Le concept et le lieu. Figures de la relation entre art et philosophie
Thomas-Fogiel Isabelle
CERF
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EAN :9782204085786
Dans le langage ordinaire comme dans l'usage plus académique, nous distinguons différents champs disciplinaires : science, art, philosophie, histoire, théologie, etc. (qui, à leur tour, font l'objet de minutieuses subdivisions : sciences de la nature, de l'homme, sociales...). Quelle est la pertinence de ces distinctions et, en dernière instance, en ont-elles une ? C'est à l'élaboration précise de cette question que voudrait contribuer cet ouvrage, en étudiant, plus particulièrement ici, la problématique distinction entre art et philosophie. Cette distinction - toujours supposée, sans cesse contestée - revêt dans l'histoire différentes figures, qui, souvent, aboutissent à penser la relation entre les disciplines soit en terme d'exclusion radicale (la distinction entre les domaines serait à jamais d'objet), soit en terme d'inclusion totale (la distinction entre les domaines ne serait plus pertinente : l'art devenant philosophie - Hegel, Danto, etc. -, ou la philosophie, art - Nietzsche, Novalis, Kosuth, etc.). Ce livre cherche à penser une relation en dehors de la réduction au même ou de l'exclusion de l'autre. Pour ce faire, il étudie, d'abord, les mises en relation entre art et philosophie proposées tant par les artistes que par les philosophes, et justifie le choix d'une tentative de spatialisation du problème. Il se propose, ensuite, d'expérimenter cette hypothèse par une série d'études concrètes alliant art et philosophie. Il tire enfin réflexivement les leçons de ces expérimentations. A travers cet essai de fertilisation croisée entre art et philosophie et à partir de comparaisons précises quoique inhabituelles (entre - parmi d'autres - Turell et Levinas, Baudelaire et Merleau-Ponty, Marc Petit et Russell, Kandinsky et Schelling, Giacometti et Aristote, Piero della Francesca et la phénoménologie française la plus contemporaine...), ce livre cherche à suivre l'entrecroisement des problèmes, la dynamique des phénomènes, tout en veillant à restituer la grammaire propre à chacun des domaines. -- In everyday language as well as in more academic usage, we distinguish the different disciplines : science, art, philosophy, history, theology, etc. (and they, in turn, are organized in subdivisions : natural science, human science, social science...). But what is the pertinence of these distinctions, if indeed there is any ? This book aims to contribute to a precise elaboration of that question by studying in particular the problematic of the distinction between art and philosophy. Always taken for granted yet constantly contested, this distinction takes on various aspects in history, often with the finality of thinking the relation between the disciplines either in terms of radical exclusion (domains that would never examine the same objects) or in terms of total inclusion (domains that are indistinguishable : art becomes philosophy - Hegel, Danto, etc. - or philosophy becomes art - Nietzsche, Novalis, Kosuth, etc.). This book attempts to think a relation quite apart from total inclusion or exclusion of the other. To do this, it first focuses on the relation between art and philosophy as suggested by artists and philosophers, and justifies their tentative to spatialize the question. Then it experiments this hypothesis via a series of concrete studies linking art and philosophy. Lastly, it reflects on, and draws conclusions from, those experiments. In this essay, art and philosophy mutually enrich each other ; and some precise, though unusual, comparisons are made (between, for example, Turell and Levinas, Baudelaire and Merleau-Ponty, Marc Petit and Russell, Kandinsky and Schelling, Giacometti and Aristotle, Piero della Francesca and recent French phenomenology...). Through them, the author grasps problems at their intersection and the dynamics of phenomena, while striving to restore the specific grammar to each of the domains concerned.
