31° Nord, 35° Est. Chroniques géographiques de la colonisation israélienne
Toufakji Khalil ; Maupas Stéphanie
LA DECOUVERTE
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EAN :9782348042263
Enfant de Jérusalem, Khalil Tafakji a sillonné la Palestine historique pendant trente ans, et cartographié la colonisation des territoires, depuis la création d'Israël en 1948 et l'occupation de la Cisjordanie et Gaza. Le géographe de Jérusalem raconte son histoire et à travers ses cartes, celle de la colonisation israélienne. " A 17 ans, je n'avais pas l'expérience de la guerre. Et puis j'ai vu les corps des soldats jordaniens qui jonchaient les rues ; et enterré les morts tout près de la vieille ville, à l'entrée de la porte aux Lions. Ce jour de juin 1967, je m'étais rendu au Mur des Lamentations que nous appelons El-Bourak. Des dizaines de maisons se dressaient alors à ses pieds. Les Israéliens avaient commencé à raser le quartier. J'observais les excavatrices à l'oeuvre, sans bien saisir la gravité de la scène que d'autres jouaient sous mes yeux. Mais depuis ce jour-là, je n'ai cessé de voir des maisons démolies. "Peut-on introduire une carte de Palestine, une nouvelle carte ? m'avait demandé Fayçal el-Husseini lorsque je rejoignis la Société d'Etudes Arabes en 1983. Fayçal, avec lequel je construirais des liens profonds, avait une formation d'officier. Il n'avait jamais combattu, mais voulait créer 'une salle des opérations". Ce fut donc la Maison d'Orient, à Jérusalem. Dans l'esprit des Palestiniens, la Maison d'Orient était plus qu'une municipalité clandestine. C'était la résistance. Lorsque j'ai rencontré Fayçal, nous avions une vision du futur. Nous pensions que nous aurions un Etat, et nous construisions ses institutions. Nous avions compris que nous aurions besoin de cartes, pour faire front face à Israël. Pendant presque trois ans, nous avons eu des discussions longues, souvent tendues, avec les Israéliens, en amont puis en aval de la déclaration d'Oslo. Je faisais partie de l'équipe palestinienne. J'étais le cartographe de l'équipe, un simple technicien. Mais en 1995, j'ai dit à Yasser Arafat qu'il n'y avait pas d'Etat palestinien. Qu'il n'avait pas d'Etat. Qu'il n'avait rien. Pour avoir observé pendant dix ans la colonisation de la Cisjordanie et l'avoir enregistrée sur des cartes, pour avoir regardé la vieille Jérusalem et l'Est de son visage batailler pour chaque centimètre, je savais que le projet d'Etat palestinien ne serait pas ici, pas sur cette terre. Pas aujourd'hui. Nous avons encore besoin de temps. Et nous avons besoin de chefs. "
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
La Nakba, la "catastrophe" : tel est le nom que les Palestiniens donnent à la guerre de 1948, événement désastreux qui provoqua le départ de quelque 850 000 réfugiés palestiniens. Du côté israélien, 1948 fut une guerre d'indépendance victorieuse qui aboutit à la création de l'Etat d'Israël. Israël s'est construit autour de cet événement, politiquement et "symboliquement". Très tôt, l'historiographie israélienne s'est emparée de cette victoire pour en tirer des "mythes fondateurs", tels que "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", "les Palestiniens ont fui les combats volontairement", ou encore "Israël a accepté la partition de l'ONU en 1947 alors que les Arabes l'ont refusée"... Tous ces récits mythiques sont ici revisités et, souvent, mis à mal. Depuis quelques années déjà, se développe en effet en Israël une nouvelle historiographie qui remet en cause la version officielle israélienne des faits, et notamment le problème des réfugiés palestiniens. Eugene L. Rogan et Avi Shlaim, deux éminents historiens du Moyen-Orient contemporain, ont rassemblé les contributions des meilleurs "nouveaux historiens" israéliens et universitaires arabes et occidentaux, pour offrir un regard totalement neuf sur la guerre de 1948, afin d'en comprendre les enjeux historiques et contemporains. Avec Fawaz A. Gerges, Rashid Khalidi, Joshua Landis, Benny Morris, Laila Parsons, Charles Tripp.
Depuis la résolution des Nations unies sur le partage de la Palestine et la proclamation de la création d'un Etat juif par David Ben Gourion en 1948, le Proche-Orient n'a jamais trouvé la paix. Pourtant, au début des années 1990, la main tendue de Yasser Arafat, qui reconnaît, de fait, l'existence de l'État d'Israël, et la réponse d'Itzhak Rabin laissent entrevoir la possibilité d'un accord de paix. L'espoir est de courte durée: le discours de paix de Rabin sera son dernier, et l'Autorité palestinienne représentée par Arafat sera affaiblie par les luttes internes et les pressions politico-militaires israéliennes.
Comment un État né comme refuge au lendemain de la Shoah peut-il exercer un régime d'oppression ? Comment le sionisme a-t-il pu évoluer d'un mouvement de libération et d'auto?détermination vers une idéologie ethno-nationaliste ? Par quels renversements tragiques de l'histoire a-t-on pu en arriver là ? Omer Bartov répond à ces questions vertigineuses en mêlant son analyse politique à un récit plus intime. Il raconte l'histoire des violences extrêmes à l'encontre des Palestiniens, décrypte la persistance de l'antisémitisme et la stigmatisation des critiques d'Israël. Écrit avec la douleur vive du présent, ce livre esquisse surtout un scénario pour l'avenir, rappelant que seule une pression internationale massive peut enrayer la plongée de l'État hébreu dans l'abîme. Omer Bartov est un historien israélo-américain, spécialiste de la Shoah. Il est professeur d'histoire européenne à l'université de Brown (États-Unis). Il est l'auteur d'Anatomie d'un génocide. Vie et mort dans une ville nommée Buczacz (Plein Jour, 2021 ; Champs, 2024), et L'Armée d'Hitler. La Wehrmacht, les nazis et la guerre (Les Belles lettres, 2024). Traduit de l'anglais par Lise Vermont
5 juin 1967-4 juin 1982 est une étape décisive de la question de Palestine, le moment où le conflit israélo-arabe connaît son apogée pour ensuite tendre à se transformer en conflit israélo-palestinien. L'occupation par Israël de la totalité de la Palestine mandataire remet en avant la dimension première du conflit, l'opposition des deux peuples. La révolution palestinienne contrecarre les projets des États arabes au risque d'une confrontation armée. La guerre de 1973 restaure l'honneur des États arabes et ouvre un processus de paix bien ambigu tandis que le Liban bascule dans une guerre civile qui attire à elle Israéliens et Palestiniens. Ce tome IV de la question de Palestine restaure le caractère unique de chacune des séquences historiques de cette période tumultueuse, les rendant pour la première fois intelligibles. C'est la première synthèse de ce genre issue d'un enseignement de plusieurs années au Collège de France. La description des événements permet de comprendre les mécanismes politiques du Moyen-Orient contemporain et l'évolution des sociétés, ainsi que les règles qui régissent les relations internationales dans cette région du monde.