Port-au-Prince, comme une pièce de charogne, une carcasse entre les mâchoires d'un chien sur sa décharge »: c'est là que commence le roman, lors des funérailles quasi nationales organisées à la mémoire d'un journaliste assassiné sur les ordres d'un sénateur véreux, membre influent de la mouvance Lavalas actuellement au pouvoir, qui prépare le retour du prêtre-président Aristide. Le personnage central du roman, Valéry Vlatine, est employé à la bibliothèque de l'Institut français. On est en période électorale, et Haïti vit dans un climat de guerre civile larvée. Vlatine occupe ses journées à se promener dans le pays, évitant les banlieues résidentielles fréquentées par les Blancs, cherchant un apaisement à son vague à l'âme dans les bras de très jeunes prostituées haïtiennes. Seule contrainte professionnelle, il doit accueillir un écrivain venu de métropole, Exantus Phanord, natif de l'île mais qui n'y est pas retourné depuis l'enfance. Vlatine le guide dans les quartiers populaires, puis lassé par la naïveté et les bons sentiments de l'écrivain, l'abandonne à son sort. Phanord se retrouvera dans une manifestation de l'opposition, des policiers l'embarqueront au poste où il fera un séjour à la fois instructif et traumatisant, qui hâtera son retour vers Paris. Vlatine a décidé de rester sur l'île, se rapproche d'une secte évangéliste dirigée par le pasteur Habermas, qui ne tarde pas à repérer ses qualités de prédicateur. Vlatine monte dans la hiérarchie et finit par fonder sa propre secte, baptisée le Rocher de Baden, avec quelques prêtres d'Habermas qu'il parvient à dévoyer. La secte a du succès, grâce à la force de persuasion du Blanc, et à la liqueur miraculeuse dont il vend les fioles à prix d'or (une mixture à laquelle il affirme avoir mélangé le sang de ses stigmates ? en fait, du sang de poulet). Il loue une superbe maison, qu'il appelle la Volière, dans laquelle il convie des restaveks, enfants abandonnés par leurs parents auprès de riches protecteurs. Entouré d'adolescentes, il se construit là son Eden privé. Mais sa disciple Guirlène, numéro deux de la secte, ancienne maîtresse qu'il délaisse, le trahit comme lui-même avait trahi Habermas. Elle entraîne les fidèles avec elle, et il se retrouve seul, Blanc parmi une population qui lui est désormais hostile.C'est un roman étrange, passionnant, magnifiquement écrit. Ce qui retient et fascine, c'est l'écriture tonique, inventive, foisonnante, très libre et mûre: on peut appeler cela un style. Le thème lui-même, l'intrigue et ses ressorts, ne sont qu'un support à cette fête de mots qui savent aussi bien célébrer le corps des femmes que décrire la haine, la médiocrité, la déliquescence tropicale, la tyrannie du désir qui pousse les hommes à leur perte, la violence et la perversité des rapports post-coloniaux? Les dialogues, acérés, font preuve d'une grande maîtrise. Les caractères sont remarquablement ébauchés. Trillard donne à chaque page la preuve sans conteste d'une exceptionnelle puissance romanesque. Peu d'auteurs, en tout cas, sont capables de restituer avec une telle vigueur d'évocation des atmosphères de moiteur tropicale, de violence collective, d'érotisme trouble.
Il y avait deux ans que l'Agence régionale de santé cherchait à effacer le canton de Theyllise de la carte des déserts médicaux, jusqu'à l'arrivée de Jeanne Ambarel au village de Malabre en remplacement de feu le docteur Malbosc. Bien décidée à s'intégrer rapidement à la population pour son premier poste, elle découvre peu à peu une communauté un peu fruste mais bon enfant, avec ses coutumes énigmatiques. Abandonnée à ce cabinet à la pesante histoire, où nul patient ne se résout à franchir le seuil, elle tente de saisir le passé médical des Malabrais. Entre processions païennes, éducation et us d'un autre temps, elle comprend que tout le village partage un secret et qu'elle ne le percera qu'en forçant son passé.
Des Informations sur la culture, l'histoire, la nature, les curiosités, les sites incontournables et les musées. Des itinéraires illustrés de plans et cartes. Des informations pratiques (monnaie, transports, formalités, adresses utiles?). Un guide complet dans un format poche.Le Plus: son petit format(Source: Cartothèque E.G.G.)
Je m'appelle Victor Levantin. Jusqu'à hier après-midi, j'étais directeur du zoo de cette ville. L'administration municipale m'a destitué de ma fonction en raison, je cite, d'un comportement incompatible avec les responsabilités de votre emploi, et d'événements infiniment regrettables survenus dans l'enceinte du zoo. L'expression " événements infiniment regrettables " témoigne parfaitement de la totale incompréhension de mes contemporains à l'égard de ma démarche. J'ai simplement tenté, et fait aboutir, quelques expériences qui me paraissaient dignes d'intérêt. Certains résultats, j'en conviens, furent assez spectaculaires. Mais on ne fait pas d'omelette sans casser d'?ufs.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l?intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d?une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l?entrée en littérature d?Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l?Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l?exil.« Un magnifique roman sur l?exil. Un petit bijou. » Le Parisien« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL« Racé comme du Almodóvar. Un coup d?éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point« Par la grâce d'un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l'Ouest« Cette épopée ne s'oublie pas. » Le Figaro« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres« Un émouvant premier roman autour d?une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle« Un superbe premier roman. » Europe 1« Une réussite. » Causette Notes Biographiques : Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D?origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n?en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.