Nous fêtons en 2018 le bicentenaire de la naissance de Marx. Les parutions et commémorations sont nombreuses, mais émanent pour la plupart d'institutions ou d'organes qui, par affinité théorique, intellectuelle ou politique, inscrivent la pensée marxiste au coeur de leur action. Comme si étuider Marx n'était désormais l'apanage que des convaincus. Avec cette publication de la Revue de métaphysique et de morale, nous entendons décentrer le regard, rompre ce mouvement et tenter de porter un autre regard sur l'oeuvre de ce philosophe, en revenant à l'essence même de sa pensée. les contributions porterons sur des thèmes comme la dialectique, le capitalisme, l'exploitation ou le droit. A propos de la revue : La Revue de métaphysique et de morale est l'une des plus importantes revues philosophiques francophones. Elle publie notamment des numéros à thème autour de grandes questions, aujourd'hui débattues dans la communauté philosophique internationale. Elle s'efforce d'être fidèle à sa tradition : l'indépendance à l'égard de toute école de pensée. Elle publie aussi, pour certains auteurs ou courants philosophiques, le bilan des recherches contemporaines. Des notes critiques informent des parutions récentes, notamment des ouvrages parus hors de France ; des études critiques, de plus grande ampleur, sont consacrées aux plus notables de ces publications.
Comment définir la phénoménologie de l'animalité ? Ou, ce qui n'est pas la même chose, comment élaborer une phénoménologie de l'existence animale ? On peut entrer dans ce champ de recherche soit à partir des questions fondamentales de la phénoménologie, soit en partant des questions liées à la philosophie de l'animalité. Ces perspectives contribuent, pour une part, à éclairer la fonction peut avoir le phénomène de l'animalité dans le cadre général d'un programme phénoménologique, pour une autre, à saisir quel rôle peut jouer la phénoménologie en tant que telle dans le contexte des débats contemporains interdisciplinaires et pluridisciplinaires concernant la condition animale. Les textes rassemblés ici sont le fruit d'une journée d'étude internationale qui s'est tenue à l'ENS-Paris, au mois de mai 2017 sous la direction de Florence Burgat, dans le cadre des travaux des Archives Husserl, laboratoire de l'UMR 8547 ENS-CNRS dirigé par Dominique Pradelle. Sommaire Florence Burgat, Introduction : Phénoménologie et différence anthropozoologique Première partie : L'expérience animale Hernán Neira, Temps et moralité chez les animaux Luca Vanzago, La manifestation de la douleur comme paradigme de l'interanimalité Renato Boccali, Sur l'intercorporéité et l'interanimalité. Merleau-Ponty et la chair primordiale Deuxième partie : L'imaginaire animal Garance Champlois, Le jeu et la vie animale. La distinction du monde et du milieu au regard d'un comportement limite Annabelle Dufourcq, De l'imaginaire humain à l'imaginaire des animaux. Devenirs-animaux chez Bachelard, Deleuze et Guattari et Haraway Troisième partie : Ontologie et téléologie Lucia Zaietta, Mélodie, essence et espèce. Thématisme et variations entre Raymond Ruyer et Maurice Merleau-Ponty Dragos Duicu, La téléologie cachée dans la pensée biologique de Uexküll Bulletin de philosophie politique
Articles Gabrièle Wersinger Taylor, Présentation Brigitte Tambrun, Pléthon : Dans quelles harmonies chanter les dieux ? Renée Koch Piettre, ??? ? ??? ? ?? . Discourir sur la nature, ou la voix des choses mêmes selon Epicure Sabina Crippa, Aspects et rôles de la dénomination divine dans la praxis rituelle. Réflexions à partir de sources de l'Antiquité tardive Fionn Bennett, The Psychoacoustics of Enthousiasmós : How to Hear a Cosmopoietic Cantata in a Chorus of Atmospheric Whistlers Sylvie Perceau et Gabrièle Wersinger Taylor Phono-rythmie dans l'Hymne des Racines (Empédocle, F. 6) Jean-Luc Périllié, Rituel corybantique des mystères socratiques et doctrine des principes Varia Hedwig Marzolf, L'espace de la philosophie. Réflexions sur le rapport entre les Lumières publiques, la mondialisation et le voyage chez Rousseau In Memoriam
La Traduction Oecuménique de la Bible (TOB), publiée en 1975, a marqué un tournant dans la longue histoire de la traduction de la Bible. Pour la première fois au monde, des biblistes catholiques, protestants et orthodoxes travaillaient ensemble pour produire une traduction moderne dont la fiabilité et le sérieux sont aujourd'hui reconnus par tous. La Bible TOB a bénéficié depuis d'importantes révisions, en 1988 et 2004, proposant un texte plus précis et harmonieux et prenant en compte les avancées de la recherche biblique. Cette édition 2010 comprend de nouvelles actualisations des notes et introductions, avec quelques corrections de la traduction. Elle porte la même exigence de clarté de la langue et de fidélité au texte source. La TOB 2010 constitue aussi un événement éditorial et oecuménique sans précédent: pour la première fois dans l'histoire de la Bible en langue française, elle intègre un ensemble supplémentaire de six livres deutérocanoniques en usage dans la liturgie des Eglises orthodoxes 3 et 4 Esdras, 3 et 4 Maccabées, le Psaume 151, la Prière de Manassé. Avec des introductions générales, une introduction à chaque livre, des notes essentielles sur les particularités du texte, un tableau chronologique, un tableau synoptique, un glossaire et huit cartes couleur, la TOB 2010 est tout indiquée pour se plonger dans les récits plusieurs fois millénaires de la Bible, tels qu'ils ont été reçus dans les diverses traditions juives et chrétiennes.
