Les douze études réunies ici sur Jean Scot Erigène, philosophe irlandais du IXe siècle qui redécouvrit plusieurs intuitions originales du néoplatonisme, constituent les derniers travaux de Jean Trouillard. Après sa thèse sur la procession et la purification plotinienne, et à la suite de ses traductions et commentaires de Proclus, il préparait un ouvrage sur Jean Scot qui ne vit jamais le jour. Or, ce que la lecture des esquisses de cette oeuvre laissée en suspens nous apprend, c'est que ce passage à Erigène a été aussi décisif que celui qui l'avait conduit de Plotin à Proclus. Là où il était possible de craindre une fixation du mouvement de la pensée néoplatonicienne dans les divisions stériles d'une théologie apologétique, Trouillard nous montre qu'il est au contraire impossible de réduire Jean Scot à la seule problématique catégoriale qui ouvre le Periphyseon. Erigène constitue un jalon essentiel dans la latinisation du néoplatonisme où se manifeste avec une force nouvelle la rigueur systématique d'un courant encore trop ignoré, porteur d'un paradigme métaphysique qui n'a pourtant jamais été aussi nécessaire qu'aujourd'hui.
Nombre de pages
296
Date de parution
18/06/2014
Poids
373g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782705688271
Titre
Jean Scot Erigène. Etudes
Auteur
Trouillard Jean ; Berland Frédéric
Editeur
HERMANN
Largeur
140
Poids
373
Date de parution
20140618
Nombre de pages
296,00 €
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L'ouvrage de Jean Trouillard explicite rigoureusement l'exigence de libération qui constitue la philosophie de Plotin. Dans une spéculative fidélité à l'égard de l'intention critique des Ennéades, il déploie pour son lecteur toutes les conditions de la conversion spirituelle. Tant éthique qu'ontologique celle-ci nous conduit, dans et par une rigoureuse analyse, vers le principe même de la pensée. Dans cette exigence hénologique, la philosophie s'identifie à la puissance de simplification qu'est le désir de l'Un. Avec La purification plotinienne, bien plus qu'une étude savante de l'oeuvre de Plotin, c'est une reprise philosophique du néoplatonisme le plus radical que nous redonnons à nouveau à lire et méditer.
Les textes de Jean Trouillard traversent le temps sans encombre. Clarté et simplicité d'un questionnement qui va droit à l'essentiel et ne se laisse jamais ensevelir par l'érudition. Accompagnant les deux livres fondateurs sur Plotin et les deux livres tardifs sur Proclus, une quantité considérable d'articles méritait mieux que la poussière des bibliothèques. Par souci de cohérence, nous n'avons retenu que les textes sur les néoplatoniciens (en écartant les plus brefs), parmi lesquels l'auteur plaçait Jean Scot Erigène comme représentant tardif articulant néoplatonisme et christianisme. Jean Trouillard a concentré ses recherches sur Plotin dans les années 1940 et 1950, sur Proclus dans les années 1960 et 1970, sur Erigène dans les années 1970 et 1980. Le présent recueil suit ainsi son travail, qui correspond aussi à l'ordre chronologique des auteurs. Une première partie porte sur le néoplatonisme, qui commence "le jour où les platoniciens se mettent à chercher dans le Parménide le secret de la philosophie de Platon". Cette partie peut également se lire comme une autobiographie intellectuelle. Une deuxième partie porte sur Plotin, le plotinisme étant selon l'auteur "un des plus grands efforts pour transfigurer l'une par l'autre l'exigence religieuse et la vie de l'esprit, le dépouillement mystique et la rigueur critique". Une troisième partie est consacrée à la pensée de Proclus, qui est "une analyse de l'âme déployant en elle-même l'intégralité des puissances de l'Un". L'ouvrage se termine par une partie sur Erigène, qui a su réinventer l'intuition néoplatonicienne et l'articuler à sa foi, libérant "la vie religieuse de tout ce en quoi elle tend sans cesse à s'emprisonner", si "la Déité n'est pas manifestable". A travers ces analyses, le souffle très ancien de l'Un vient à nouveau caresser nos oreilles, dans sa rigueur spéculative et sa surprenante modernité.
Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l’histoire et la population haïtiennes, on a rarement l’occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu’une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants.Tout le monde s’en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l’attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines.Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d’une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l’auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l’humanité entière.Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.