Les Maladies nerveuses ou mentales et les manifestations diaboliques
TONQUEDEC Joseph de ; Verdier Jean
BEAUCHESNE
38,50 €
Epuisé
EAN :9782701004556
Il y a bien des manières d'interpréter les symptômes morbides et de les grouper. La pathologie mentale est une matière particulièrement complexe et subtile, un vaste domaine, d'accès difficile, en partie inexploré encore, où l'on fait tous les jours des découvertes, un terrain mouvant que des théories nouvelles bouleversent fréquemment, où les opinions - comme ailleurs et peut-être plus qu'ailleurs - naissent et meurent, ou bien coexistent et s'affrontent. Tout cela n'intéresse que les professionnels de la médecine. Pour notre part, il nous suffira de décrire des faits authentiques, admis par tous et d'observation courante, puis de les classer selon l'ordre qui nous paraîtra le plus naturel et le plus communément admis par la science médicale au moment où nous écrivons. Nous parviendrons ainsi à tracer quelques portraits de malades aisément reconnaissables, que les diverses écoles étiquetteront peut-être de façon variée (Exemple. Naguère les idées de M. Pierre Janet étaient admises presque sans conteste en France. Aujourd'hui, sous l'influence des doctrines de Bleuler, plusieurs donnent à la schizophrénie une partie de ce que le Professeur du Collège de France attribuait à la psychasthénie.), à délimiter quelques catégories que l'avenir pourra dissocier ou au contraire unifier (Exemple. Babinski a "démembré" l'hystérie de Charcot. Par contre, Freud réduit à une même racine diverses névroses et psychoses que distinguaient soigneusement les classiques.). Certaines, à la vérité, semblent bien impossibles à confondre, étant situées en des points dont la divergence saute aux yeux. Mais il n'en est pas ainsi de toutes, tant s'en faut ! Aussi nous arrivera-t-il à nous-même d'hésiter sur la place à donner à tels ou tels malades. Et nous le prévoyons bien : celle que nous leur aurons assignée sera parfois sujette à contestation. Le lecteur averti ne s'étonnera pas de ces incertitudes. Les spécialistes les plus compétents hésitent souvent sur le diagnostic à porter et ne sont pas toujours d'accord entre eux. Les questions ici étudiées n'appartiennent pas aux sciences dites exactes, où une seule et même conclusion s'impose infailliblement à tous. Mais peu importe pour notre but présent, qui est uniquement de mettre en bonne lumière, non pas des entités nosologiques invariables et incontestables, mais des symptômes pathologiques souvent confondus à tort avec ceux de l'action diabolique".
Nombre de pages
244
Date de parution
01/04/1938
Poids
801g
Plus d'informations
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EAN
9782701004556
Titre
Les Maladies nerveuses ou mentales et les manifestations diaboliques
Auteur
TONQUEDEC Joseph de ; Verdier Jean
Editeur
BEAUCHESNE
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Poids
801
Date de parution
19380401
Nombre de pages
244,00 €
Disponibilité
Epuisé
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LA DOCTRINE BLONDELIENNE DE LA CONNAISSANCE d'après "La Pensée" . Après un silence de plusieurs années, coupé seulement d'interventions occasionnelles et relativement brèves dans les débats philosophiques, M. Blondel nous offre aujourd'hui un ouvrage en deux volumes - plus de 1. 000 pages -, médité et mûri à loisir, qui nous révèle ses positions définitives sur le problème de la pensée. Un autre nous est promis qui aura pour objet -l'être, et enfin, sur ces larges assises, seront reprises les questions jadis traitées par l'auteur dans L'Action. Pour le moment, nous avons donc affaire au seul problème de la pensée. Bien que "l'être et l'action" soient "le support ; le ressort de la pensée elle-même" , et que "la solution complète du problème [de la pensée] implique l'étude nécessairement complémentaire" (l, XL) de ces deux réalités, on commence par la pensée, on part du fait de la pensée et on en cherche les conditions. On ne considère pas les résultats de la pensée, mais son exercice, non ce qui est pensé, mais le penser lui-même dans sa vie concrète (l, XII, XV). "Nous cherchons ce qui est impliqué en chaque pensée et en toute pensée... un "invariant" très réel dans la variabilité illimitée" , "un quid proprium, un quid commune, la présence effective ou même efficiente d'un dynamisme reliant tous les états en apparence épars ou même exclusifs les uns des autres" (I, xxx). Mais ceci ne peut se faire sans employer les procédés réflexifs. Il y aura donc, appliquées à la pensée vivante, "analyse" , "étude philosophique" , tendant à en constituer "la science organique" (l, XXXI, XXXIII, XXXVII). Dans le nouvel ouvrage dont l'objet est ainsi circonscrit, on rencontrera néanmoins plus d'une anticipation des problèmes ultérieurs et les principes qui serviront à les résoudre. Il n'en saurait être autrement de par la nature des choses et le caractère très synthétique de l'esprit de l'auteur. La philosophie générale de M. Blondel, celle que nous connaissions depuis L'Action, se retrouve, avec toute sa substance et ses articulations maîtresses, dans les deux volumes sut La Pensée. Nous en avons là un abondant commentaire explicatif et, par endroits, rectificatif : si l'on mettait en regard les textes de l'ouvrage récent et ceux des ouvrages anciens - tels qu'ils sont reproduits, par exemple, dans notre livre Immanence, - leur parallélisme, leur continuité foncière, parfois même leur similitude verbale éclaterait aux yeux. Du reste, l'auteur lui-même se réfère plusieurs fois de façon explicite à ses publications antérieures et les cite ici et là. Ce qu'il écrit aujourd'hui est destiné à les éclairer, à les compléter, à infléchir dans un sens plus sûr ou même à arrêter à temps certains de leurs développements, du moins à en émousser la pointe provocante. Mais La Pensée n'est pas seulement ce commentaire et contient autre chose que des corrections. Sur le tronc des doctrines primitives germent et pullulent quantité de réflexions nouvelles,
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.