Quelle est la saveur du souvenir ? Et comment se font les découvertes ? Frappé par les vertus particulières de la saucisse au curry, si prompte à raviver sa mémoire et qui marie subtilement le plus proche - la saucisse - au plus lointains - le curry -, le narrateur s'interroge sur l'origine de la recette et part à la recherche de son inventeur. Il croit l'avoir trouvé en la personne de Lena Brücker, autrefois propriétaire à Hambourg d'une buvette où, enfant, il a mangé sa première saucisse au curry. Mais pour Lena, octogénaire vivant dans une maison de retraite, la question de la découverte de ce mets est si intimement mêlée à divers événements du passé que c'est une toute autre histoire qui sort de sa bouche, à mesure qu'elle dévide ses souvenirs : sur fond de marché noir et de délation, ses amours en avril 1945 avec un jeune déserteur de la marine qu'elle a caché dans son appartement est retenu encore quelque temps en lui dissimulant la... fin de la guerre. Le secret de l'invention tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière ligne de ce récit jubilatoire où l'auteur, avec humour et délicatesse, élève la saucisse au curry au rang de métaphore : une saveur qui est un stimulant de l'écriture.
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Nombre de pages
192
Date de parution
16/10/1996
Poids
250g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020221054
Titre
La découverte de la saucisse au curry
ISBN
2020221055
Auteur
Timm Uwe
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
250
Date de parution
19961016
Nombre de pages
192,00 €
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Lors d'une fête, Zuppi gagne un petit cochon. Les trois enfants de la famille en sont ravis, mais pas leurs parents ! Le cochon est malgré tout autorisé à rester comme animal de compagnie et reçoit le nom de Rudi Rüssel. Rudi met tout sans dessus-dessous : la famille doit le sauver de l'abattoir et même déménager. Puis Rudi Rüssel devient le cochon porte-bonheur du club de football. Mais son vrai talent, c' est qu'il peut courir très vite - c' est un vrai cochon de course !
Résumé : L'écrivain Uwe Timm avait trois ans lorsque son frère Karl-Heinz mourut sur le front russe, à dix-neuf ans, en 1943. Grandi dans l'ombre du " héros ", il lui a fallu plus d'un demi-siècle pour trouver le courage de revisiter ce passé occulté et écrasant. Quelles étaient les motivations du jeune engagé volontaire dans la redoutable division Totenkopf de la Waffen-SS ? Pour comprendre, Uwe Timm scrute inlassablement la correspondance familiale et le laconique journal de guerre de son frère. Et interroge ses propres souvenirs. Très vite, au-delà du frère, le père lui-même se retrouve mis en cause : idéal prussien, devoir d'obéissance inculqué aux enfants... C'est donc l'histoire de toute la famille que Uwe Timm sonde et décrypte d'une plume à la fois exigeante, douloureuse, impitoyable et tendre. Tout est là : les souffrances subies, les crimes commis, le silence coupable et le refus de savoir. Dans ce livre, d'une densité exceptionnelle, magnifiquement écrit, l'auteur allie une réflexion profonde sur la responsabilité collective au récit émouvant d'une histoire particulière. Jamais le comportement des Allemands ordinaires sous le IIIe Reich n'avait été ainsi abordé de l'intérieur, avec autant de sincérité.
Résumé : Le village de Cobourg en Bavière se trouve chamboulé lorsque le naturaliste Schroeder, utopiste dans l'âme, y importe un véhicule dont il entend bien démocratiser l'usage : le grand bi. L'invention provoque des bouleversements de société, de m?urs, de mentalités et dans les rapports hommes femmes un peu trop avant-gardistes pour être acceptés. Une version sportive de la querelle entre anciens et modernes.
Christian a tout perdu : sa boîte d'informatique, son luxueux loft, sa chère Saab, mais aussi sa femme partie vivre en Inde, sa fille vendue au monde de la finance, et surtout ? et c'est le plus douloureux ? sa maîtresse, Anna. Depuis six mois, son nouveau travail consiste à observer et à compter les oiseaux migrateurs sur une petite île déserte à l'embouchure de l'Elbe et à ramasser les détritus sur la plage. Lorsque Anna, partie vivre aux Etats-Unis avec un autre homme, lui annonce sa visite, sa routine s'en trouve immédiatement bouleversée et il est submergé par les fantômes du passé. Explorant la nature des relations amoureuses et la poursuite du bonheur chez ses contemporains, Uwe Timm se livre dans ce roman drôle et intelligent à une profonde réflexion sur la notion de désir.
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?
Américaine, professeur de littérature, Francine Prose est l'auteur des best-sellers Un homme Changé (Métailié, 2008), et Blue Angel (Point, 2008), finaliste du National Book Award. Traduit de l'américain par Cécile Nelson.
Que se passe-t-il quand la parole officielle s'affranchit du réel ? Quand les discours du pouvoir ne visent plus à décrire, mais à travestir ? Quand la communication de l'Etat ne cherche plus à éclairer, mais à obscurcir ? Ce sont tous les fondements de la démocratie qui vacillent. Lorsque les gouvernants se libèrent de la contrainte de devoir dire ce qu'ils font, ce qui était indicible devient soudain possible. Ce livre démontre combien, loin d'avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d'Emmanuel Macron l'y a au contraire plongé. Il révèle qu'il est possible de corrompre l'idéal démocratique sans attenter aux institutions. La subversion du langage, par les mensonges et la déloyauté, suffit à nous projeter dans un exercice dévoyé de l'autorité, toujours plus éloigné de la promesse d'un gouvernement par et pour le peuple. Pour ne pas rester démuni face à un mal, il faut commencer par savoir le nommer d'un mot : nous avons basculé en logocratie .
Chaque année, l?Insee chiffre le nombre de pauvres en France (8,2 millions en 2011) sans jamais proposer toutefois de lecture sur l?organisation politique qui génère cette pauvreté. Les pauvres surgissent ainsi sur la scène sociale comme une masse importante que l?on va aider ou punir, selon les mérites ou les défauts de chacun, mais rarement comme le symptôme d?une défaite sociale. Tandis que la fraction la plus riche de la population ne cesse de s?enrichir, la pauvreté n?est plus un phénomène qui relève d?une responsabilité collective. C?est pourquoi Catherine Herszberg est allée demander à des inconnus non pauvres, selon le critère européen, pourquoi les pauvres sont pauvres. Cette démarche s?inscrit dans la continuité de celle qui l?a déjà poussée à observer le sort réservé aux fous emprisonnés (Fresnes, une histoire de fou, 2007). A nouveau, il est question d?hommes mis à l?écart de la société, qu?on est soulagé de ne plus voir, leur vie n?intéressant à peu près personne. Cette enquête pointe ainsi comment le phénomène de la pauvreté s?est détaché du politique, et de notions comme la justice ou l?égalité, pour relever au mieux d?un discours compassionnel, voire charitable. Ce divorce conduit à l?acceptation de ce fait social comme une fatalité, voire une nécessité. Acceptation renforcée par la certitude que le capitalisme mondialisé produit un surplus d?êtres humains "inutiles", surplus appelé à croître dans les années à venir. "Dès lors, la seule question qui se pose est celle-ci: qu?est-ce qu?on va bien pouvoir faire de ces hommes en trop?"