Une promenade. Une promenade attentive, à bicyclette, dans la campagne soviétique où normalement les touristes n'ont pas accès. C'est hors de tout contexte politique que je suis allée en URSS, en mai et juin 1988. Hors aussi de toute organisation touristique. Ce voyage dans les campagnes a été mis sur pied à ma demande par un éditeur de Moscou, qui a bien voulu m'inviter contre la promesse que je raconterais mon périple original par écrit, l'URSS de la perestroïka espérant montrer aux Français qu'il sera bientôt possible de visiter avec agrément un pays longtemps interdit. D'abord en Biélorussie dans une ancienne province polonaise, puis à l'est de Moscou, dans la région historique de Vladimir, enfin en pays cosaque, près du Don, après passage à Volgograd (ancienne Stalingrad), trois régions distantes entre elles de mille kilomètres : train, avion, voiture, mais une fois sur place, c'est à bicyclette que j'ai circulé, aidé d'un interprète joyeux et amical. J'ai respiré l'air et j'ai bien regardé. J'ai noté, je rapporte absolument tout. La parole des gens et le chant des oiseaux. Paysages, kolkhozes, élevages divers, isbas, jardins, forêts, bêtes sauvages, saunas, rivières et portraits, surtout des Russes rencontrés et interrogés, le récit, parce que c'était le mouvement même du voyage, pénètre de plus en plus vers le c'ur du pays. Jusqu'à cette fête de village, au fond de la steppe, où je fus baptisé cosaque.
Nombre de pages
278
Date de parution
03/03/1992
Poids
177g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070384778
Titre
Campagnes de Russie. Une amitié
Auteur
Trassard Jean-Loup
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
177
Date de parution
19920303
Nombre de pages
278,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les récits présentés ici m'ont aidé à faire affleurer, avec son poids et sa durée, une épaisseur de terre où s'enracine l'arbre sur lequel n'a cessé de tirer une balançoire, où rôde encore le mythe des loups, où de vieux pièges se ferment sur une poignée de neige. La maison d'enfance y est centre d'un cercle qui va s'élargissant: les fermes demeurent tapies dans les écarts et les chemins s'effacent dont l'encre cherche à retrouver la pente. Au fond du sabot que façonnent les mots s'ouvrent des étangs peu éclairés, une immense forêt où des temps encore plus anciens se tiennent cachés. L'ancolie fleurissait toujours sous un même pommier, dans un seul petit pré. Chaque année nous rendions visite à ce point bleu de l'espace. L'un des ancrages où tient le temps de maintenant est la verticalité de cette tige, aussi fine que tendue. Appel ou dernier adieu à l'ancien monde paysan, L'ancolie est une quête intime du sens et des signes, où Jean-Loup Trassard révèle son goût de la description lente et minutieuse des gens et des choses.
Ayant depuis plusieurs années cédé la ferme à son fils, Vincent Loiseau est vieux, de soixante-quinze ans ou plus. Il demeure quand même à La Hourdais, dans sa famille en somme, où il se contente des tâches dont il est encore capable et, surtout, que son fils lui laisse faire. Selon le désordre de la mémoire, mais avec minutie et un humour discret, il raconte sa vie de retiré sur place, les petits travaux qui l'occupent et ceux qu'il a rudement accomplis autrefois. C'est l'entretien des haies, son ouvrage préféré. Il en détaille les charmes, exprimant du même coup sa profonde solitude. Une solitude dans les choses, qui se console par leur contact, et celui des animaux. Voilà l'homme habillé d'écorces! Si son monologue permet d'entrer dans une ferme, d'écouter les voix paysannes tout au fond du bocage mayennais il y a quelques décennies, autant dire hier, c'est surtout l'occasion d'un jeu avec la langue pour restituer la façon singulière dont l'homme de la terre ressent ce qu'il fait, ce qu'il touche, et comment il le dit.
C'était hier, au XXe siècle, le forgeron d'un petit hameau de l'Ouest profond - la Mayenne - m'a permis d'entrer dans sa forge et pendant plusieurs jours d'un été incertain m'a conté son amour du métier et surtout montré son travail, les péripéties du combat entre le fer et le feu, avec l'eau qui feule sous la trempe et la corne fragile des chevaux dont le maréchal ferre le pied. Cette confiance de l'artisan me permet de vous murmurer à mon tour, dans la pénombre et l'odeur de ferraille, le poème des éléments." Jean-Loup Trassard.
«Un homme court dans les herbes hautes vers le visage des eaux qui s'éveillent : reflet d'une femme insaisissable ? Il tend les bras, le fil n'est plus de ceux qui aident à fuir les labyrinthes... Une forêt que tord et fait hurler la tempête produit une meute, la meute une chasse et la chasse un gibier humain... Dans les broussailles de la Mayenne mythologique, un personnage s'efforce de haler ensemble une femme et le jour hors de la nuit... Chacun, c'est connu, rêve qu'il vole. Mais si le ciel était affirmé, presque offert ? Au village on doute des paroles, on interroge "les livres de messe", quel sentiment pourrait faire voler... ? Un miroir, c'est la marque faite sur le tronc des arbres condamnés, mais aussi le mot rend inverses les chemins de qui s'arrache à la forêt et de qui doit s'y effacer... Le rituel ancien du labour, habité de chevaux percherons, réveille encore un narrateur qui, comme tous les personnages de ce livre, a le ventre juste contre la terre pour embrasser les éléments et sentir mieux leurs résonances, lesquelles vibrent d'un récit à l'autre... Mais ces vies peut-être ne sont que des "cours d'eau peu considérables" selon la définition donnée dans le dictionnaire Larousse aux ruisseaux. L'encre imite parmi les prés les plus minces de ces filets : mouvement, lumière et chanson ne révèlent pourtant pas le secret, voilà donc des pages écrites sur l'eau...» Jean-Loup Trassard.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys