En raison du mouvement de grève à Bpost, nous vous recommandons de privilégier les envois par Mondial Relay sur notre site.
L'Hébreu, une philosophie. Vers une nouvelle pensée juive
Trigano Shmuel
HERMANN
29,15 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782705689469
Extrait Extrait de l'introduction L'art du Tabernacle La langue hébraïque porte, avant toute signification, une pensée, un paysage intellectuel et imaginaire, une socialité. C'est le propre de toute langue, remarquera-ton, mais chaque langue donne voix à un génie unique et met en forme une construction de l'expérience humaine à nulle autre pareille. Il existe ainsi, à hauteur de la langue, une pensée d'avant toutes les pensées, une source de sens où s'abreuvent les représentations et les doctrines qui la mettent en forme. «Ma langue pensera ta justice», proclament les Psaumes (Ps 35,28). Avant même que la justice ne soit coulée dans une injonction ou une définition, avant qu'elle ne soit pensée dans la diversité des opinions et des théories, elle porte un sens dans le mot même qui la dénote du dehors et dont la compréhension dépendra du contexte et de l'interprétation que l'on en donnera, au sein de l'économie générale de la langue. À ce niveau d'appréhension, c'est de la langue comme «poïétique» qu'il est question, à savoir, selon Paul Valéry, des conditions de création de l'oeuvre d'art (poïeol je fais, en grec), en l'occurrence de la pensée en train de se faire dans et par la langue au sein de laquelle elle s'édifie. En étudiant la pensée qui habite la langue, on accéderait ainsi au laboratoire secret de l'intelligence de l'humanité propre à chaque peuple. Une expression biblique pourrait désigner la notion de «poïétique», melékhète mahshava, que l'on trouve dans le récit de l'Exode. On y trouve la représentation de cette scène originelle, de la pensée d'avant toutes les pensées, à l'occasion de la construction du Tabernacle du désert, de la «Tente du moment fixé». Le savoir nécessaire à cette édification est censé venir du Ciel et est conféré à un homme et à son second. YHVH a nommé Betsalel, fils de Ouri fils de Hour de la tribu de Juda. Il l'a empli du souffle d'Elohim, en sagesse, en raison et en savoir et en toutes les techniques (Melakha) et pour penser des pensées afin de travailler l'or, l'argent et le cuivre, de tailler la pierre, de la sertir et de travailler le bois, d'oeuvrer dans toutes les techniques de la pensée ; et il a donné à son coeur, à lui et à Oholiab, fils d'Akhisamac, de la tribu de Dan, (le don) d'enseigner. Il les a remplis de sagesse de coeur pour travailler dans toutes les techniques de l'artisan, du penseur, du brodeur dans l'azur et la pourpre, l'écarlate et le fin lin, et du tisserand, maîtres d'oeuvre de toute technique et penseurs de pensées. Betsalel et Oholiab et tout homme sage de coeur à qui YHVH avait donné la sagesse et la raison exécutèrent (les travaux) en ce qu'ils savaient faire usage de toute technique propre au travail de la séparation (sainteté) conformément à tout ce que YHVH avait ordonné. Moïse appela Betsalel et Oholiab et tout homme sage de coeur auquel YHVH avait donné la sagesse dans son coeur, tout homme que son coeur portait à se rapprocher de l'oeuvre pour la faire... (Ex 35,30-33 ; 36, 1-2) Ce texte, d'une portée considérable, laisse entrevoir les problèmes significatifs que soulève le projet d'analyser la poïétique de l'hébreu. Il faudrait déjà remarquer le système sous-jacent qui le sous-tend. Le lecteur avisé constate en effet que dans l'acte de la construction du Tabernacle les deux noms divins sont réunis, de même que les représentants des deux ensembles qui constituent le peuple d'Israël, l'un appartenant aux tribus de Léa (Juda) et l'autre aux tribus de Rachel (Dan), les deux femmes de Jacob, père des douze tribus. C'est dire l'hypothèse de la cohérence par delà les contraires qui caractérise la science du Tabernacle : il s'agit en effet de broder, tisser et... penser (32-35), de composer les matières premières du monde (bois, pierre, lin, or, argent, cuivre) qui désignent ici autant de catégories diverses de la pensée. La construction vise à abriter l'Être, YHVH, dans sa séparation (la sainteté se dit séparation). (...)
