Odetta, Romaine d'âge mûr qui, ancienne libraire, loue une partie de son appartement du quartier San Lorenzo à des étudiants, se livre, dans cette première fiction de Michele Tortorici, à deux longues conversations : d'abord avec un électricien venu réparer une panne à son domicile entre midi et deux puis avec un nouveau locataire, arrivant ce même après-midi d'un dimanche d'hiver. Dialogues ? Pas vraiment car elle est seule à parler : une loghorrée où elle passe du coq à l'âne et dont elle renoue les fils avec une parfaite maestria. Monologues ? Pas vraiment non plus : ses phrases laissent constamment deviner les réponses de ses interlocuteurs ainsi que leurs gestes ou mimiques. Sûre d'elle, ne redoutant ni sujet grivois ni confession intime, l'intarissable logeuse est dotée d'une vaste culture embrassant les moindres répliques de Totò, le football, la linguistique, l'oeuvre de Dante - qu'elle peut citer de tête et commenter -, la philosophie, l'économie, bien sûr la politique, etc. Un savoureux pêle-mêle de cocasseries, réflexions fines, jugements à l'emporte-pièce et, surprenantes pour les deux " parfaits inconnus " qu'elle a en face d'elle à tour de rôle, confidences sur sa vie privée - celles-ci livrant à la fin un étonnant secret. Texte d'un allant continuel, tout d'humour et d'écoute et qui parfois n'est pas sans rappeler Au but, l'une des grandes pièces de Thomas Bernhard, Deux parfaits inconnus met en scène, littéralement, ce personnage remarquablement vivant et complexe qu'est Odetta et, par sa virtuosité narrative, sait faire du lecteur un autre interlocuteur - le troisième, comme caché mais non le moindre.
Date de parution
23/11/2014
Poids
155g
Largeur
185mm
Plus d'informations
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EAN
9782905357106
Titre
DEUX PARFAITS INCONNUS
ISBN
290535710X
Auteur
TORTORICI
Editeur
CHEMIN DE RONDE
Largeur
185
Poids
155
Date de parution
20141123
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Le 9 août 1914, Wittgenstein, qui s'est engagé deux jours plus tôt, rejoint son régiment stationné à Cracovie. Après une brève formation, il est affecté sur un aviso-torpilleur, le Goplana, à bord duquel il fait l'expérience de la guerre. Les notes qui composent les présents carnets datent de cette période. Initialement rédigées dans un code qui lui permettait de soustraire certains passages aux éventuels regards indiscrets, elles s'étendent du 9 août au 30 octobre 1914, du 30 octobre 1914 au 22 juin 1915 et du 28 mars au 19 août 1916. Les réflexions personnelles, voire intimes qui en font partie s'y entrelacent à ses méditations philosophiques, plus spécifiquement liées aux problèmes qui devraient donner naissance au Tractatus logico-philosophicus, achevé en 1918. autant qu'à son souci permanent du " travail " dans un contexte qui n'aurait pu être pire. Le Wittgenstein " secret " qui s'y révèle n'est sans doute pas celui que le Tractatus permet spontanément d'imaginer ; il permet toutefois d'entrevoir un visage qui n'est pas étranger à celui de sa philosophie - un visage qui s'accorde avec la dimension morale que revêtaient à ses yeux les problèmes intellectuels.
Exercices sur le tracé des ombres s'inscrit de façon originale dans le champ des publications consacrées à Walter Benjamin. S'appuyant principalement sur Sens unique et le Livre des passages - soit, dans le temps, les oeuvres extrêmes de l'auteur d'Origine du drame baroque allemand -, mais aussi sur sa correspondance (notamment ses échanges essentiels avec Scholem et Adorno), l'ouvrage prend en compte des points peu traités quant à lui par la critique française, dont la mise en question de la personne (de la personnalité), la construction du moi au travers des objets, des lieux, du frayage même de l'impersonnel. Y est reconsidérée - selon une perspective qui met en exergue un écrivain-philosophe foncièrement politique - sa conception du temps et de l'histoire; soulignée la puissance, pour elle, de l'idée de révolution, loin des palinodies des interlocuteurs et amis les plus chers (Adorno, Scholem). L'essai accorde toute sa place au régime de l'inactuel (cette déchronicité aussi prégnante chez Benjamin que chez Nietzsche) et s'attarde, naturellement mais avec invention, au travail de la citation: "espace-rupture", cour intense, dans le geste d'écrire, de l'opération de minage du corps-auteur qui aura constamment mobilisé une pensée dont Anne Roche veut et sait garder vifs tous les éclats, toutes les tensions.
