Eli, Eli, lama sabachthani ? ? " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " ? ce sont les dernières paroles du Christ en croix. Ce reportage littéraire sur les bidonvilles de Manille est un véritable coup de poing. S'il se penche sur les habitants et leur misère, il refuse d'être un de ces " purs regards " auxquels personne ne croit plus. Sans cesse, il nous montre celui qui regarde ? qu'il soit touriste ou reporter ?, il interroge sa place, son utilité, son éthique, et c'est une formidable leçon de journalisme, voire de simple humanité. Bien entendu, Tochman élargit son cadrage quand il faut comprendre les ressorts d'une oppression économique : néocolonialisme américain (sous couvert de coopération militaire), tourisme sexuel, poids de l'Eglise, corruption... mais c'est surtout la responsabilité individuelle ? à commencer par la sienne, comme homme et comme écrivain ? qu'il entend exposer. Une femme que sa maladie de peau fait ressembler à un monceau de grains de raisins, un gamin qui habite un tombeau, dans un cimetière où tous les tombeaux sont habités, un caïd maigre et tatoué, qui a pour un instant troqué sa lame contre un biberon... A mesure qu'il constitue cette galerie de portraits inoubliables, le reporter nous fait réaliser qu'on ne rencontre pas de telles gens sans se lier, sans s'impliquer dans une histoire, entre compassion, désarroi et espérance têtue.
Nombre de pages
154
Date de parution
08/02/2018
Poids
236g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782882505057
Titre
Eli Eli
Auteur
Tochman Wojciech ; Barbarski Kamil
Editeur
NOIR BLANC
Largeur
150
Poids
236
Date de parution
20180208
Nombre de pages
154,00 €
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La guerre de Bosnie a donné lieu à des milliers de dépêches, de reportages, d'expositions, de livres, d'albums, de films documentaires et de fiction. Mais dès que la guerre a été terminée (ou interrompue pour quelque temps, selon certains), les reporters ont remballé leurs caméras et sont partis vers d'autres guerres. " Depuis 1996, Eve Klonowski, anthropologue, passe ses jours et ses nuits en Bosnie à retrouver et à tenter d'identifier les ossements de disparus. Elle peut alors les rendre à leurs familles, qui s'estiment presque heureuses de pouvoir enterrer leurs proches. Dix ans après la guerre et la purification ethnique, l'auteur nous livre un témoignage bouleversant. A travers le destin croisé de plusieurs femmes courageuses et dignes, il évoque les traumatismes et les blessures d'un passé toujours présent, à l'opposé du sensationnel médiatique. Le talent de l'auteur et sa sensibilité exceptionnelle rendent ce document bouleversant et universel. Existe-t-il quelque chose qui pourrait nous justifier, enlever de nos épaules le fardeau de culpabilité et de honte ? Peut-être l'ignorance... Tochman décrit ici ce que la cruauté a engendré. Il montre la peur des bourreaux et des victimes, celle des bourreaux plus grande même que celle des victimes. Il montre des individus et des familles, créant ainsi un tableau de la société. Il faut absolument lire ce livre. C'est un rapport épuré, sans mots inutiles.
Le 7 avril 1994, il y a vingt ans, débutait le génocide rwandais. Il nous appartient encore de ruiner le dessein des meurtriers, leur volonté d'effacement d'un peuple, en portant le témoignage des rescapés et en préservant avec eux la mémoire des disparus. Brillant héritier de Ryszard Kapuscinski, le reporter polonais Wojciech Tochman immerge ses lecteurs dans l'histoire spécifique de chacune des personnes qu'il présente, révélant le caractère irréductible, unique, de chaque vie. Léonard, orphelin tout dévoué à sa fratrie, guide l'auteur à travers le "pays des mille collines et du million de sourires", ignorant d'abord qu'il est l'un des principaux sujets de cette enquête. De village en village, la parole des habitants révèle l'envers d'un paysage paradisiaque dont chaque recoin fut le théâtre d'atrocités. Ce livre est un document humain, il n'a nulle thèse à présenter. Tochman interroge les conséquences du génocide, non seulement pour les survivants et les bourreaux, pour les enfants des uns et les enfants des autres, mais aussi pour nous, qui ne pouvons qu'être ébranlés, malgré la distance et la sécurité dans laquelle nous vivons.
