L'origine de la circoncision se perd dans la nuit des temps : personne ne sait ni où, ni quand, ni comment cette curieuse intervention chirurgicale a pu surgir. Depuis quand l'homme a-t-il eu la surprenante idée de couper un morceau de son propre pénis ou de celui de son jeune garçon pour instituer du même coup un rituel qui défie le temps ? Castration symbolique ou acte prénuptial ? Substitut de sacrifice humain ou rituel de fertilité ? Rite de passage ou stigmate d'appartenance ? Ou tout cela à la fois ? On reste frappé par l'ancienneté, l'universalité et l'incroyable diversité de formes de la circoncision, dont les origines et les mythes justificateurs se retrouvent chez les peuples sans écriture comme dans deux des grandes religions monothéistes. Sans aucun doute plus vieille énigme de l'histoire de la chirurgie, la circoncision n'en est pas moins devenue, depuis près d'un siècle, surtout dans le monde anglo-saxon, une intervention banalisée, vidée de toute signification symbolique, mais chargée, au gré des modes médicales, de vertus hygiéniques et prophylactiques. Comment s'est opérée cette sécularisation ? Retour sur un geste sanglant à l'origine immémoriale, qui concerne des milliards de garçons de par le monde.
Résumé : Entre la vache Audhumla et le loup Fenrir, entre le frêne Yggdrasill et le dragon Fáfnir, les sombres forêts du Nord de l'Europe et les rivages des mers froides sont peuplés d'êtres merveilleux et fantastiques qui n'en finissent pas de nous fasciner. Après la mythologie grecque, la mythologie nordique, popularisée par Wagner depuis la fin du XIXe siècle, est celle qui a fourni le matériau mythique le plus important. Ses fables et ses légendes ont été principalement consignées dans des sources littéraires, surtout dans l'Edda de l'Islandais Snorri Sturluson (1179-1241), l'Islande étant le véritable conservatoire des antiquités nordiques. En 100 légendes, Patrick Guelpa nous propose de partir à la découverte d'un monde enchanté, où se côtoient dieux et déesses, Ódhinn, Thor et Freyja, monstres, valkyries, géants et nains, elfes et fées...
Spinoza fut attaqué de toutes parts, mais ses positions marquèrent les controverses sur la Bible, le droit naturel et la liberté de conscience. On retrouve sa trace dans les Lumières, l'idéalisme allemand, le marxisme et la psychanalyse. L'Ethique et le Traité théologico-politique construisent une pensée de la Raison, refusant la finalité, la Providence et l'illusion du libre arbitre, une pensée de l'universalité des lois de la nature, de la singularité individuelle, de la liberté de philosopher. Chez Spinoza, rien n'est au-dessus de l'entendement humain ; l'étendue n'est pas moins divine que la pensée ; le bien et le mal sont relatifs ; l'homme n'est pas un empire dans un empire ; la fin de l'Etat est la liberté.
Polymorphes et polyvalents, si les dieux de l'Egypte sont présents sur les stèles, les papyrus, les statues, les temples, ils semblent insaisissables : dans une religion sans dogme ni livre canonique, l'existence des dieux nous parvient fragmentée, éclatée en autant de parcelles vivantes qu'il y a de documents. Claude Traunecker propose au lecteur des clés pour pénétrer dans l'imaginaire des anciens Egyptiens, approcher le monde des dieux de l'Egypte et appréhender cette religion du savoir qui, pendant trois millénaires, a accumulé des connaissances du vrai justifiant des apparences du réel.
