J'ai écrit ce roman à Finchley, dans la banlieue de Londres, en 1946-1947. A une époque où ma femme et moi étions très proches du suicide". Inspiré par la propre expérience de l'auteur, roman d'une modernité étourdissante et au lyrisme enivrant, Le Roman de Londres suit le destin d'un exilé russe et de sa femme à Londres après la Seconde Guerre mondiale. Le prince Repnine et son épouse Nadia errent dans une ville qui les ignore, ils s'efforcent d'exister dans le désespoir de l'inappartenance. Dès le début de leur histoire se dessine la terrible voie du prince pour échapper au désespoir. Cette fatalité déterminera le cours de ce roman épique, rappelant la difficulté de l'homme à vivre dans la confusion de l'époque contemporaine. Livre de toutes les personnes déplacées, portrait d'une ville tentaculaire, Le Roman de Londres est en même temps un roman d'amour poignant et une réflexion profonde sur le libéralisme effréné.
Résumé : Les peuples asservis perdent un bien plus précieux que leur liberté : ce qu'on appelait jadis leur âme, ce qu'on nomme aujourd'hui leur identité. Au XVIIIe siècle, pour fuir la domination des Turcs, des milliers de Serbes émigraient dans l'empire voisin, l'Autriche. Mais beaucoup d'entre eux rêvaient d'une terre plus lointaine, slave et orthodoxe comme la leur, où ils pourraient refaire leur vie : la Russie. Migrations est le roman de cette diaspora. C'est aussi le poème de toutes les espérances et de toutes les nostalgies, le chant des patries perdues et des paradis qui se dérobent. Au-delà de l'anecdote historique, entremêlée de drames et de comédies, un sentiment de profonde mélancolie parcourt le livre, lui donnant une dimension universelle et comme une vision cosmique des destinées humaines. Il n'y a pas d'Orient salvateur. La terre promise n'existe pas. Il faut lire Migrations comme on lit Melville ou Tolstoï, en se laissant porter par le flux des mots, la houle des phrases, le rythme sourd, ample, obsédant, qui ponctue cette grande fresque romanesque et en fait à coup sûr une des oeuvres les plus originales de la littérature universelle.
Cette tache d'humidité apparue sur le mur de la salle de bains était-elle un signe ? Alors que le narrateur récupère les résultats d'une analyse de routine, le médecin annonce un petit doute sur le VIH En attendant le verdict d'un examen de confirmation, il ne peut partager son anxiété avec son père, venu faire des travaux de réfection dans son studio, ni avec son dernier partenaire - ils n'ont pas prévu de se revoir. Les heures passent au ralenti ; rêves et souvenirs contaminent la réalité. La tache qui progresse au-dessus du lavabo matérialise l'invasion rampante de l'inquiétude : que sera-t-il permis de vivre et d'espérer au-delà de l'angoisse ? Etonnamment souple, poétique, ludique, la langue de ce roman se distord, insinuant que la peur est une affection psychotrope.