A la fin de La Place, Annie Ernaux nous fait part de sa déception à la lecture d'un " volume dont le titre, L'Expérience des limites, était prometteur : à son plus grand dam, " il n'y était question que de métaphysique et de littérature ". Or, l'expérience des limites, elle a le sentiment de l'avoir connue dans sa vie de jeune fille et de femme issue d'un milieu populaire. L'expérience des limites, elle l'a menée dans une ?uvre pluridimensionnelle (romans autobiographiques, autosociobiographies, journaux intimes et " extimes ") en explorant son entre-deux social et se jouant des frontières entre genres et disciplines. Les participants à ce premier colloque international consacré à l'?uvre d'Annie Ernaux, venus de multiples horizons géographiques et critiques, ont analysé les aspects les plus divers de l'entre-deux sociologiques, psychologiques ou psychanalytiques, thématiques et (inter)textuels - sans oublier de s'arrêter sur ces formes auto(socio)biographiques particulières qu'offre l'écriture journalière. La présence de l'auteur, qui est intervenue activement et a pris part à une table ronde, a renforcé l'intérêt des débats. Au reste, la confrontation de la voix auctoriale avec différentes manières de critiquer n'est pas sans importance : c'est une façon d'insister sur la nécessaire circulation du sens entre auteur, textes et lecteurs - instances que la critique n'a que trop souvent disjointes.
Nombre de pages
276
Date de parution
09/12/2004
Poids
517g
Largeur
161mm
Plus d'informations
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EAN
9782848320182
Titre
Annie Ernaux : une oeuvre de l'entre-deux
Auteur
THUMEREL FABRICE
Editeur
PU ARTOIS
Largeur
161
Poids
517
Date de parution
20041209
Nombre de pages
276,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Aboutissement de plusieurs années de recherches - et achevé quelques jours avant la disparition de P Bourdieu -, ce livre s'attache à montrer en quoi le fondateur du constructivisme structuraliste a renouvelé notre regard sur l'univers des lettres et à familiariser le lecteur avec la sociologie du champ littéraire. Ainsi, la première partie expose les principes, les méthodes et les pratiques d'une approche de la littérature mise en relation avec la pensée sociologique de Bourdieu et les autres discours critiques. La seconde propose cinq études - sur le champ génétique, des revues, un éditeur, une querelle entre Modernes, un roman critique - visant à illustrer la fécondité d'une approche multipolaire, tout en offrant des perspectives inédites sur différents états du champ, ainsi que sur des auteurs et des ?uvres plus ou moins connus. Privilégiant une dimension particulière (méthodologique, historique ou textuelle), chacune d'elles ressortit néanmoins à une même démarche : les prises de position font l'objet d'une description formelle et d'une interprétation en fonction des positions occupées ou visées et des dispositions socialement acquises. L'auteur a eu recours aux procédures de recherche et au mode d'écriture qui caractérisent la sociologie du champ : entretiens non directifs, utilisation spécifique de données nouvelles, tableaux et diagrammes...
Un vers de Liliane Giraudon, extrait de Polyphonie Penthésilée (P.O.L, 2021), sert de fil rouge à Fabrice Thumerel, acteur et connaisseur du champ poétique actuel, pour s'interroger sur les conditions d'écriture des poétesses d'aujourd'hui (ce que l'espace poétique fait aux femmes) et la diversité de leurs pratiques (Ce que les femmes font à la poésie). Il interroge quatorze autrices qui n'ont pas été choisies parce qu'elles incarneraient une soi-disant « écriture féminine » mais pour les apports formels et thématiques qui leur ont valu une certaine reconnaissance dans le champ de la poésie. Il y sera question du féminin, de #MeToo, du corps, les mécanismes de la domination masculine qui y subsistent et, plus généralement, sur les liens qui unissent le genre et l'écriture. Chaque entretien est suivi d'un texte inédit pour nous donner à voir et à entendre ces voix et voies nouvelles.
Thumerel Fabrice ; Chénetier-Alev Marion ; Le Pors
Organisé à Cerisy, le colloque international dont est issu ce volume présente deux intérêts majeurs : d’une part, il réintroduit avec force le théâtre dans l’histoire des manifestations cerysiennes puisque consacré à l’œuvre du plus important dramaturge contemporain, qui est également écrivain, peintre et metteur en scène ; d’autre part, ce colloque marqué par un rare enthousiasme a mis en évidence la puissance théorique et pratique, éthique et esthétique, d’une œuvre déjà reconnue mais dont il convenait de récapituler les aspects les plus divers. Ainsi, cet espace novarinien (Novarimonde) qui nous arrache à notre tranquille humanité, à notre commode immobilité, pour nous entraîner dans un tourbillon de signes et de formes, les intervenants l’ont parcouru en tous sens, empruntant les pistes théologiques, philosophiques, dramaturgiques, poétiques, ou encore scéniques et topologiques, pour montrer comment le créateur organise le chaos grâce à la quadressence de son art.
Boisseau Maryvonne ; Chauvin Catherine ; Delesse C
Alors que l'on s'intéresse aujourd'hui à l'épistémologie de la traductologie, cet ouvrage réexamine les relations complexes qu'elle entretient avec la linguistique. Conscients que la linguistique ne peut rendre compte à elle seule de tous les paramètres socio-culturels, stylistiques et situationnels qui interviennent dans l'acte de traduction, mais également certains qu'on ne peut faire l'économie de la linguistique dès lors qu'il s'agit de tenter de comprendre les processus en jeu, les collaborateurs de ce volume mettent en lumière l'interaction entre les deux disciplines tant au niveau épistémologique que théorique et méthodologique. S'intéressant à différents genres de textes dans des langues diverses (anglais, français, italien, allemand), prenant en compte les évolutions théoriques récentes ainsi que les développements technologiques de ces dernières décennies, cet ouvrage propose un éclairage diversifié sur la traduction en tant que contact des langues, approche déjà illustrée par la perspective contrastiviste développée en France par Jacqueline Guillemin-Flescher. A la fois mise en débat d'idées reçues et remise en perspective des problèmes qui se posent au théoricien, au comparatiste et au traducteur, il s'adresse à tous ceux que la réflexion sur la traduction, la traductologie et la linguistique intéresse.
Le volume n°12 rassemble plusieurs inédits du romancier Jean Giono, dont deux longs extraits jusqu'alors inconnus d'une version de Deux cavaliers de l'orage (1965). Les carnets de travail de l'écrivain font l'objet d'une autre publication inédite prolongeant pour l'année 1959 un témoignage sur l'activité de polygraphe de Giono. La partie critique du volume reprend les principales communications prononcées à l'occasion des "Rencontres Giono" de 2018 à Manosque, placées sous le signe des héroïnes gioniennes. C'est toute une galerie de portraits de femmes fortes (et d'âmes fortes) qui s'y trouve brossée, de Pénélope et Hélène de Troie à Ennemonde, en passant par Pauline de Théus, par les spécialistes de l'oeuvre de Giono. Un cahier iconographique en couleurs présente une "belle édition" de l'oeuvre de Giono, ici celle du Haut pays illustrée en 1965 par Pierre Ambrogiani. Une bibliographie actualisée de l' "année gionienne" 2018 clôture l'ouvrage.