David Treuer poursuit sa chronique désenchantée du destin des Indiens Ojibwa, dans le Minnesota. Comme un frère est, de bout en bout, parfaitement désespéré. Qu'on ne se retienne pas, pourtant, de se plonger dans l'histoire de Simon, de Betty, leur mère, de Lincoln, le fils de Lester, de One-Two, le vieil Indien, vétéran de la guerre de Corée et protecteur discret de la famille. L'histoire d'une population humiliée, abandonnée dans les quartiers les plus misérables d'une Minneapolis glaciale. Il sourd de ces pages sombres un parfum d'éternité, une lumière qui entraîne le lecteur au-delà de la douleur, du froid et de la solitude, par-delà la misère et la mort. Quelque chose de profondément noble et paisible. Comme ce cerf égaré sur un parking, illuminant de sa présence altière les toutes premières pages du roman. --Danielle Schramm