Pourquoi Spinoza ne cesse-t-il de nous provoquer à penser aujourd'hui encore? Pourquoi des philosophes aussi différents, voire opposés, que Gilles Deleuze, Louis Althusser, Toni Negri cherchent-ils encore en sa pensée des éléments pour donner à la perspective de l'émancipation une nouvelle impulsion, un nouveau souffle?Cet ouvrage tente de donner une réponse motivée à cette question qui défie les traditions interprétatives. Spinoza est un moderne atypique, critique des impasses d'une certaine modernité, mais irréductible au relativisme et au scepticisme des post-modernes. Il déconstruit à la fois la métaphysique des Anciens et celle des Modernes en montrant la dépendance qui les soumet toutes deux au complexe théologico-politique. Inscrite dans le courant le plus radical des Lumières, la pensée-Spinoza éclaire ces Lumières sur leurs ombres. Son ressort consiste à penser la finitude contre la démesure de tout projet de maîtrise des choses et des hommes. Mais elle n'exclut pas l'infini, elle l'implique. Si le monde humain n'est pas un empire dans un empire, il demeure une partie finie indéfiniment en procès d'actualisation dans l'infini de l'affirmation neutre de l'être. Un rationalisme de la finitude positive en somme.
Nombre de pages
282
Date de parution
06/01/2009
Poids
310g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296077249
Titre
Spinoza ou l'autre (in)finitude
Auteur
Tosel André
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
310
Date de parution
20090106
Nombre de pages
282,00 €
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L'idée d'émancipation est partie intégrante de la modernité. Elle donne un sens concret au principe révolutionnaire de l'égale liberté de chaque femme, de chaque homme, de chaque citoyenne. Elle se réfère à une universalité de droit. Cette universalité récuse l'idée que la "société", le "peuple", la "nation", l' "humanité" se gouvernent en se fondant sur l'assujettissement de leurs membres à une autorité naturelle ou transcendante. Elle refuse le pouvoir qui se définit comme une contrainte selon le modèle ancestral de l'institution hiérarchique d'une domination. Pilier de la théorie de la révolution française et des révolutions libérales qui l'ont précédée en Europe ou aux Etats-Unis, l'émancipation est aussi au coeur de la révolution sociale, avec la lutte du mouvement ouvrier socialiste et communiste, des luttes pour l'indépendance nationale et de la libération anticolonialiste. Avec l'émancipation des femmes, elle s'étend à des sphères qui excèdent les dimensions territoriales. Dans ce livre, André Tosel explore ces multiples aspects du combat pour l'émancipation humaine. Il propose une reprise critique et pluraliste de cette idée qui tient compte des limites et des équivoques rencontrées dans l'histoire concrète des pratiques d'émancipation.