Les officiers de Sa Majesté. Les dérives des généraux marocains 1956-2006
Tobji Mahjoub
FAYARD
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EAN :9782213630151
Pour la première fois depuis l'indépendance du royaume, voici cinquante ans, un officier marocain ose parler de l'armée marocaine. Avec une franchise brutale, à la mesure de ses désillusions. Créées au printemps 1956 et placées immédiatement sous les ordres du Prince héritier Moulay Hassan, futur Hassan II, les Forces armées royales (FAR) comptent alors de nombreux officiers de valeur, monarchistes sans états d'âme. Mais, rapidement, un profond malaise s'installe dans cette armée de qualité dont une partie importante de la hiérarchie supporte de plus en plus mal les excès et dérives du jeune Hassan II. Ces fortes tensions sont à l'origine des deux tentatives de coup d'Etat en juillet 1971 et en août 1972. C'est à cette époque que le lieutenant Mahjoub Tobji, alors âgé de 26 ans, entend avec stupéfaction un monarque miraculeusement épargné "conseiller" à plusieurs centaines d'officiers de "faire de l'argent, pas de la politique". Un nouveau type d'officier, affairiste et opportuniste, fait ainsi son apparition. Patriote exigeant, Mahjoub Tobji assiste, impuissant et révolté, à la lente dégradation d'une institution qui représentait toute sa vie. Sur le front du Golan ou au Sahara occidental, il tente d'oublier la triste réalité, mais est presque toujours rattrapé par lescombines et les petites ou grandes lâchetés de sa hiérarchie. Aide de camp, à son corps défendant, du très puissant général Dlimi, il est arrêté quelques jours après l'assassinat de ce dernier en janvier 1983. Il découvre alors la face la plus sombre du régime: tortures, harcèlement, manipulations, corruption... Une rencontre étonnante avec Hassan II, à Paris où il a réussi à fuir, lui permet deregagner le Maroc en décembre 1985. Mais sa carrière militaire est terminée. Il ne recevra plus jamais d'affectation ou de promotion et restera commandant plus de vingt-cinq ans jusqu'à sa retraite, en 2002. Ces vingt dernières années ont laissé à Mahjoub Tobji beaucoup de temps pour réfléchir à son expérience passée. Les contacts qu'il a conservés avec différents camarades lui ontpermis d'être tenu régulièrement informé de l'état de la troupe. Pour pouvoir écrire librement, il s'est installé en Europe. Il espère de tout c'ur que le jeune roi Mohammed VI, fort de sa légitimité,pourra enfin donner un coup d'arrêt aux calamités qui frappent le pays et menacent ses institutions les plus représentatives, à commencer par son armée.
Le Sûtra du Lotus est sans aucun doute l'un des textes fondamentaux du Mahâyâna. Depuis plus de quinze siècles, dans la version de Kumârajîva, il scandé la pratique des bouddhistes de l'Extrême-Orient et permis à des millions d'entre eux d'approfondir le message du Bouddha. Ce livre canonique connaît actuellement une renaissance impressionnante en Chine, en Corée, voire au Vieêt-Nam. Au Japon, il a joui d'une ferveur ininterrompue : les plus croyants continuent à en réciter des passages chaque jour et des mouvements religieux ne cessent de le diffuser pour en faire la Bible du bouddhisme. Grandiose fresque, le Sûtra du Lotus apparaît comme une mise en scène, à l'échelle cosmique, de la prédication du Bouddha, illustrée de paraboles décrivant les différentes étapes qui mènent à l'Eveil. Au cours des âges, poètes et artistes en ont exploré et transposé les innombrables images. Ses virtualités philosophiques, dont le sens peut paraître aujourd'hui obscur, furent mises en valeur par des commentateurs issus de tous les courants du bouddhisme. Le Sûtra du Lotus, dont l'original sanscrit a été magistralement traduit au XIXe siècle par Eugène Burnouf, fut propagé à travers toute l'Asie dans la version en chinois classique qu'en fit Kumârâjiva au Ve siècle. C'est cette dernière qui est présentée pour la première fois en français, avec ses deux traditionnels sûtra d'accompagnement. Le Livre des sens innombrables et Le Livre de la contemplation du Sage-universel.
Si le Soûtra du Diamant et le Soûtra du C'ur sont célèbres dans l'ensemble du monde himalayen et sino-japonais, faisant l'objet de récitations et de méditations quotidiennes sur le sens de la vacuité universelle dans le bouddhisme tibétain et zen, il n'en est pas de même du Soûtra de la Pousse de Riz, injustement méconnu, et traduit ici pour la première fois en français. Il s'agit pourtant d'un texte clé des débuts du Mahâyâna, qui traite de tous les aspects de la production interdépendante en soulignant l'irréalité fondamentale des éléments qui la constituent. Loin d'être un culte du néant, cette insistance sur la vacuité, propre au Grand Véhicule, fait voler en éclats le cadre étroit de l'être et de la substance, si chers à nos philosophes occidentaux, et débouche sur la mise en ?uvre d'une compassion sans limites.