Une entrée par la "Sublime Porte" Apparus en Anatolie au début du XIVe siècle, les Ottomans occupèrent un rôle central dans les Balkans, en Europe orientale et au Moyen-Orient avant de disparaître avec la Grande Guerre. Leur empire, consacré par la prise de Constantinople en 1453, s'étendait au XVIIe siècle de la Hongrie au golfe Persique et du Yémen à l'Algérie. Cette superficie n'ayant d'égal que la diversité religieuse, ethnique et culturelle, l'Empire ottoman dut faire face aux défis du gigantisme et de l'hétérogénéité. Grevé par une machine étatique lourde et coûteuse, menacé par de puissants voisins, ralenti par une économie agraire, il perdit pied dans un monde dominé par l'Europe. Si l'occidentalisation lui accorda un long sursis, ce fut au prix d'une soumission aux forts relents coloniaux. Cent ans après la fin de l'Empire ottoman et la création de la république de Turquie qui lui succéda, Edhem Eldem propose de cette structure complexe, de son fonctionnement, de ses forces et de ses faiblesses un récit nuancé, doublé d'une analyse critique.
D'ores et déjà, les interfaces cerveau-machine permettent à un homme paralysé de marcher ou de transmettre ses pensées. Demain, nous utiliserons l'IA comme nous utilisons nos smartphones, partout et tout le temps, comme un appendice de nous-même, voire en l'incorporant. Nous avons connu une première grande hybridation avec l'avènement de l'écriture, qui a signé le début de notre Histoire en permettant de déposer hors de nous-mêmes notre savoir et de nous le réapproprier par la lecture. Puisque cette aventure fut une réussite pour l'humanité, nous ferions bien de nous en inspirer. Dans cette fresque qui fait dialoguer sciences et littératures, il est notamment question du neurone d'une star américaine et de Don Quichotte, du renouveau des psychédéliques, de la sieste d'Einstein... Un livre élégant et truffé de références littéraires. Elisabeth Roudinesco, Le Monde des livres.
Aux Etats-Unis, pour 20 000 dollars, il est possible d'augmenter de 5 cm la taille de son enfant à naître. Qu'y a-t-il de problématique à créer un bébé sur mesure ? Qu'est-ce qui dérange dans la manipulation de notre nature ? Pour répondre à ces questions, l'auteur part d'un constat simple : quand la science progresse plus vite que la morale, nous ressentons un certain malaise. Les concepts traditionnels de la philosophie, comme l'autonomie, la justice ou l'égalité, ne suffisent pas pour traiter des questions complexes et nouvelles que posent le clonage, les cellules souches ou les athlètes bioniques. En défendant une éthique du don contre une éthique de la "domination" et de l'"augmentation ", le philosophe ouvre des pistes de réflexion, guidé par une idée forte : si les manipulations génétiques annulent notre capacité d'agir librement, elles altèrent aussi nos qualités naturelles et portent atteinte à notre humanité.
L'hominisation, au regard de l'évolution darwinienne, comprend le développement anatomique et l'émergence de la conscience et de la créativité. Ses étapes essentielles portent sur des périodes qui ont vu l'éclosion de techniques qui, avec l'action de facteurs de l'environnement, ont influencé son évolution. La connaissance du code génétique a suscité la modification ciblée du génome. Cette transformation permet de créer des êtres porteurs d'attributs d'Homo sapiens et d'envisager l'évolution anthropique, objectif transhumaniste qui doit être subordonné à la conscience éthique de l'Humanité.
Le transhumanisme est un mouvement technico-scientifique international qui prétend augmenter à l'infini les performances physiques et mentales de l'être humain. Aujourd'hui vous pouvez déjà faire séquencer votre ADN en une journée, pour, peut-être un jour, le réparer, tandis qu'Internet bouleverse nos modes d'apprentissage et nos relations sociales. Demain, l'intelligence artificielle aura-t-elle encore besoin de l'intelligence humaine et ferons-nous l'amour avec des robots ? Laurent Alexandre, Médecin et entrepreneur, et Jean-Michel Besnier, philosophe spécialiste des nouvelles technologies, confrontent leurs arguments et vous donnent les clés pour comprendre ce qui se joue à coups de milliards dans les labos des sociétés High Tech californiennes.