Résumé : " Un ouvrage des éditions du Cerf, maison des cultes, des cultures et des civilisations. Le Cerf est le premier éditeur religieux de France et de l'espace francophone. "
Résumé : Pour commémorer ses douze années passées sur le siège de Pierre, voici un livre photos retraçant les grands moments du pontificat de François : le pape apparaissant au balcon de Saint-Pierre de Rome, à Lampedusa avec les migrants, les cérémonies de Pâques pendant la période du confinement, l'ouverture des portes saintes du jubilé. Autant d'événements, heureux ou graves, dont il faut se souvenir. Ouvrir ce livre consacré au pape François, c'est se rappeler son immense action pastorale : l'intérêt consacré aux Eglises d'Amérique du Sud, d'Afrique ou d'Asie, le souci des pauvres retrouvé, l'attention portée aux périphéries... Autant de choses qui révèlent la préoccupation du pasteur, que chacun trouve sa place dans l'Eglise. François, c'est aussi un héritage théologique majeur : la prise de conscience, au sein de l'Eglise, de la crise écologique et l'initiation d'une réflexion théologique ; l'accueil fait aux divorcés-remariés. Tout cela, c'était François. Pour ne pas oublier.
Flavio Giacomello, né en 1943 à Aviano (Italie), fut déraciné très jeune lors de l’exode d’après-guerre vers la Belgique. Courcellois pendant de nombreuses années, il était destiné à une carrière technique mais choisit la voie de l’art, inspiré par une profonde spiritualité. Il parviendra à exceller et à maîtriser de multiples techniques au contact de maîtres dans leur domaine respectif : dessin, sculpture, peinture, gravure, aquarelle, etc. Guidé par la foi et les coïncidences, placé sous la protection de la Vierge, il échappa plusieurs fois à la mort, dont un tir accidentel à l’âge de deux ans. Il fera d’étonnantes rencontres, mystiques ou dans la vie réelle. Le livre vous fera découvrir sa vie et une partie importante de ses œuvres.
Le symbolisme musical à Bruxelles de 1870 à 1914 est le propos du livre... ce sujet ténu, délimité géographiquement et chronologiquement, est pourtant abordé par un prisme encore plus restreint, celui d'un témoin privilégié : Henri La Fontaine. Le vaste fonds du Mundaneum est le corpus principal (et la biographie de Pierre Van den Dungen), mais au-delà, c'est une trame intellectuelle, voire spirituelle, spécifique qui tissera le fil rouge du propos : comment, en partant du gesamtkunstwerk wagnérien, on peut concevoir l'universalisme. En d'autres termes, il s'agit de faire ‘sens' entre une traduction de la Walkyrie (très médiatisées à l'époque) faite par un jeune post-romantique bruxellois et la conception d'une cité mondiale par un homme mûr, prix Nobel de la Paix et figure européenne du pacifisme éclairé par les ‘savoirs'. Différentes étapes, globalement chronologiques, balisent le parcours. Celle, non spécifiquement bruxelloise, d'une seconde moitié du XIXe siècle très largement musicale. De la musique comme activité ‘obligée' d'une bourgeoisie qui s'affirme, étudie la musique avec une prédilection pour la pratique du piano. On y voit (à défaut d'entendre) un Henri La Fontaine pétri de Beethoven et d'un univers sonore partagé entre les harmonies germaniques et françaises. Un répertoire ‘à domicile' et ‘pré-gramophonique' (celui-ci se généralisera après 1900) qui fait écho à une vie musicale publique faite d'opéras (La Monnaie), de concerts symphoniques (les Concerts du Conservatoire et les concerts Ysaye), de musiques de salons, de musique en plein air. Une focale est faite sur le rôle central qu'occupe Bruxelles dans la propagation de l'oeuvre de Wagner ‘en français'... avec