Zao Wou-Ki on voit la forme devenir icône. Trois confrontations à l'origine de la manifestation, trois stades de son expression dégagent comment l'invisible devient visible et donc énoncent quelque chose du sens de la création. En arrière-fond, l'époque, la nôtre et ce qu'elle dit de la fin de la peinture, face à son jugement, la peinture résiste, Jean Lecoultre devenant ici le porte voix de cette résistance. Les textes qui constituent cet ouvrage ont pour certains été publiés dans différents catalogues d'exposition de l'IVAM, pour Zao Wou-Ki (2001) et Aurélie Nemours (1998), du Musée des beaux-arts de Rennes (Aurélie Nemours, 1999), du Musée d'Ixelles (Zao Wou-Ki, 2001), aux Ediciones del Umbral (Jean Lecoultre, 2002) ou encore, dans la monographie consacrée à Jean Messagier, aux Éditions Marval en 1992. Réunis ici, ils concrétisent ce qu'ils étaient à l'origine, un livre sur la peinture ; précisons un livre de philosophie sur la peinture.
Zalmen Gradowski est né en 1910 à Suwalki, ville polonaise située près de la frontière lituanienne, dans une famille de commerçants très religieux. Le 8 décembre 1942, il est déporté avec sa famille à Birkenau qui est gazée le jour même; quant à lui, il est rapidement transféré au Sonderkommando du crématoire III. Il est assassiné le 4 octobre 1944 lors de la révolte du Sonderkommando dont il est un des chefs.