Le monde de l'art fonctionne comme une société secrète mondiale qui agit en plein jour. Le délit d'initiés n'y est pas interdit, mais recommandé. Décréter quels sont les «bons artistes», les «bonnes toiles», les «bons acheteurs», influencer les enchères, faire et défaire les cotes est le domaine réservé d'une centaine de décideurs.La crise financière de 2008 a certes secoué le monde de l'art, mais le système n'est pas près de s'effondrer. L'art est partout: dans la mode, dans la maison, dans la rue. C'est la fièvre de l'art: des amateurs de plus en plus nombreux veulent accéder à leur tour à ce pays des merveilles et s'y sentir aussi chez eux.Pour leur permettre de connaître de l'intérieur ce milieu opaque, et qui voudrait le rester, deux journalistes indépendantes ont mené l'enquête pendant plus de deux ans, de Shanghai à New York, de Berlin à Miami.Danièle Granet a fait toute sa carrière dans la presse écrite (L'Express, Le Figaro, Le Nouvel Économiste, Novapress).Catherine Lamour a commencé sa carrière au Monde. Elle a créé et dirigé le département des documentaires de Canal +.
Laurentin René ; Sbalchiero Patrick ; Etchegaray R
Biographie de l'auteur Théologien réputé, historien et journaliste religieux, auteur de nombreuses études d'exégèse et spécialiste des apparitions mariales, l'abbé Laurentin a publié récemment aux Éditions Fayard Découverte du secret de la Salette (avec l'abbé Corteville) et Le Nouveau Diatessaron.Docteur en histoire et journaliste, Patrick Sbalchiero enseigne à l'École cathédrale de Paris. Directeur de la revue Mélanges carmélitains, il est notamment l'auteur d'Enquête parmi les voyants (Éditions de Paris, 2007) et de Jean Paul II et les canonisations (Fayard, 2007). Il a dirigé les publications du Dictionnaire des miracles et de l'extraordinaire chrétiens (Fayard, 2002) et du Dictionnaire des "apparitions" de la Vierge Marie, avec René Laurentin (Fayard, 2007).
Son règne est bientôt trentenaire et il est l'ami de la France, de ses dirigeants, de ses industriels, de ses élites de droite et de gauche. Roi du Maroc, Hassan II symbolise pour nombre d'Occidentaux le modernisme et le dialogue en terre d'Islam. Mais ces apparences avenantes dissimulent le jardin secret du monarque, l'ombre des complots et des prisonniers, des tortures et des disparus, de la misère. Il règne, maître de tous et de chacun, brisant par la répression, pourrissant par la corruption, truquant par la fraude, courbant par la peur. S'il n'a pas inventé le pouvoir absolu, son génie aura été de l'habiller des oripeaux propres à tromper ceux des étrangers qui ne demandent qu'à l'être. Sa "démocratie" connaît une moyenne de quatre procès politiques par an, plus de cent depuis l'indépendance, avec, chaque fois, une fournée de militants condamnés à mort ou à des siècles de prison. Tortures du derb Moulay Cherif, morts-vivants de Tazmamart, calvaire des enfants Oufkir, nuit des disparus sahraouis... La peur est l'armature de son système. Comme l'enfer, elle a ses cercles. Chacun, quelle que soit l'horreur de son sort, peut être assuré qu'un autre a connu pire. Depuis la parution retentissante de cet ouvrage, Hassan II a libéré quelques détenus dont il avait nié qu'ils fussent enterrés vivants dans ses geôles, détruit un pénitencier dont il avait démenti l'existence. Quelques prisonniers sont sortis, mais le système demeure.
Née dans les années ambiguës des débuts de la modernité, la dynastie sharîfienne évolua dans un monde en transition. Pour se faire une place dans un espace marocain fragmenté et en proie aux convoitises ibériques et ottomanes, les souverains de la dynastie durent adopter un système de légitimation sans faille, créer des institutions efficaces et mener une activité diplomatique énergique dans le but d'asseoir leur pouvoir au Maroc, préserver l'indépendance du sultanat et mener une politique impériale. Pour réaliser ce projet triptyque, le sultan-sharîf Ahmad al-Mansûr (1578-1603) adapta, pour mieux l'adopter, l'idéologie califale, la monarchie universelle islamique, unique récipient idéologique et institutionnel dans lequel il pouvait puiser pour faire le plein de force sacrée. Il utilisa à cet effet un dispositif symbolique implacable qui requit l'adoption d'un systèmes de croyances et de concepts producteurs de légitimité, d'un cérémonial syncrétique et d'insignes du pouvoir " scripturaires ". Sur le terrain, al-Mansûr dut tantôt dynamiser les institutions administratives, financières et militaires existantes, tantôt réformer le système en créant de nouvelles institutions inspirées des modèles ibérique et ottoman. En matière de diplomatie, le sultan n'eut rien à envier à ses contemporains. Jouant sur la rivalité hispano-ottomane, il garantit tout d'abord la sécurité de son trône vis-à-vis de la Porte, puis il s'éloigna de l'Espagne pour se rapprocher des pays protestants, dans le but de neutraliser le royaume ibérique et pouvoir entamer ses conquêtes sahariennes. Il voulut alors réaliser son projet de califat occidental en s'emparant de l'Empire songhay, et se prit à rêver d'une conquête andalouse et même de la conquête du Nouveau Monde.
Courreye Charlotte ; Jomier Augustin ; Lacroix Ann
L’histoire du Maghreb n’est plus abordée que sous l’angle colonial, à partir de sources françaises, sans référence aux langues et aux cultures locales. L’objectif de ce livre est de proposer enfin aux enseignants et aux étudiants des documents inédits ou oubliés.Ce recueil riche et didactique rend compte de la grande diversité des sources et regroupe une centaine de textes qui portent sur l’histoire des quatre pays du Maghreb (Algérie, Libye, Maroc et Tunisie) du XVIIIe siècle aux Printemps arabes (2010-2011). Chaque texte est précédé d’un chapeau introductif qui présente l’auteur, la nature de la source et le contexte précis et est suivi d’une sélection bibliographique.