Résumé : Entreprendre de dire l'identité juive, aujourd'hui comme hier, c'est s'exposer aux risques de l'illisibilité. Illisibilité de sens. Les porteurs de cette identité eux-mêmes sont saisis d'égarement dès qu'il s'agit pour eux de se dire ou de se comprendre : c'est comme si n'arrivait pas à se dire la réalité de cette identité, comme si les mots étaient entachés d'erreur et de gratuité aussitôt que prononcés, comme si l'identité juive, ou judéité, était rejetée hors des époques et des discours des temps et des textes qu'elle traverse. L'identité juive est-elle d'un autre âge ou a-t-elle aujourd'hui un relief autre que celui que découpe le regard des autres sur la surface du monde ? S. T.
Libérer la judéité d'une modernité mortifère, dans laquelle, pour exister dehors où s'érigeait l'empire exclusif du politique, elle devait renoncer à elle comme force historique dans le politique, et accepter son exil dans un «dedans» d'occultation et de négation : assumer sa mort pour la vie...Telle était, dès l'origine, l'ambition de cet ouvrage dont l'écho fut immédiat.Cette première critique de la modernité juive, finissante et caduque, en une époque où la crise du politique est évidente, veut fonder la Nouvelle Jérusalemn où le juif ne sera plus étranger à lui-même dans l'histoire. Ouverture d'une nouvelle «modernité» juive, d'une ère nouvelle de la judéité dans le monde contemporain.Voici donc la formulation de ce qui apparaîtra peut-être comme la première théorie juive du politique : elle affronte et traverse à visage nu le fait politique contemporain, le dépasse activement au lieu de s'y adapter et de le reproduire. À seule fin de rompre avec l'enfermement dans le monde privé, de sortir les disparus de leurs caveaux, faire de l'ancien du nouveau, et de la décrépitude nocturne une aurore.
Droit Roger-Pol ; Atlan Monique ; Masquelier Frédé
L'amour se raconte, s'éprouve, se rêve, s'étiole. Il fait hurler de joie ou de douleur, pousse à agir ou foudroie, transporte ou désespère. Mais peut-il être l'objet d'un savoir ? Ne pourrait-il être approché que par des récits, et non des concepts, par la littérature et la poésie, et non par la philosophie ? Ce qui est sûr, c'est que l'amour fait des histoires... que les philosophes ont longtemps négligées, n'y voyant que les marques de l'émotivité, de la passion, de la déraison. Pourtant, ces histoires sont riches d'enseignements. Comment naissent, vivent et meurent les histoires d'amour ? Du roman au cinéma, les récits d'aujourd'hui sont-ils comparables à ceux de jadis ? Aime-t-on de la même manière qu'autrefois, alors que semblent s'installer la peur de l'engagement et la défiance envers le sentiment amoureux ? Les philosophes et experts ici rassemblés nous invitent à envisager le lien amoureux comme une transformation sans cesse en devenir, tissu sans fin d'histoires humaines. Avec les textes de : Boris Cyrulnik, Vincent Delecroix, Frédérique Ildefonse, Sophie Galabru, Olivia Gazalé, Christian Godin, Francis Wolff
Latham Monica ; Amselle Frédérique ; Ferrer Daniel
Cet ouvrage propose une visite guidée des " antichambres " , " coulisses " et autres " arrière-cuisines " , où l'écriture de Virginia Woolf se prépare. Ses lieux d'écriture, à Londres ou dans la région du Sussex, révèlent les méthodes de travail de l'autrice autant que son environnement. En plus de sa prose romanesque et de ses essais critiques, Woolf écrivait quotidiennement dans son journal, tenait une correspondance régulière, et esquissait des projets dans ses carnets de travail. Ces milliers de pages offrent un formidable témoignage littéraire, où l'on peut la voir analyser avec lucidité sa propre méthode et réfléchir à son écriture, avec ses mécanismes, ses joies et ses peines. Alors que l'examen de la genèse de Mrs Dalloway révèle une écrivaine qui tâtonne afin de mettre en place sa vision unique et hautement ambitieuse du roman moderne, les manuscrits d'Une chambre à soi mettent au jour la rapidité d'écriture d'un essai littéraire et féministe qui résonne encore aujourd'hui. Suivre les processus d'écriture de ces textes nous permet d'observer à la fois l'écrivaine à l'oeuvre, et l'oeuvre en train de prendre forme, à la confluence de plusieurs courants, inspirations et idées novatrices.