À partir d'événements qui se sont produits avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, Mario Cavatore a construit une fiction mettant en scène un personnage emblématique, Lubo Reinhardt, Tsigane et citoyen suisse dont la femme a été assassinée et les deux enfants enlevés pour être placés dans un établissement censé donner aux petits tsiganes une éducation «correcte». L'oeuvre de bienfaisance Pro Juventute et son corollaire, Kinder der Landstrasse, ont agi ainsi en toute légalité dès l'année 1926 et des milliers d'enfants ont été arrachés à leurs familles puis déportés dans des centres ou des familles «d'accueil» sans jamais revoir leurs parents. Avec, bien sûr, la pleine approbation de l'Allemagne nazie. Reinhardt décide de faire pièce à cette ignominie de façon particulière: on lui a pris ses deux enfants, il va séduire le plus grand nombre de femmes croisant sa route et donner naissance au plus grand nombre possible d'enfants. Ainsi, en chacun d'eux coulera du sang tsigane et sa communauté, sa culture ne seront pas anéanties. Le roman se déroule sur près de trente années et, après le premier geste de Lubo, suit le destin de l'un de ses fils, Hugo, autour duquel évoluent sa mère, son demi frère, Hans, et plusieurs figures secondaires mais très importantes, campées avec une maîtrise avérée du portrait et du dialogue. Le narrateur, après une première partie qui pose l intrigue et la traite sur le mode du roman policier, laisse la parole à Hans qui, à son tour, la laissera, sous forme de lettre, à Hugo: deux confessions, deux témoignages déchirants de frères victimes d'une violence qui les a traversés et les dépasse tous deux. Mario Cavatore donne, avec Le Geste du semeur son premier livre, écrit à cinquante-six ans, un roman d une précision et d'un suspense implacables; un texte sobre, direct, jamais ne versant dans le pathos ou le manichéisme. Erri De Luca a salué, dès sa sortie, la force narrative et le sens de l'humain, au sein même de la protestation, de son auteur, dont il a rapproché le style de celui de Leonardo Sciascia. «Je tombe une ou deux fois par an sur un livre à recommander à un ami. Aujourd hui, c'est sur Il seminatore, de Mario Cavatore.» L'ouvrage a remporté en Italie le prix du Premier Roman 2004 et fait actuellement l'objet d'une adaptation cinématographique due à Giorgio Diritti.
Parfois, on entend dire qu'il va pleuvoir, et on ne prévoit pasque ce sera le déluge. Parfois, on entend dire It's Gonna Rain,et on ne prévoit pas que ce sera le déluge, de la musique. De lamusique, c'est certain, Steve Reich aura marqué l'histoire. Et,c'est important. Tout aussi important: comment sa musique audébut, avec It's Gonna Rain donc, mais aussi Come Out, PianoPhase, Clapping Music, pièces parfaitement radicales etparfaitement audibles, marque le temps et l'espace danslesquels elle s'inscrit. Et ainsi: comment sa musique, bien quetrès savante et très européenne, parvient à sortir de la traditionde la musique savante européenne et, américaine, invente denouveaux canons musicaux, en répétant, en décalant, en ne serépétant donc pas, en cherchant dans les ressources du son lui-même les moyens de changer la musique elle-même. Eninventant la musique de phase. Il faut l'écouter. Ceci est unessai. Ou mieux: une pure fiction.