Un demi-siècle passé à palper la soie à Lyon, à en apprendre les craquements et les soupirs, à en choisir les décors, à en connaître les miroitements, et surtout à en négocier des métrages si impressionnants qu'ils auraient pu relier l'Ancien au Nouveau Monde, a donné à Amélie Arbellière une propriété singulière : la soie a tapissé son âme. Elle a conduit sa vie. Cela n'est pas sans conséquences, car ce balancier natuel et souple fluctue toujours avec un peu d'avance sur les bouleversements du monde.Il semble, d'ailleurs, que le phénomène se soit étendu à tout l'entourage d'Amélie. Comme elle, le Commissionnaire en Soieries féru de médecine, l'andouilletière éperdue d'amour devant les plis d'un taffetas cramoisi, le journaliste américain Whist, Joannès, Thomas, Thérèse subissent les poussées mystérieuses de ces étoffes brassées à pleines mains. Aucun d'eux n'en maîtrise la force de séduction. Dans ces conditions, faut-il croire que le seul lieu vivant capable de réduire la soie à une matière domptée soit la maison d'enfance - Lumiera ? Fluide comme les reflets d'une étoffe, impénétrable, changeant, le Rhône qui coule non loin de là derrière les arbres détient peut-être la réponse.
Nombre de pages
264
Date de parution
12/03/1992
Poids
315g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070726134
Titre
La soie
Auteur
Tourneur Michelle
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
315
Date de parution
19920312
Nombre de pages
264,00 €
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Leur rencontre s'était produite tout à fait fortuitement sur les marches de pierre usées de l'escalier tournant : Colombe, la jeune actrice blonde à l'avenir prometteur, brisée par un chagrin d'amour ; monsieur Rong, cuisinier génial qui porte à leur sommet les mets les plus raffinés de la gastronomie chinoise ; Fulbert Castellac, l'homme des Chemins de Fer, privé de voyages, guetteur des mouvements et des pulsations de la maison, dans son long manteau de drap bleu à galons d'or. Rien ne devrait réunir ces trois-là. Rien si ce n'est le continent exotique du vieil escalier et cette attente insensée, à la limite du supportable, programmée par la petite sous les plis aériens du baldaquin blanc où elle prétend fuir le monde. De jour en jour, les pistes se brouillent ; les mémoires se réveillent. De jour en jour, le compte à rebours fait vaciller le mystérieux ordre établi dans l'équilibre des étages. Avec son écriture délicate et sensuelle, Michelle Tourneur s'insinue dans cette attente au goût d'amour et de mort, de nostalgie et de provocation qui, à travers l'accélération d'un temps compté, revêt pour les trois personnages la dimension d'un destin.
Des brasseries parisiennes aux vents déchaînés d'une île atlantique, Plunier promène sa question. Le peintre Hortus l'a-t-il vraiment embauché pour cette enquête sur sa vie ? Veut-il vraiment faire de lui son biographe exclusif ? Pourquoi ... Hortus, venu de Saint-Domingue, après un séjour en Castille, ne garde dans sa mémoire que les jeunes filles blondes, ses modèles. De la raison qui lui a fait quitter l'Espagne, il a tout oublié. Plunier ne sait pas encore que plonger dans cette amnésie, c'est être happé par les vents d'équinoxe qui soufflent autour de l'atelier ouvert sur l'océan. C'est être cahoté d'une révélation à une impasse, d'un mur de silence à un rideau de neige, d'un aveu à l'insolite apparition de Velazquez. Autour d'Hortus pourtant, ni Tacha son dernier amour, ni Faustine la belle logeuse, ni les marchands de tableaux Baxter ne semblent ignorer que cette peinture a un pouvoir d'ensorcellement. N'inciterait-elle pas à penser que cette chose perdue recherchée par Plunier serait l'un des fondements de toute vie humaine ... Dans ce récit tendu, la peinture devient chair lumineuse. On retrouve toute la sensualité, le sens des atmosphères et l'émotion de l'écriture propres à Michelle Tourneur.
- Comment avez-vous pu obtenir ce prêt gracieux de la Salle des Tritons ... - Par relations, monsieur le Président. Sur mon initiative un peu folle, les ors et les stucs de la vieille Salle des Tritons allaient en effet recevoir un flot de financiers parmi les plus prestigieux d'Europe. Pour cet événement, j'avais requis la complicité d'un Européen du Siècle des Lumières, Georg Friedrich Haendel, musicien, visionnaire, entrepreneur qui avait dû pactiser toute sa vie avec les caprices de la haute finance. La soirée promettait d'être inspirée, somptueuse. La neige se mit à tomber, elle engloutit la ville et les routes, assombrit la campagne. L'émotion, le trouble que je rencontrai au cours de cette nuit, ce n'étaient pas ceux que j'attendais. "
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.