Dans cette brève histoire de la Pologne, pratique et moderne, le lecteur trouvera les faits essentiels qui se sont produits depuis les origines jusqu?à nos jours. Elle se présente sous la forme de dix-sept chapitres, qui correspondent moins à des périodes historiques classiques qu?à des moments forts de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays. La lecture de l?ouvrage y gagne ainsi en logique et en intérêt. L?histoire d la Pologne est ici envisagée dans un cadre plus large sur toile de fond européenne et internationale. Cet ouvrage de référence permet de comprendre le rythme de l?histoire polonaise avec ses périodes heureuses aussi bien que ses époques récentes plus troublées.
Au printemps 1939, une organisation top secret est fondée à Londres, surnommée " l'armée secrète de Churchill " : elle a pour objectif de détruire la machine de guerre d'Hitler, au moyen d'actes de sabotage spectaculaires. La guérilla s'avéra aussi extraordinaire que les six gentlemen qui dirigèrent les opérations. Churchill les avait choisis pour leur créativité et leur mépris des convenances. L'un d'eux, Cecil Clarke, était un ingénieur fou qui avait passé les années 1930 à inventer des caravanes futuristes. Son talent fut employé dans un but bien plus dangereux : c'est lui qui construisit la bombe destinée à assassiner le favori d'Hitler, Reinard Heydrich. Un autre membre de l'organisation, William Fairbairn, était un retraité corpulent à la passion peu commune : il était le spécialiste mondial des techniques d'assassinat sans bruit. Sa mission consistait à entraîner les hommes parachutés derrière les lignes ennemies. Dirigés par Colin Gubbins, un pimpant Ecossais, les six hommes formaient un cercle secret qui planifia les sabotages les plus audacieux de la Deuxième Guerre mondiale. Winston Churchill les appelait " son ministère de la Guerre sale ". Les six " ministres ", assistés d'un groupe de femmes formidables, furent si efficaces qu'ils changèrent le cours de la guerre. Raconté sur le ton d'un récit d'aventure, avec la verve remarquable de Giles Milton et son subtil sens du détail, Les Saboteurs de l'ombre se base sur de vastes recherches historiques et sur des archives inédites jusqu'ici.
Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abominable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas ? et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité. La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stupéfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polonais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une " folie méthodique " pour l'écrire. On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cuisines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers. Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est " la perfection des formes imprécises ". Au milieu du XVIIIe siècle, dans le royaume de Pologne et bientôt à travers toute l'Europe des Lumières, le singulier destin de Jakób Frank : mystique, habile politique, débauché, chef religieux ou charlatan, il fut pour les uns le Messie de la tradition juive, pour les autres un hérétique, ou pire, un traître. Pour conserver à son héros toute son ambiguïté, sa complexité et la polysémie de son apparition, la romancière a choisi de ne le montrer qu'à travers les yeux et les propos d'une foule de personnages de tout milieu et de toute condition. Cette épopée universelle sur l'appartenance, l'émancipation, la culture et le désir, est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l'oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu'elle soit religieuse ou philosophique.
De 1952 à sa disparition en 1977, Charlie Chaplin vit avec sa famille au manoir de Ban, à Corsier-sur-Vevey (Suisse). Dès son installation sur les bords du lac Léman, le génie du 7e art choisit comme photographe personnel un jeune homme arrivé de Paris quatre ans plus tôt : Yves Debraine. Leur collaboration perdurera jusque dans les années 1970. Le photographe est chargé de réaliser les cartes de voeux des Chaplin, mises en scène dans des situations à chaque fois différentes par le grand cinéaste. Mais aussi de documenter les fêtes de famille, les réceptions, la vie de famille, les remises de prix, les visites en Suisse, le maître au travail sur ses derniers films et l'écriture de ses mémoires. Pour la première fois réunies dans un livre, ces photographies montrent un Chaplin apaisé, toujours créatif, à l'abri du tumulte du monde derrière les hautes frondaisons du manoir de Ban. Discret observateur de l'intimité de Charlie Chaplin, de sa femme Oona et de leurs enfants, Yves Debraine donne la pleine mesure de son talent, alors reconnu par les plus grands magazines internationaux, dont Life aux Etats-Unis. Chaplin personal propose une sélection des archives Chaplin d'Yves Debraine, dont un bon nombre d'images inédites. Il accueille également un texte inédit du photographe, où il témoigne de son expérience à la fois professionnelle et humaine au manoir de Ban. Le livre comporte une introduction et une biographie du reporter-photographe par son fils Luc Debraine, directeur du Musée suisse de l'appareil photographique à Vevey (Suisse). Un témoignage de l'un des enfants de Charlie Chaplin est aussi attendu.