Pourquoi, plus de quarante ans après sa première publication, douze ans après sa dernière parution, publier à nouveau Le Pain des temps maudits, augmenté de Mauthausen, témoignage de première main sur le camp autrichien ? D'abord parce que l'ouvrage à lui seul le mérite, tant l'écriture est de qualité, le haussant à la hauteur de Si c'est un homme. Ensuite parce qu'il s'agit là, et le témoignage ajouté le montre, d'une passionnante œuvre de transposition littéraire, le lecteur pouvant ainsi aller du témoignage au "roman", percevoir la création littéraire en action. Mais une fois encore, les deux textes sont des témoignages : de l'univers concentrationnaire bien sûr, de cette immense entreprise non seulement de destruction du corps de l'homme, mais aussi de son âme ; d'un temps aussi, et Mauthausen, sans que cela n'enlève rien à ses qualités, constitue le premier témoignage publié par une maison d'édition communiste, à peine quelques mois après la fin de la guerre. Ce qui tempère l'affirmation, souvent répétée, que les déportés ne voulurent pas parler de l'horreur qu'ils venaient de subir. Le Pain des temps maudits, publié vingt ans après Mauthausen, montre aussi l'évolution d'un écrivain qui avait depuis quitté le Parti communiste. Enfin certains passages pourront surprendre, voire choquer. Nous laissons le lecteur seul juge, car, rappelons-le, l'auteur décrit un monde où il a survécu, le dernier cercle.
Nombre de pages
277
Date de parution
20/04/2007
Poids
470g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296032552
Titre
Le pain des temps maudits. suivi de Mauthausen
Auteur
Tillard Paul
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
470
Date de parution
20070420
Nombre de pages
277,00 €
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Le 16 juillet 1942, à l'aube, débute à Paris une vaste opération policière, baptisée "Vent printanier". Voulue par les autorités allemandes, elle mobilise près de 9 000 hommes des forces du gouvernement de Vichy. Ce jour-là et le lendemain, 12 884 juifs sont arrêtés, dont 4 051 enfants. Tandis que les célibataires et les couples sans enfants sont directement conduits au camp d'internement de Drancy, les familles, soit plus de 7 000 personnes, sont détenues au Vélo-drome d'Hiver. Elles y demeurent plusieurs jours, jusqu'à leur internement à Pithiviers et à Beaune la Rolande (avant d'être déportées vers les camps de concentration d'Allemagne et de Pologne), dans des conditions épouvantables: entassées dans les gradins, dans une chaleur épouvantable, presque sans eau, ni vivres. Fruit d'une longue enquête, La Grande Rafle du Vel d'Hiv met en évidence de façon saisissante la responsabilité du gouvernement de Vichy dans la déportation des Juifs de France. Il demeure encore aujourd'hui le document de référence sur le crime du "Jeudi noir" de juillet 1942.
Le 16 juillet 1942, à l'aube, débute à Paris une vaste opération policière, baptisée "Vent printanier". Voulue par les autorités allemandes, elle mobilise près de 9 000 hommes des forces du gouvernement de Vichy. Ce jour-là et le lendemain, 12 884 juifs sont arrêtés, dont 4 051 enfants. Tandis que les célibataires et les couples sans enfants sont directement conduits au camp d'internement de Drancy, les familles, soit plus de 7 000 personnes, sont détenues au Vélodrome d'Hiver. Elles y demeurent plusieurs jours, dans des conditions épouvantables : entassées sur les gradins, dans une chaleur insupportable, presque sans eau, ni vivres. Jusqu'à leur internement à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande, avant d'être déportées vers les camps de concentration d'Allemagne et de Pologne.
27 388 fiches ont été préparées par les soins des services préposés aux questions juives. Le 16 juillet 1942, à l'aube, près de 9 000 hommes des forces de l'ordre de Vichy déclenchent l'une des plus grandes opérations policières menées dans Paris depuis l'arrestation des Templiers et la Saint-Barthélemy : Ce jour-là et le lendemain, 12 884 juifs, étrangers ou d'origine étrangère, vont être arrêtés. On compte parmi eux 4 051 enfants, dont beaucoup sont français. On expédie directement en Allemagne ou en Pologne, via Drancy, les célibataires et les couples sans enfants. Les familles avec enfants sont concentrées au Vel d'Hiv : plus de 7 000 personnes vont demeurer prisonnières sous cette immense verrière, dans une chaleur effroyable, presque sans eau. Parmi elles, les 4 051 enfants. Cela s'appelait : l'opération Vent printanier. Ceux qui ont été arrêtés sont amenés aux camps de Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande. De là, ils partent pour Auschwitz où est appliquée la " Solution Finale ". Des témoins se souviennent, des acteurs parlent. A la lecture de ce document incontestable paru pour la première fois en 1967 et aujourd'hui réédité en tenant compte des travaux les plus récents, on peut penser que, cinquante ans après, l'histoire peut ? enfin ? être écrite. La responsabilité des autorités de Vichy apparaît, décisive, et l'impunité laisse sourdre l'amertume et l'interrogation.