L'image de l'empereur Néron, jouant de la lyre au moment où Rome brûlait à ses L'image de l'empereur Néron, jouant de la lyre au moment où Rome brûlait à ses pieds, a été immortalisée par le cinéma hollywoodien et a durablement imprégné l'imaginaire collectif. Or, beaucoup de ce que l'on croit savoir sur cette grande catastrophe historique est faux. Rome brûle relate comment l'incendie de 64 a détruit une bonne partie de la ville et plongé sa population dans la panique. L'ouvrage décrit également comment le feu a détruit l'image dorée de l'empereur Néron, et provoqué une crise financière qui a durablement influé sur l'économie romaine. Ce livre recenseen outre les récentes découvertes archéologiques qui permettent de mieux comprendre cet événement, et sa postérité dans la littérature, l'opéra ou le cinéma. S'appuyant sur une riche documentation, à la fois littéraire et archéologique, le professeur Anthony Barrett montre comment le grand incendie de Rome provoqua la chute de Néron et la fin de la dynastie julio-claudienne, et fut un point de bascule dans l'histoire romaine.
A travers 15 dilemmes redoutables, situés aussi bien dans notre quotidien que dans des futurs proches ou imaginés, ce livre met à l'épreuve nos certitudes et nos intuitions les plus profondes. Chaque situation force à trancher là où aucune solution ne permet de sortir indemne - là où décider signifie toujours renoncer. En croisant la pensée des grands auteurs classiques et contemporains avec des exemples issus de la science-fiction, de la culture populaire et de l'expérience ordinaire, Charlotte Peytour nous invite à philosopher autrement, de façon vivante et concrète. Ici, pas de bonnes réponses, mais des clés pour comprendre comment nous décidons, pourquoi nous hésitons et ce que chaque choix révèle de nous.
Ce livre réconcilie avec la base de la philosophie, et ça fait du bien. Loin d'être d'abord conçue comme de l'exégèse pointue, la philosophie existe parce qu'on l'a inventée pour répondre à des questions vitales. Parmi celles-ci : comment guérir de l'épreuve douloureuse d'exister, puisque vivre, tout simplement, ne va pas de soi ? Les philosophes, à travers l'histoire, ont apporté leurs réponses. La philosophie, dans ce livre, devient un guide de conduite formidable pour se réconcilier avec la vie.
Peut-on encore avoir recours à la pensée humaniste, cette philosophie lucide et joyeuse, inspirante et bienveillante, dans un monde où les repères sont à ce point brouillés ? Du XIVe siècle à nos jours, d'Erasme à l'espéranto, de Christine de Pisan à Bertrand Russell et de Voltaire à E.M. Forster, ce livre montre comment des femmes et des hommes d'hier et d'aujourd'hui, guidés par leur foi en la raison, ont placé l'amour de l'humanité tout entière au coeur de leur réflexion. Après son inoubliable Comment vivre ? , sur les traces de Montaigne, Sarah Bakewell nous convie à la découverte de la pensée libre, de son foisonnement d'idées et d'expériences, portées par une vision éthique de l'existence. Aujourd'hui plus que jamais, il s'avère urgent de s'inspirer de ces modèles d'humanisme.