un passage, très développé, sur la soirée dans l'atelier de Constantin Meunier et la création ‘mondiale' d'une partie de la Walkyrie dans la traduction de La Fontaine. Il y est aussi largement question du procès mené par La Fontaine et Jules Destrée contre La Monnaie et la traduction de Wilder qui y sera donnée. Tout ce réseau de wagnériens fervents se retrouve aux concerts de XX et de La Libre Esthétique – ce qui permettra d'ouvrir le propos au répertoire franckiste et aux liens interpersonnels noués par La Fontaine avec Eugène Ysaÿe, Maurice Kufferath, François-Auguste Gevaert, Vincent d'Indy... Se retrouvent dans ce cercle ‘officiel' symboliste d'autres cercles, plus discrets : les Amis Philanthropes (alors ‘squattés' par des musiciens), les salons de Jeanne de Tallenay, de Mariette Rousseau (Hannon). En filigrane, c'est tout un renouveau symboliste qui est ‘re-tracé'. Le néo-pythagorisme (et néo-platonicisme) des années 1890 est contextualisé par les lectures ésotériques bruxelloises, dont l'essence musicale est primordiale. On parle ici de Goblet d'Alviella, de Jean Delville (de Joséphine Péladan)... de franc-maçonnerie, de rosicrucisme, de théosophie, de martinisme, de kumrisme... et surtout de musiques des sphères... hindoues et wagnériennes. De l'Idéal de Bayreuth à la lutte des classes, il y a un énorme pas que franchissent, presqu'ensemble, Jules Destrée et Henri La Fontaine dans un projet universaliste, pacifiste... et socialiste. On tente de cerner comment l'harmonie universelle se traduit ici en engagement politique. Comment on passe de la Tétralogie à la Ligue des droits de l'Homme... de la spéculation vibratoire à la classification décimale universelle. Enfin, la période de l'entre-deux-guerres voit le relativisme des utopies universalistes... et leurs concrétisations ponctuelles. De Bayreuth à la cité mondiale, de la cité hindoue de Scriabine à la Société des nations, des salles de concerts aux premières expérimentations de musiques électroniques... un fil rouge de personnes-ressources post-wagnériennes apparaît... et transitent par Bruxelles. Si la cité musicale de la Cité mondiale (coconçue avec Eugène Ysaÿe) ne sera jamais construite, le Palais des Beaux-Arts le sera. Une filiation existe aussi entre l'ambition d'un " opéra des masses " et l'essor du cinématographe. Plus politique, l'émergence d'un art ‘totalitaire', très proche des ultimes formulations esthétiques symbolistes peut être approchée par les écrits théoriques de Jean Delville (et pourrait se retrouver chez La Fontaine).
Résumé : Proche des surréalistes français mais toujours à distance du groupe qu'ils formaient, René Magritte a poussé à l'extrême leur réflexion sur le rêve, l'étrangeté du réel et la mémoire, devenant un des artistes majeurs du XXe siècle. Ses tableaux stupéfiants explorent les rapports entre le mot et l'image, le nom et la chose, créant un univers trouble et déconcertant. Sa technique, précise et froide, sert des compositions qui, en défiant les lois de la proportion, de la logique et de la science, dévoilent ce qui, au-delà de la vision, demeure caché. Ce bel ouvrage nous offre l'occasion d'admirer les plus grandes oeuvres de Magritte, et de découvrir son parcours et son étonnante personnalité. L'homme au chapeau melon qui exerça son ironie à l'encontre de toutes formes d'image, à commencer par celle qu'il renvoyait, n'a eu de cesse de jouer avec nos perceptions et notre conception du monde. Facétieux et provocateur, le maître du surréalisme belge est aujourd'hui un des peintres les plus surprenants, l'incarnation de la puissance de la pensée en peinture.